Gaza : Le Hamas critiqué pour son projet de « limiter les interactions » à Noël
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Gaza : Le Hamas critiqué pour son projet de « limiter les interactions » à Noël

Le groupe terroriste islamiste est critiqué après que l'intention de son ministère des Affaires religieuses de limiter les activités lors de la fête a fuité

Un commerçant palestinien habille des mannequins en père noël aux abords de son magasin de Gaza City, le 25 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Mohammed Abed)
Un commerçant palestinien habille des mannequins en père noël aux abords de son magasin de Gaza City, le 25 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Mohammed Abed)

Le groupe terroriste du Hamas a été critiqué, la semaine dernière, suite à la fuite d’un document interne qui appelait les autorités islamiques à limiter les « interactions » des musulmans avec Noël.

Le document – une circulaire administrative émise par le ministre des Affaires religieuses du Hamas, Abd al-Hadi Said — proposait ainsi « d’empêcher les interactions de Noël » par le biais de décrets religieux islamiques et de campagnes publiques dans les médias en amont des fêtes. C’est le site Amad, un média basé au Caire et proche de l’ancien chef de sécurité de Gaza, Mohammed Dahlan, qui a révélé l’information.

La fuite – que certains chrétiens de l’enclave côtière ont considéré comme une insulte faite à leur foi – a été rapidement critiquée.

« Ce décret… menace le tissu social et l’unité nationale », a écrit l’analyste palestinien Omar Shaaban dans un post publié sur Facebook.

Le Hamas, qui cherche ouvertement à détruire Israël, est le dirigeant de facto de la bande de Gaza depuis 2007. Les deux millions d’habitants, au sein de l’enclave côtière, sont musulmans dans leur grande majorité, mais plus de mille chrétiens y vivent aussi. Les fêtes de Noël attirent beaucoup de monde dans la bande habituellement, musulmans et chrétiens.

Des Chrétiens palestiniens près d’un sapin de Noël lors d’une célébration à Gaza City, le 3 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hatem Moussa)

De hauts-responsables de l’Autorité palestinienne – rivale de longue date du Hamas – se sont rapidement saisis de ce document pour affirmer que le Hamas tentait d’imposer une interdiction des fêtes de Noël à Gaza.

« Cette décision bat en brèche ce qui est la base de l’unité de notre peuple, à savoir le respect des croyances et des convictions différentes ainsi que la liberté de culte et d’opinion », a déclaré dans un tweet le chef de la Commission des Affaires civiles, Hussein al-Sheikh.

Le ministère des Affaires religieuses a ultérieurement émis un communiqué selon lequel les chrétiens « ont le droit d’organiser leurs fêtes religieuses et ne doivent ni être insultés, ni être limités dans leurs célébrations ».

La pandémie de coronavirus s’est toutefois abattue sur Gaza avec force ces dernières semaines. Il y a actuellement 10 202 cas actifs de la COVID-19 dans les hôpitaux de l’enclave côtière et presque 31 % des résultats des tests de dépistage se sont avérés être positifs dans la journée de jeudi. Le Hamas a imposé un couvre-feu nocturne il y a deux semaines et demi. Les grands rassemblements ont été interdits et il a été annoncé qu’un « confinement total » serait mis en vigueur pendant les week-ends.

Un chrétien palestinien joue avec son bébé en attendant la messe de Noël devant l’église catholique de la sainte famille à Gaza City, le 24 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/ Khalil Hamra)

Il y a donc une autre raison possible à une éventuelle tentative de limiter les célébrations de Noël cette année – celle de la nécessité de limiter la propagation du coronavirus. Le jour de Noël – comme tous les vendredis et samedis des semaines passées – est officiellement un jour de confinement dans la bande de Gaza.

Mais la circulaire administrative a été émise par le ministère des Affaires religieuses et non par le ministère de la Santé, et elle n’a pas mentionné la pandémie.

Le porte-parole du Hamas à l’international, Bassem Naim, a déclaré que le document avait « une formulation ambigüe » et il a évoqué une « erreur administrative ».

« Les musulmans et les chrétiens font partie de la même terre natale qui nous a été volée et les deux ont les mêmes pleins droits et devoirs inhérents à la citoyenneté », a dit Naim, qui a qualifié de disproportionnée la réaction à l’affaire.

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