Ghouta orientale: Ankara appelle Moscou et Téhéran à « stopper » le régime syrien
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Ghouta orientale: Ankara appelle Moscou et Téhéran à « stopper » le régime syrien

Depuis dimanche, 426 civils, dont 98 enfants, ont péri dans les raids aériens et les tirs d'artillerie intensifs et incessants menés par l'armée du président Bachar al-Assad

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion à Ankara, en Turquie, le 16 février 2018(Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion à Ankara, en Turquie, le 16 février 2018(Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)

La Turquie a exhorté vendredi la Russie et l’Iran, principaux soutiens du président Bachar al-Assad, à « stopper » le régime syrien dont l’aviation pilonne depuis plusieurs jours le fief rebelle de la Ghouta orientale, tuant de nombreux civils.

« Il faut que la Russie et l’Iran stoppent le régime », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, accusant Damas d’avoir multiplié les « violations » dans la Ghouta orientale, ainsi que dans la province rebelle d’Idleb (nord-ouest).

Depuis dimanche, 426 civils, dont 98 enfants, ont péri dans les raids aériens et les tirs d’artillerie intensifs et incessants menés par l’armée du président Bachar al-Assad contre la Ghouta orientale, vaste région près de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Faisant fi des appels internationaux à cesser le bain de sang, le régime a de nouveau bombardé plusieurs localités de la Ghouta orientale assiégée. Ces bombardements ont fait vendredi neuf morts, dont deux enfants, a indiqué l’OSDH.

« Depuis le début du conflit, des dizaines de milliers de personnes sont mortes uniquement dans la Ghouta orientale. Cela suffit, ces gens ne doivent plus mourir », a plaidé vendredi M. Cavusoglu devant des journalistes.

La Turquie, qui soutient les rebelles, et la Russie et l’Iran, qui appuient le régime, ont multiplié ces derniers mois les négociations, notamment dans le cadre des processus dits d’Astana et de Sotchi.

L’accord d’Astana, du nom de la capitale du Kazakhstan, prévoit notamment des mesures visant à imposer un cessez-le-feu sur le terrain pour créer un contexte favorable à un processus politique.

« Cependant, ces derniers temps, les violations commises par le régime ont fortement augmenté », a dénoncé M. Cavusoglu.

« Dans la Ghouta orientale, le fait de tuer des enfants et des femmes… C’est une méthode typique du régime. Ils ont aussi fait des percées dans la région d’Idleb », a-t-il ajouté. « Tout cela est contraire (…) aux accords négociés avec la Russie et l’Iran ».

Après plusieurs tentatives vaines, le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter à 16H00 GMT sur un projet de résolution demandant un cessez-le-feu de 30 jours dans le pays en guerre destiné à permettre l’arrivée d’aide humanitaire et les évacuations médicales dans la Ghouta orientale.

Les observateurs se demandent si la Russie, qui a droit de veto, soutiendra ou non ce texte.

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