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Gantz veut une réponse de l’armée face aux violences des résidents d’implantations

Cette initiative a eu lieu après une recrudescence des agressions d'extrémistes israéliens à l'encontre de Palestiniens ; l'inaction des soldats est mise en cause

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des hommes masqués, qui auraient été des habitants d'implantations israéliennes, armés de bâtons pendant une attaque contre des Palestiniens qui récoltaient des olives aux abords de Surif, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)
Des hommes masqués, qui auraient été des habitants d'implantations israéliennes, armés de bâtons pendant une attaque contre des Palestiniens qui récoltaient des olives aux abords de Surif, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a pris part à une réunion de haut-rang avec les chefs des forces de sécurité du pays, jeudi soir, pour évoquer une récente augmentation des violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation à l’encontre des Palestiniens de Cisjordanie. Il a appelé les militaires à intervenir avant qu’il y ait un mort.

« C’est un phénomène grave au niveau moral comme en termes de sécurité et il entraîne des conséquences diplomatiques », a commenté Gantz après cette rencontre.

Il y a eu, ces derniers mois, une recrudescence nette des attaques violentes commises par des extrémistes israéliens contre des Palestiniens en comparaison avec les années précédentes – avec 67 agressions de ce type qui ont été signalées pendant la récolte des olives, cet automne, contre 42 l’année dernière, selon les chiffres enregistrés par l’armée qui ont été rendus publics cette semaine par la radio militaire. La saison de la récolte annuelle des olives est souvent marquée par des tensions accrues et par des violences de la part des partisans du mouvement pro-implantation, des violences qui vont d’actes de vandalisme commis dans les oliveraies, arbres brûlés ou coupés, jusqu’à des jets de pierre, des agressions physiques à l’aide de bâtons ou autre matraques. Il y a occasionnellement des coups de feu.

« On commence par un arbre et cela peut se terminer par des blessures physiques, voire – Dieu nous en préserve – par un mort. Les crimes de haine sont la racine à partir de laquelle le terrorisme se développe et il revient à nous de les déraciner », a déclaré Gantz à l’issue de sa réunion dans la journée de jeudi.

Suite à une évaluation faite par les services de sécurité, le ministre de la Défense a demandé que l’armée, le Shin Bet et la police israélienne – les trois services de sécurité directement en charge de prévenir les violences des partisans du mouvement pro-implantation en Cisjordanie – agissent davantage sur le terrain. Selon le quotidien Haaretz , il aurait explicitement prôné l’intervention immédiate des soldats israéliens dans les cas de violences perpétrées par les extrémistes israéliens.

Dans de nombreuses attaques de ce type, les images filmées montrent des soldats n’intervenant pas quand des résidents d’implantations masqués jettent des pierres sur des Palestiniens ou les frappent. Interrogés sur cette inaction, les militaires affirment généralement que les troupes ne répondent aux attaques qu’une fois les renforts réclamés arrivés.

Un soldat israélien se tient à l’écart alors que des habitants d’implantations israéliens pénètrent sur un terrain de jeu palestinien à Susiya, un hameau palestinien de Cisjordanie, le 6 novembre 2021. (Crédit : Guy Butuvia)

Cela avait ainsi été le cas au début du mois, quand un groupe d’habitants du sud des collines de Hébron était entré sur un terrain de jeu situé aux abords du village palestinien de Susiya, faisant partir les enfants qui y jouaient. Sur des vidéos de l’incident, les soldats montent la garde en-dehors du terrain de jeu, maintenant à distance les Palestiniens. Les extrémistes israéliens, pour leur part, restent sur le terrain de loisirs jusqu’à l’arrivée des agents de la police, qui dispersent alors la foule.

Israël n’est jamais parvenu à contenir les violences perpétrées par des Israéliens à l’encontre des Palestiniens, les militaires – qui sont souvent les premiers à arriver sur les lieux des heurts – étant réticents à l’idée d’entrer dans une confrontation directe avec des civils israéliens, et particulièrement ceux qui vivent dans les implantations de Cisjordanie que l’armée a pour mission de protéger. La police israélienne, qui est explicitement chargée du maintien de l’ordre parmi les civils israéliens, arrive généralement plus tard, souvent après la fin des affrontements. La division de Cisjordanie de la police israélienne est aussi connue pour être inefficace – échouant régulièrement à enquêter de façon minutieuse sur les crimes commis par des Israéliens à l’encontre de Palestiniens.

Le ministre de la Défense Benny Gantz rencontre les chefs des services de sécurité et les autres hauts-responsables pour évoquer les violences des partisans du mouvement pro-implantation dans son bureau de Tel Aviv, le 18 novembre 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Au cours de cette réunion de jeudi soir, Gantz a appelé les organisations variées à améliorer leur coopération, à concentrer leurs efforts sur les zones de friction bien identifiées et à former des équipes spécialisées prenant en charge spécifiquement les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation. Il a délégué la responsabilité dans ce dossier à son vice-ministre, Alon Shuster.

« Le ministre de la Défense a ajouté que les forces devaient se réunir pour ces missions et qu’un travail juridique devait être effectué de manière à renforcer le pouvoir des troupes sur le terrain », a poursuivi son bureau.

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