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GB: Recalée pour « manque de critique d’Israël », une diplômée poursuit son université

Dans la première version de son devoir, l'étudiante a refusé de critiquer Israël ; l'université de Leeds a confirmé que le texte original de Danielle Greyman aurait dû être accepté

Capture d'écran d'une vidéo de l'Université de Leeds. (Crédit : YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo de l'Université de Leeds. (Crédit : YouTube)

Une diplômée juive de l’université de Leeds, au Royaume-Uni, poursuit son alma mater après avoir échoué à un devoir qu’elle a rédigé sur le groupe terroriste Hamas et dans lequel elle ne critiquait pas Israël, a rapporté jeudi le Jewish Chronicle.

Après avoir réécrit le document, Danielle Greyman, 23 ans, l’a validé, mais a indiqué qu’elle n’avait pas pu commencer son master comme cela avait été prévu car la procédure d’appel a pris près d’un an. Dans le cadre de l’examen, un évaluateur externe a suggéré que sa dissertation originale soit acceptée, ce que l’université de Leeds a validé.

En conséquence, ses avocats ont poursuivi l’université pour négligence, discrimination et persécution.

La dissertation de Greyman critiquait l’utilisation par le Hamas de civils comme « boucliers humains » et mettait en évidence des exemples de contenus antisémites enseignés dans des écoles financées par l’UNRWA, l’agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens. Alors qu’elle a écrit que les boucliers humains constituaient « une trahison du peuple palestinien par son gouvernement », un élève a fait remarquer que son analyse « ignore le fait que l’État israélien commet des actes de violence ».

L’une des premières personnes à avoir noté l’essai de Greyman est Claudia Radiven, titulaire d’un doctorat. Radiven a déjà signé une pétition soutenant l’ancien professeur de l’université de Bristol, David Miller, qui a été licencié en 2021 après avoir tenu des propos péjoratifs sur Israël dans un cours de sociologie.

Il a traité les étudiants juifs qui ont protesté contre lui de « pions » et a qualifié Israël de « régime étranger violent, raciste et engagé dans le nettoyage ethnique ».

Outre Radiven, la pétition soutenant Miller et sa bourse d’études a été signée, entre autres, par les universitaires juifs antisionistes Noam Chomsky et Judith Butler.

Le directeur de UK Lawyers for Israel, Jonathan Turner, a commenté l’affaire en disant que les étudiants juifs sont plus susceptibles d’écrire des dissertations pro-Israël, alors que les étudiants arabes et musulmans sont plus susceptibles « d’écrire une dissertation qui critique Israël ».

« Si les étudiants sont pénalisés pour avoir défendu Israël, cela peut constituer une discrimination indirecte », a-t-il déclaré.

Turner a noté que les étudiants reçoivent souvent des notes inférieures pour les devoirs pro-israéliens et qu’un autre étudiant juif – qui préfère garder l’anonymat – d’une université britannique, envisage également d’intenter une action en justice pour un traitement similaire.

Le sociologue de l’université de Bristol David Miller dans une vidéo téléchargée le 15 février 2020. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

Greyman est désemparée.

« J’ai étudié la sociologie depuis le baccalauréat. C’était vraiment ma passion, je voulais devenir sociologue », dit-elle. « Je ne pense pas que revenir à la sociologie soit une option… Si rétroactivement j’avais su ce que je sais maintenant, je n’aurais pas entrepris d’étudier la sociologie. »

« C’est un domaine créé par les Juifs, mais aujourd’hui  l’hostilité envers les Juifs et les étudiants juifs est insensée. C’est vraiment dingue », a-t-elle ajouté.

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