GB : Un candidat à la direction du Labour s’engage à combattre l’antisémitisme
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GB : Un candidat à la direction du Labour s’engage à combattre l’antisémitisme

Keir Starmer soutient l'expulsion automatique des antisémites; Rebecca Long-Bailey : Corbyn est responsable de la crise; Jess Phillips suspend sa secrétaire pour tweets antisémites

Keir Starmer prononce un discours sur le Brexit à Harlow, en Angleterre, le 5 novembre 2019. (Crédit : AP/Matt Dunham)
Keir Starmer prononce un discours sur le Brexit à Harlow, en Angleterre, le 5 novembre 2019. (Crédit : AP/Matt Dunham)

Le premier dans la course à la succession de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste britannique, samedi, a promis de mener la lutte contre l’antisémitisme rampant au sein du parti.

Keir Starmer a déclaré à la radio BBC : « Nous aurions dû faire plus sur l’antisémitisme. Si vous êtes antisémite, vous ne pouvez pas faire partie du Parti travailliste. Ce n’est pas compliqué. »

Starmer a déclaré que, lors de discussions internes, il avait préconisé l’expulsion automatique des personnes reconnues coupables d’antisémitisme.

« Il me semble que, alors qu’on est expulsé du Parti travailliste si on soutient un autre parti politique, on devrait aussi être expulsé pour antisémitisme », a-t-il déclaré, en promettant d’assumer « la responsabilité personnelle » de cette affaire.

Rebecca Long-Bailey, secrétaire du cabinet fantôme britannique pour les entreprises, lors de la conférence du Parti travailliste, au Brighton Centre à Brighton, en Angleterre, le 24 septembre 2019. (Crédit : AP/Kirsty Wigglesworth)

Une autre candidate, Rebecca Long-Bailey, a, dans une interview dimanche avec Sky News, pointé du doigt Corbyn pour ne pas avoir traité la question.

« Il porte une responsabilité personnelle et il s’est excusé, et je pense que tout politicien travailliste qui dirige le parti devrait s’excuser à nouveau pour ce qui s’est passé parce que c’était inacceptable », a-t-elle dit.

Au cours de l’interview, Mme Long-Bailey a déclaré que le parti devait « travailler très fort et très énergiquement… pour réparer notre relation avec la communauté juive ».

« J’ai été absolument dévastée, comme beaucoup de nos membres, en frappant aux portes des membres de la communauté juive qui ont affirmé tout simplement qu’ils ne faisaient plus confiance au Parti travailliste. Il nous faut travailler dur pour rétablir cette confiance, mais cela exige des mesures », a-t-elle dit, en critiquant la façon dont le Parti travailliste avait traité en interne les plaintes pour antisémitisme.

« Je n’étais pas satisfaite de la façon dont notre processus était géré, je vais être honnête. Je ne pense pas que nous avons traité les plaintes assez rapidement et je pense que c’est assez clair, j’ai été assez loquace à ce sujet. »

Le chef du Parti travailliste d’opposition, Jeremy Corbyn, quitte son domicile dans le nord de Londres, le 13 décembre 2019. (Crédit : Tolga AKMEN / AFP)

Les Juifs britanniques ont déserté le parti en masse parce qu’ils considéraient que le Labour était devenu institutionnellement antisémite sous la direction de Corbyn, un politicien pro-palestinien qui a été élu pour diriger le parti en 2015.

Corbyn a été accusé de ne pas avoir traité des centaines de cas d’antisémitisme au sein de son parti, ainsi qu’avoir été réticent à ce que le parti accepte une définition de l’antisémitisme qui incluait un certain discours anti-Israël.

Ses liens avec les membres des groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah et les photos de lui déposant une gerbe sur la tombe d’un terroriste palestinien ont également suscité l’inquiétude des Juifs britanniques et des Israéliens, qui craignaient que l’État juif ne perde son alliance étroite avec le Royaume-Uni si Corbyn remportait les élections.

Par ailleurs, le Daily Mail de dimanche a rapporté qu’une autre candidate à la direction du Parti travailliste, Jess Phillips, avait suspendu vendredi une assistante dont on a découvert qu’elle avait posté une série de tweets entre 2014 et 2016, qualifiant Israël de « meurtrier » et disant qu’il n’y avait « aucune différence » entre l’État juif et le groupe terroriste État islamique.

La directrice du bureau de Phillips, Salma Hamid, a également fait l’éloge du groupe terroriste palestinien Hamas et a affirmé qu’Israël « infligeait aux Palestiniens les souffrances de la Shoah ».

Jess Phillips. (Crédit : Wikimedia)

« Dès que Jess a été mise au courant de ces commentaires, elle a pris des mesures », indique le rapport, qui cite un porte-parole de Phillips. « Sa directrice de bureau a été suspendue avec effet immédiat. »

Phillips elle-même a publié un communiqué sur Twitter dimanche à ce sujet, affirmant que les tweets étaient « complètement inacceptables » et qu’agir rapidement était « la seule façon de recommencer à construire un pont avec la communauté juive ».

Mme Hamid a établi une distinction entre le judaïsme – « une religion fondée sur la paix et l’amour » – et le sionisme, selon le Mail de dimanche. Cependant, un porte-parole du groupe Labour Against Antisemitism a déclaré que « ces tweets offensants sont, à notre avis, antisémites et il est juste que Jess Phillips ait agi rapidement et ait suspendu sa directrice de bureau ».

Il n’y a pas eu de réaction immédiate de la part de Hamid.

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