GB : hausse des actes antisémites pour la troisième année consécutive
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GB : hausse des actes antisémites pour la troisième année consécutive

L'incident le plus souvent enregistré est l'agression verbale dirigée contre des personnes à l'allure visiblement juive ; on note une baisse de 17 % des agressions violentes

Manifestation organisée par le groupe britannique Campaign Against Anti-Semitism devant le siège du parti d'opposition du Labour à Londres, le 8 avril 2018. (AFP PHOTO / Tolga AKMEN)
Manifestation organisée par le groupe britannique Campaign Against Anti-Semitism devant le siège du parti d'opposition du Labour à Londres, le 8 avril 2018. (AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

Le nombre d’incidents antisémites enregistrés au Royaume-Uni en 2018 est monté à 1 652, ce qui constitue une augmentation, pour la troisième année consécutive.

Les actes enregistrés par le rapport annuel de la Community Security Trust (CST), qui est le plus grand organe juif britannique de surveillance de l’antisémitisme, montrent une hausse de 16 % par rapport à l’année précédente.

Le rapport publié mercredi soir montre une baisse de 17 % dans les agressions antisémites violentes, qui sont passées de 49 en 2017 à 128 en 2018.

L’incident le plus souvent enregistré est l’agression verbale dirigée contre des personnes à l’allure visiblement juive en public, qui représentent 29 % du total, soit 483 incidents.

Dans 502 actes recensés l’an dernier, des témoins ont donné des descriptions des auteurs présumées. Parmi eux, 64 % ont été décrit comme des personne de type caucasien, et 37 % seraient Arabes, sud-asiatiques ou Noirs.

Le débat sur l’antisémitisme au sein du parti travailliste semble montrer une recrudescence des actes antisémites, fait savoir le rapport. Les incidents directement liés au Labour s’élèvent à 148.

Au cours d’un incident survenu à Londres en décembre, lors d’une altercation sur une transaction, la victime a été battue et blessée au couteau, alors que son agresseur criait « Je vais vous tuer, sales Juifs ».

En mai, des agresseurs ont proféré des injures racistes à un Juif qui se rendait à la synagogue pendant Shabat et lui ont lancé des aliments provenant de McDonald’s.

Le CST recense les incidents antisémites depuis 1984. Le nombre d’incidents a plus que triplé depuis 2013, où 5 335 actes avaient été enregistrés.

Le Royaume-Uni compte plus de 263 000 Juifs selon le recensement national de 2011, ce qui en fait la cinquième plus grande communauté juive du monde, et la deuxième d’Europe. Près de 75 % des incidents signalés en 2018 ont eu lieu dans la région de Londres et de Manchester, qui abritent les c deux plus grandes communautés juives du Royaume-Uni.

Plus de 100 actes – un nombre sans précédent – ont été signalé chaque mois du calendrier en 2018. Entre 2006 et 2016, le signalement de 100 actes par mois n’a été recensé que 6 fois.

Le rapport théorise que la hausse des incidents en 2018 est étroitement lié aux événements à l’étranger, comme notamment les émeutes hebdomadaires de la Marche du retour à Gaza. Ces émeutes ont fait de nombreux morts Palestiniens, dont des nombreux membres du goupe terroriste du Hamas – lors des mois d’avril et de mai.

L’étude menée par le CST suggère également que ces incidents survenaient pendant les périodes où les médias se penchaient sur le débat sur l’antisémitisme au sein du Labour.

Selon le rapport, « 148 actes antisémites en 2108 sont des exemples, où ont eu lieu dans le contexte immédiat, des débats autours des allégations d’antisémitisme au sein du parti travailliste ».

Une récente étude menée par l’Institute for Jewish Policy Research, basé à Londres, montre que les sentiments antisémites et anti-Israël sont étroitement liés. De plus, le mois dernier, un éminent avocat britannique a déclaré que les Juifs du pays étaient « face à une pression de la gauche et de la droite ».

Le rapport du CST établit que 45 % des incidents signalés en 2018 impliquaient l’usage de termes ou de symboles extrémistes, contre 30 % en 2017.

Cependant, précise le rapport, « tous ces incidents ne révèlent par une motivation idéologique claire et unique : ils impliquent l’usage confus de plusieurs motifs extrémistes, tirés d’un large réservoir de ressources antisémites ».

Selon le CST, 456 incidents impliquant des termes ou des symboles issus de l’extrême droite ou du nazisme,254 impliquaient Israël et les Palestiniens, et 285 actes impliquaient « plus d’un type de discours extrémiste ».

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