Gel du financement public d’un théâtre arabe
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Gel du financement public d’un théâtre arabe

Invoquant des irrégularités financières, Regev refuse d’accorder des fonds au théâtre Al-Midan de Haïfa, qui joue une pièce très controversée

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La députée du Likud, Miri Regev, lors d'une conférence politique à l'université de Tel-Aviv, le 18 janvier 2015 (Crédit : Tomer Neuberg / FLASH 90)
La députée du Likud, Miri Regev, lors d'une conférence politique à l'université de Tel-Aviv, le 18 janvier 2015 (Crédit : Tomer Neuberg / FLASH 90)

La ministre de la Culture et du Sport, Miri Regev a gelé mardi le financement par l’Etat d’un théâtre arabe qui s’est retrouvé au cœur d’une controverse pour sa production d’une pièce basée sur la vie du tueur d’un soldat israélien.
La décision de Regev – de couper le robinet financier pour le théâtre Al-Midan – cite une recommandation du Conseil des arts et de la culture d’Israël qui indiquait que le théâtre avait des sources douteuses de financement.

Le théâtre de Haïfa a été au centre d’une controverse depuis des mois pour sa pièce : « A Parallel Time », qui raconte une journée dans la vie d’un prisonnier palestinien.

L’histoire du prisonnier palestinien est une version romancée de l’histoire du terroriste Walid Daka, un israélo-arabe, qui a été condamné à une peine de perpétuité pour l’enlèvement et le meurtre du soldat israélien Moshe Tamam en 1984.

Depuis la première représentation, la famille du soldat de Tsahal Moshe Tamam a protesté contre « A Parallel Time », ce qui a entraîné la décision du ministre de l’Education, Naftali Bennett, de retirer le financement de son ministère à la pièce plus tôt ce mois-ci.

Regev, qui a déclenché une tempête médiatique ces derniers jours après que des artistes ont dénoncé ses positions contre les œuvres subversives qui « délégitiment » Israël, a rencontré la famille de Tamam mardi et a annoncé sa décision de mettre fin au financement du théâtre.

Le président du conseil des Arts et de la Culture d’Israël, Haim Perluk, a déclaré aux journalistes que cette décision s’explique par « les fonds dont les gestionnaires du théâtre n’arrivaient pas à expliquer leurs sources ».

Perluk, qui a mené l’examen du théâtre après le récent tollé public au sujet de la pièce, a été « étonné » de trouver autant de problèmes potentiels dans les finances du théâtre, a-t-il indiqué à Ynet News.

Lors d’une réunion, le directeur d’Al-Midan, Adnan Tarabash, lui a aussi expliqué que le théâtre était « politique », a déclaré Perluk.

L’auteur de la pièce, Bachar Morkus, a indiqué qu’il était « connecté » au terroriste Daka et avait été « inspiré » par lui, a ajouté Perluk.

La nièce de Tamam, Ortal, qui a porté les accusations contre la pièce, a déclaré aux journalistes qu’un théâtre qui « glorifie les terroristes, un théâtre comme ça ne peut pas recevoir le soutien de l’Etat d’Israël ».

Après la réunion de mardi, Perluk a également révélé l’intention de l’Etat d’enquêter sur Morkus pour des raisons de sécurité car il a parlé avec Walid Daka, qui a eu accès à un ordinateur en prison.

Ortal Tamam a confirmé cette déclaration, en précisant à Ynet News : « La ministre Miri Regev a envoyé une lettre à la ministre de la Justice afin d’examiner le lien entre le terrorisme et le Théâtre Al-Midan. »

La direction d’Al-Midan et le directeur de la pièce ont maintenu que la pièce était tout simplement un récit romancé des activités au jour le jour des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes qui ne glorifiait pas le terrorisme.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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