Goldin: Trêve sans « retour » des soldats, une « capitulation face au Hamas »
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Goldin: Trêve sans « retour » des soldats, une « capitulation face au Hamas »

Le père du soldat Hadar Goldin, détenu par le Hamas, affirme qu'Israël a "perdu le principe" de toujours ramener les militaires capturés

Simcha Goldin, père du soldat israélien Hadar Goldin, dont le corps est détenu par le Hamas, s'exprime lors d'une manifestation appelant le gouvernement à rendre les corps de son fils et de son compatriote israélien Oron Shaul devant le quartier général militaire de Kirya à Tel Aviv le 10 août 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Simcha Goldin, père du soldat israélien Hadar Goldin, dont le corps est détenu par le Hamas, s'exprime lors d'une manifestation appelant le gouvernement à rendre les corps de son fils et de son compatriote israélien Oron Shaul devant le quartier général militaire de Kirya à Tel Aviv le 10 août 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La famille d’un soldat israélien tué, dont les dépouilles sont détenues par le Hamas à Gaza a appelé vendredi à rejeter tout accord de cessez-le-feu avec le groupe terroriste qui n’inclut pas le retour des soldats Hadar Goldin et Oron Shaul, décédés lors de la guerre de Gaza en 2014.

« Le Premier ministre doit faire du retour des garçons une condition préalable avant toute autre chose – tout autre accord serait un accord de capitulation face au Hamas », a déclaré le père de Hadar, Simcha.

La famille tenait un rassemblement de protestation devant le quartier général de l’armée israélienne à Tel Aviv, la Kyria.

Une trêve présumée avec le Hamas est entrée en vigueur jeudi soir après deux jours de violence qui ont vu les échanges de tirs les plus importants entre Israël et l’organisation terroriste de Gaza depuis l’Opération Bordure de Protection en 2014.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas a déclaré qu’un cessez-le-feu avait été conclu « sur la base d’un calme mutuel » et est entré en vigueur à minuit. Il a déclaré que l’accord a été négocié par l’Égypte et d’autres acteurs régionaux.

Israël a nié l’existence d’une trêve, mais un haut fonctionnaire israélien a déclaré à la radio israélienne que « le calme serait accueilli par le calme ». Aucun cas de violence n’a été signalé le long de la frontière le lendemain.

« Le principe du retour des soldats [capturés], vivants, blessés ou morts – est un principe avec lequel nous avons tous grandi, et nous ne devons pas permettre qu’il disparaisse », a-t-il dit. Goldin a déploré que dans le cas de Hadar et d’Oron Shaul, ce principe a été « perdu » durant la guerre de 2014 au cours de laquelle ils ont été tués « et il semble que maintenant aussi ».

Le membre de L’Union sioniste Eitan Cabel, également présent au rassemblement, a déclaré que l’enrôlement récent de sa fille dans l’armée l’avait amené à prendre conscience de l’importance des requêtes de la famille.

Soldats de l’armée israélienne Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite) (Flash90).

« J’ai décidé de participer à ce combat, parce qu’il n’y a pas de cause plus justifiée. Nous ne devons pas parvenir à un accord avec le Hamas sans le retour des garçons. »

Deux civils vivants, Abera Mengistu et Hisham al-Sayed, seraient également détenus dans la bande de Gaza.

Plus tôt vendredi, les dirigeants des communautés israéliennes de la périphérie de Gaza ont exprimé des sentiments similaires, les chefs de villes et de municipalités locales critiquant l’accord apparent du gouvernement sur la trêve.

Quelques heures après l’arrêt des combats, les autorités locales ont demandé au gouvernement de mettre un terme définitif aux tirs de roquettes provenant de l’enclave côtière palestinienne, que ce soit par des moyens militaires ou diplomatiques.

Les résidents du sud d’Israël depuis plusieurs mois ont été secoués par une série de combats d’un ou deux jours entre le Hamas et Israël, ils ont dû se rendre dans leurs abris anti-bombes. Dans tous les cas, la violence s’est ensuite apaisée grâce à des cessez-le-feu négociés par l’Égypte et l’ONU, avant de reprendre quelques semaines plus tard.

Alon Davidi, le maire de Sderot, ville la plus durement touchée par les tirs de roquettes en provenance de Gaza, a déclaré que la trêve était une « erreur » et que l’armée israélienne devait mettre un frein de manière décisive aux attaques contre Israël par le biais d’une action militaire.

D’autres dirigeants locaux étaient d’accord, affirmant qu’Israël risquait de créer une nouvelle normalité avec le Hamas en acceptant des accès de violence intermittents.

Vendredi matin, le commandement de la Défense passive de l’armée israélienne a annoncé que toutes les restrictions en matière de sécurité dans le sud d’Israël avaient été levées.

Le cessez-le-feu annoncé jeudi est survenu juste une heure après que le cabinet de sécurité a achevé une réunion de quatre heures sur Gaza, donnant pour instruction aux militaires de  » continuer à agir avec force » contre les groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a déclaré jeudi que des groupes terroristes de Gaza avaient tiré environ 150 roquettes sur Israël en 24 heures, alors qu’Israël avait frappé quelque 140 cibles du Hamas à Gaza.

Il a déclaré qu’une roquette qui a atterri à Beer Sheva – à environ 40 kilomètres de la frontière de Gaza – était une roquette plus puissante et à plus longue portée, marquant une escalade significative.

Les familles Goldin et Shaul critiquent depuis longtemps la façon dont le gouvernement gère le retour de leurs fils, estimant qu’il n’en fait pas assez. Ils ont organisé des rassemblements publics et des manifestations.

Il semble que le Hamas exige la libération d’un grand nombre de prisonniers palestiniens en échange du retour des soldats morts, une demande que Jérusalem rejetterait.

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