Rechercher

GB : 2 255 actes antisémites en 2021 – le chiffre le plus élevé d’Europe

Les Juifs du Royaume-Uni enregistrent le plus grand nombre d'agressions anti-juives en une seule année, dont beaucoup sont liées au conflit israélo-palestinien

Des activistes propalestiniens et leurs partisans brûlent un drapeau israélien lors d'une manifestation en soutien aux Palestiniens devant l'ambassade d'Israël à Londres, le 22 mai 2021. (Crédit :  JUSTIN TALLIS / AFP)
Des activistes propalestiniens et leurs partisans brûlent un drapeau israélien lors d'une manifestation en soutien aux Palestiniens devant l'ambassade d'Israël à Londres, le 22 mai 2021. (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)

JTA – Les Juifs britanniques et les autorités ont enregistré 2 255 incidents antisémites au Royaume-Uni en 2021 – le chiffre le plus élevé de ces dernières années dans toute l’Europe.

C’est aussi le chiffre le plus élevé jamais rapporté en une seule année par le Community Security Trust (CST), l’organisme de surveillance de l’antisémitisme au Royaume-uni.

Le rapport du CST, publié mercredi, fait état d’une hausse des incidents antisémites de 34 %, par rapport aux 1 684 incidents enregistrés en 2020. Le décompte de 2021 est supérieur de 24 % au précédent record de 1 813 incidents signalés en 2019.

Le Royaume-Uni compte une population juive de 292 000 personnes. En France, avec une population juive de 446 000 personnes, le principal groupe de surveillance a enregistré 589 crimes de haine contre les Juifs en 2021.

Un homme (Droite) semble faire un salut nazi, dans une vidéo montrant un groupe de personnes accostant des Juifs dans un bus Chabad alors qu’ils célébraient Hanoukka à Londres, le 28 novembre 2021. (Crédit : capture d’écran : Twitter)

Au Royaume-Uni, 871 incidents ont eu lieu en mai et juin 2021, au moment du dernier conflit entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Il ne serait pas erroné de dire que la situation de l’antisémitisme au Royaume-Uni en 2021 est largement définie par les réponses au conflit en Israël et en Palestine, tout comme le chiffre annuel sans précédent », écrit le CST dans son rapport.

Les agressions physiques représentent 176 de ces incidents, soit près de 8 % du total, y compris trois incidents d’une « extrême violence », selon le CST.

Lors d’un incident violent survenu en octobre, un groupe d’adolescents se déplaçant en scooter dans le nord de Londres a assailli deux jeunes filles juives en leur criant « sales juives ». Au moins deux des agresseurs présumés ont étranglé l’une des filles juives et l’ont plaquée contre un mur de briques. Au cours de sept agressions, l’agresseur a dépouillé la victime de ses vêtements ou accessoires religieux. Dans six cas, un véhicule a été utilisé avec l’intention de blesser des piétons, selon le rapport.

Un convoi de voitures filmé sur Finchley Road à Londres dont les passagers hurlent des insultes antisémites à l’aide de mégaphones, le 16 mai 2021. (Capture d’écran)

Cependant, les incidents qui ont le plus marqué les médias et le public sont moins violents mais plus intimidants.

En décembre, des Juifs célébrant Hanoukka dans un bus à Londres ont été harcelés par un groupe d’hommes. La BBC a couvert l’incident d’Oxford Street en insistant, malgré le manque de preuves, sur le fait que les Juifs agressés avaient utilisé une insulte anti-musulmane contre leurs agresseurs. Le différend a suscité la frustration des lecteurs juifs et a déclenché une enquête interne qui a conduit la BBC à revoir quelque peu cette allégation.

Un autre incident que de nombreux Juifs britanniques considèrent comme traumatisant s’est produit en mai. Il était non violent.

Un cortège de voitures arborant des drapeaux palestiniens a traversé le Royaume-Uni ; dans les quartiers juifs de Londres, plusieurs des dizaines de personnes qui se trouvaient dans les voitures ont crié des obscénités dans des haut-parleurs, notamment « niquez les juifs, violez leurs filles ».

Linzi Pinto, une mère juive de deux enfants du nord de Londres, a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency peu après l’incident : « C’est la mobilisation, l’impunité, l’ampleur, la misogynie pure et la violence qui sont particulièrement choquantes. C’est le pire que nous ayons connu. C’est terrifiant et nous nous posons certainement des questions sur notre avenir ici. Nous avons la chance de pouvoir partir. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...