Gaza : Un Palestinien tentant de saboter la clôture tué par l’armée
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Gaza : Un Palestinien tentant de saboter la clôture tué par l’armée

L'armée a expliqué avoir arrêté 3 suspects qui tentaient d'entrer en Israël avec des couteaux. Des dizaines de personnes ont convergé vers Erez lors d'une dernière manifestation

Les Palestiniens tirent un câble attaché à un fil barbelé pour essayer de détruire une section de la clôture de sécurité entre la bande de Gaza et Israël, durant des affrontements survenus à l'est de Gaza City, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)
Les Palestiniens tirent un câble attaché à un fil barbelé pour essayer de détruire une section de la clôture de sécurité entre la bande de Gaza et Israël, durant des affrontements survenus à l'est de Gaza City, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

Les soldats israéliens ont tué par balles, dimanche, un Palestinien qui tentait de manière répétée de saboter la clôture frontalière de Gaza, a fait savoir l’armée.

« Les troupes ont reconnu un suspect qui s’approchait de la clôture de sécurité et qui tentait de la saboter », a indiqué un communiqué des militaires en anglais, ajoutant que des tirs avaient pris pour cible l’individu.

Il a été pris en charge par les médecins mais « il a succombé ultérieurement à ses blessures », a noté le communiqué.

Les responsables palestiniens de la sécurité ont identifié l’homme qui s’appelait Mohammed Saleh. ägé de 32 ans, il était originaire de Jabaliya, dans le nord de l’enclave côtière, une ville proche de la frontière avec l’Etat juif.

Dans la matinée de dimanche, l’armée a fait savoir que les soldats avaient identifié et arrêté trois Gazaouis qui tentaient de traverser la clôture qui entoure le nord de la bande de Gaza. Ils ont trouvé des couteaux en leur possession.

L’armée israélienne n’a pas été en mesure de confirmer si les trois suspects étaient les mêmes qui, selon les médias palestiniens, auraient été blessés par balles après s’être approché de la clôture de Gaza à proximité du carrefour d’Erez.

L’agence de presse palestinienne Shihab a noté que deux résidents de Beit Hanoun, à l’angle du nord-est de Gaza, ont essuyé les tirs de l’armée israélienne.

Des douzaines de Palestiniens ont manifesté et ont tenté de se rapprocher de la frontière aux abords du point de passage frontalier d’Erez, dans le nord de l’enclave.

Il n’y a pas eu d’informations pour le moment sur d’éventuelles autres victimes au cours de la manifestation.

Samedi, l’armée israélienne a fait savoir qu’elle enquêterait sur les événements qui ont entraîné la mort de deux Palestiniens sur la frontière de Gaza, notamment celle d’un jeune de 16 ans qui a été blessé par balles vendredi durant les manifestations, succombant samedi à ses blessures.

Les médias palestiniens ont diffusé une vidéo de l’incident dans laquelle l’adolescent semble jeter un objet avant de lever les bras et d’applaudir. Au moment du tir, ses mains sont en l’air (Attention : Contenu violent).

Il s’appelait Ahmad Abu Tuyur.

« Lors des perturbations violentes qui ont eu lieu le long de la frontière, les soldats de l’armée israélienne ont répondu par des mesures de contrôle d’émeutes et ils ont agi conformément aux règles de tir », ont indiqué les militaires samedi dans une déclaration.

« Deux personnes seraient mortes lors de ces perturbations violentes. Ces événements seront examinés par les échelons de commandement militaire concernés ».

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a noté vendredi qu’un jeune de 17 ans avait également été tué et qu’il y avait eu presque 400 blessés pendant les manifestations de la journée.

Presque 7 000 Palestiniens ont participé à ces affrontements hebdomadaires.

Un jeune Palestinien utilise une fronde pour jeter des pierres aux forces israéliennes durant des affrontements à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de Gaza city, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

Selon les troupes israéliennes, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktail Molotov aux soldats qui ont répondu à l’aide de gaz lacrymogènes et autres moyens non-létaux. Les militaires ont ouvert le feu sur les Palestiniens qui tentaient d’ouvrir une brèche dans la frontière et d’entrer en Israël.

L’armée a indiqué avoir frappé en réponse deux postes du Hamas au sein de l’enclave côtière. L’un a été pris pour cible en riposte à une grenade lancée vers les soldats, tandis que l’autre a été touché après que les manifestants ont endommagé des structures militaires.

Des ballons transportant des combustibles ont été une nouvelle fois lancés vers le territoire israélien, après avoir été largement absents ces dernières semaines. Deux incendies se sont déclarés en Israël en résultat.

Le mouvement de protestation de vendredi a été le premier depuis que les Etats-Unis ont annoncé qu’ils coupaient le versement de toutes leurs aides versées à l’UNRWA, l’agence de l’ONU responsable de l’aide humanitaire apportée aux Palestiniens.

Ces dernières semaines, il y avait eu relativement moins de violences à la frontière qu’à l’apogée des manifestations, il y a quelques mois.

Vendredi en début de matinée, les avions israéliens ont ouvert le feu sur un groupe de Palestiniens qui essayaient d’envoyer des ballons incendiaires de l’autre côté de la frontière, dans le nord de la bande de Gaza, a annoncé l’armée. Deux personnes ont été légèrement blessées, selon des informations transmises par Gaza.

Un manifestant palestinien fait le geste de la victoire tout en portant une poupée portant un masque à l’effigie du président américain Donald Trump couvert de sang et un tee-shirt avec le slogan en arabe ‘Continuer malgré Trump’, durant une manifestation à la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de Gaza City, dans le centre de la bande de Gaza, le 7 septembre 2018 (Crédit :AFP/Said Khatib)

Des informations ont évoqué des pourparlers visant un accord de trêve négocié par l’Egypte et l’ONU qui permettraient de mettre un terme à cette flambée d’hostilités qui dure depuis plusieurs mois – les plus graves depuis la guerre de 2014.

Les violences à Gaza ont commencé au mois de mars par une série de manifestations le long de la frontière qui ont été intitulées « la marche du retour ». Les affrontements, orchestrés par les dirigeants du Hamas au sein de l’enclave côtière, ont été marqués par des jets de pierre et de cocktails Molotov sur les soldats israéliens ainsi que par des tentatives de sabotage de la clôture frontalière et par des attaques contre les militaires.

Depuis le début du mouvement de protestation, au mois de mars, au moins 127 Palestiniens ont été tués dans les émeutes, selon un bilan de l’Associated Press. Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a reconnu que des douzaines de morts appartenaient à ses rangs. Un soldat israélien a également été tué par un tireur isolé palestinien.

Au cours des manifestations, les protestataires ont également lancé des cerf-volants et ballons incendiaires vers Israël, déclenchant des feux qui ont détruit les forêts, brûlé des champs agricoles et tué du bétail. Plus de 2800 hectares ont été dévastés, entraînant des millions de shekels de dégâts, ont annoncé les responsables israéliens.

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