Gilat Bennett : Netanyahu préfère une « Shoah économique » que de se retirer
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Gilat Bennett : Netanyahu préfère une « Shoah économique » que de se retirer

L'épouse de Naftali Bennett affirme que le Premier ministre préfère emmener le pays au désastre financier plutôt que de laisser son mari se charger de la crise du coronavirus

Naftali Bennett et son épouse Gilat aux urnes lors des élections du 22 janvier 2012/ (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Naftali Bennett et son épouse Gilat aux urnes lors des élections du 22 janvier 2012/ (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Gilat Bennett, épouse du chef de Yamina, Naftali Bennett, a lancé une attaque lundi contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, disant que ce dernier préférait précipiter le pays vers un « holocauste économique » plutôt que de charger son mari de la gestion de la crise entraînée par le coronavirus.

Bennett répondait à un post paru sur Facebook qui recommandait vivement que son époux, qui critique depuis longtemps la gestion du problème de la COVID-19 par Netanyahu, prenne en charge les efforts livrés par le pays pour contenir l’épidémie.

« C’est sidérant – le fait que Netanyahu, malgré ses échecs résonnants, ne pense pas à confier à Naftali Bennett la supervision de la crise, cela prouve combien le pays ne l’intéresse pas. En ce qui le concerne, il ne verrait pas de problème à nous emmener directement vers l’holocauste économique pour peu que personne ne soit adoré plus qu’il ne l’est », a-t-elle écrit.

Bennett, qui a été ministre de la Défense pendant la première vague de coronavirus, avait exercé des pressions pour réclamer que son ministère prenne davantage de responsabilités dans la gestion de la crise entraînée par la pandémie – en vain.

Le ministre de la défense Naftali Bennett de Yamina, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion des partis de droite, le 4 mars 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti du Likud de Netanyahu a répondu au post de Gilad, disant que Bennett avait choisi de rester dans l’opposition plutôt que de rejoindre le gouvernement et y tenir un rôle actif.

« Tandis que le Premier ministre Netanyahu travaille sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour sauver les vies et les gagne-pains des citoyens israéliens, nous n’accepterons pas les prêches moralistes de ceux qui ont préféré rester dans l’opposition au lieu de prendre leurs responsabilités au service des citoyens israéliens et qui, lorsqu’ils étaient dans la coalition, organisaient sans interruption des fuites d’information du cabinet ».

Bennett, ancien allié de Netanyahu qui se trouve dorénavant dans l’opposition et critique âpre du Premier ministre, a accusé la semaine dernière les ministres du gouvernement de se comporter comme des « enfants de maternelle », disant que « l’incapacité à mettre en place un groupe de travail d’urgence dont les travaux se consacreraient au coronavirus a entraîné un chômage de masse ».

Il a également, la semaine dernière, établi ce qu’il a qualifié de « cabinet civil de lutte contre le coronavirus », chargé de « présenter des moyens de prendre en charge la crise médicale et la crise économique et d’aider à communiquer les informations au public et les recommandations visant à réduire l’impact négatif sur l’économie de la pandémie ».

Avec l’allègement des restrictions, le taux de chômage – qui était de moins de 4 % avant le début de la pandémie – était encore au pourcentage exorbitant de 20,9 % en date du 5 juillet, selon les données des services nationaux de l’emploi. 847 207 personnes sont actuellement à la recherche d’un travail et 584 819 personnes ont été mises à pied.

Les magasins et les restaurants fermés à Tel Aviv, le 15 mars 2020 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Ces chiffres devraient encore augmenter avec les nouvelles restrictions qui ont été adoptées lundi et qui, selon le ministre de la Santé Yuli Edelstein, ont pour objectif d’éviter un nouveau confinement d’ici une à deux semaines.

Le ministère de la Santé a fait savoir, lundi soir, que 962 nouveaux cas de coronavirus avaient été enregistrés au cours des 24 heures précédentes.

Ces dernières semaines, l’Etat juif, qui était parvenu à maîtriser l’épidémie, a perdu beaucoup de terrain dans sa bataille contre le virus. Le nombre de nouveaux cas quotidiens, qui avait fortement baissé pendant la plus grande partie du mois de mai, s’élève dorénavant à environ 1 000 par jour et le nombre de cas actifs a atteint un chiffre record de 12 300.

Naftali Bennett, le président du parti HaBayit HaYehudi, et son épouse Gilat pendant les élections internes du parti, à Jérusalem, le 14 janvier 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ce n’est pas la première fois, avec ce post paru sur Facebook, que Gilat s’implique dans une querelle opposant son mari et le Premier ministre – au mois de décembre 2018, la Douzième chaîne israélienne avait fait savoir qu’alors que Bennett était ministre de l’Education, Netanyahu avait utilisé sa relation avec l’homme d’affaires Shaul Elovitch pour obtenir une couverture médiatique négative de Gilat.

La chaîne avait expliqué en évoquant le propriétaire du site Walla qu’un jour, « Netanyahu lui a demandé de publier un article négatif disant que Gilat, épouse de Naftali Bennett, était cheffe dans un restaurant non-casher. Il avait refusé de publier une telle chose. »

Un Bennett furieux avait répondu à cette information en disant que Netanyahu s’était laissé aller à un « acte vil et lâche ».

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