Gaza : le ministère de la Santé avertit que les tests de dépistage vont manquer
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Gaza : le ministère de la Santé avertit que les tests de dépistage vont manquer

Ashraf al-Qidra dit qu'il n'y aura plus de kits d'ici quelques jours et lance un appel aux organisations internationales ; trois autres Gazaouïs ont guéri du Covid-19

Les membres de l'aile militaire du Jihad islamique palestinien, les Brigades Al-Quds, désinfectent les rues de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mars 2020 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Les membres de l'aile militaire du Jihad islamique palestinien, les Brigades Al-Quds, désinfectent les rues de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mars 2020 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Un porte-parole du ministère de la Santé a déclaré dimanche que les autorités, dans la bande de Gaza, allaient rapidement manquer de kits permettant de détecter la présence du virus hautement contagieux.

« Ce qui est à notre disposition en termes de tests de laboratoire est très limité. Il n’y aura plus rien d’ici quelques jours », a annoncé Ashraf al-Qidra lors d’une conférence de presse qui a eu lieu à Gaza.

« Et nous nous tournons donc vers les organisations internationales et vers les parties internationales et locales concernées pour qu’elles puissent nous fournir une quantité suffisante de tests, » a-t-il continué.

Il a expliqué que le ministère effectuait des tests auprès des personnes hébergées dans les structures de quarantaine installées dans toute la bande.

Les professionnels médicaux de Gaza avaient mené, en date de samedi, un total de 1 157 tests de dépistage, selon un document ministériel.

Ce dernier fait état de 1 897 personnes actuellement placées dans des structures de quarantaine au sein de l’enclave côtière.

L’Organisation mondiale de la Santé et l’Autorité palestinienne ont fourni à Gaza des kits de dépistage.

Des tentes de dépistage du coronavirus au poste frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 mars 2020. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Ashraf al-Qidra a aussi annoncé que trois personnes avaient guéri du Covid-19. Elles seront transférées depuis un hôpital de campagne établi au poste-frontière de Rafah vers une structure avoisinante où elles resteront à l’isolement, a-t-il ajouté.

Jusqu’à présent, les autorités palestiniennes ont indiqué que 12 personnes au total avaient contracté la maladie. Parmi elles, six ont guéri.

Le ministère de la Santé à Gaza a fait savoir que tous les malades avaient été placés en quarantaine et qu’ils ne se mélangeaient pas au reste de la population.

Début mars, Abdelnaser Soboh, chef du bureau de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Gaza, avait déclaré que les infrastructures de santé de l’enclave côtière ne seraient pas en capacité de prendre en charge des centaines ou des milliers de malades.

« Le système de santé à Gaza est déjà peu solide et fonctionne à peine. Il ne peut pas assumer le fardeau que représenterait un nombre important de cas », avait-il dit au Times of Israel, avertissant qu’un tel scénario pourrait contribuer à son effondrement.

Les hôpitaux, à Gaza, manquent fréquemment de médicaments et d’équipements nécessaires et sont alimentés par des groupes électrogènes pour maintenir un flux constant d’électricité.

Le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza – ainsi que par l’Égypte – a sapé le secteur de la santé de manière significative dans le territoire.

Ashraf al-Qidra a expliqué que le blocus « constitue la toute première menace pour les citoyens de Gaza et nie leur droit à la santé et à des conditions de vie dignes ».

Les responsables israéliens affirment que le blocus – qui consiste en des restrictions sur les mouvements des personnes et des biens vers et depuis l’enclave côtière – est nécessaire pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes d’importer des armes ou les moyens de les fabriquer.

Jeudi dernier, Gerald Rockenschaub, chef de la mission de l’OMS du côté palestinien, a indiqué qu’il n’y avait que 87 respirateurs à Gaza, notant que 80 % d’entre eux étaient d’ores et déjà utilisés.

Pour rester en vie, les malades touchés par des formes graves du Covid-19 ont dû être placés sous respiration artificielle dans le monde entier.

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