Grande-Synthe : Pour Yahia Gouasmi, « c’est Israël qui est derrière ça »
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Grande-Synthe : Pour Yahia Gouasmi, « c’est Israël qui est derrière ça »

Pour celui qui a partagé l'affiche du Parti antisioniste aux côtés d'Alain Soral et Dieudonné les arrestations et perquisitions du 2 octobre sont commanditées par l'État juif

Le trésorier d’une association chiite, « Centre Zahra France », visée par une perquisition administrative mardi dans le nord de la France, a été placé en détention provisoire en attendant son procès pour détention illégale de deux armes à feu, renvoyé au 24 octobre.

B. Gouasmi, 47 ans, père de quatre enfants au casier judiciaire vierge et fils du fondateur du « centre Zahra France » Yahia Gouasmi, est passé mercredi après-midi en comparution immédiate et a demandé un délai, comme la loi l’y autorise.

Les débats se sont donc concentrés sur un placement ou non en détention provisoire avant le procès qui se tiendra dans trois semaines au tribunal correctionnel de Dunkerque (Nord).

« Lors de la garde à vue, M. Gouamsi a déclaré être prêt à se servir de ses armes s’il le jugeait nécessaire. Je doute de ses garanties de représentation devant la justice et l’hypothèse de fuite face à la justice française motive aussi ma réquisition d’un placement en détention », a déclaré le procureur Sébastien Piève à l’audience.

Le prévenu, gérant d’une boulangerie juste à côté de la mairie de Grande-Synthe, ville de 23 000 habitants proche de Dunkerque, est né à Calais (à environ 45 kilomètres de Dunkerque) et a la nationalité française, ainsi qu’un passeport algérien.

« Il n’y a pas d’enquête de police dans le dossier pour étayer une intention de fuite », a plaidé son conseil, Me Pierre Cortier. « La vague médiatique fait qu’on n’a plus de lucidité sur ce dossier », a-t-il ajouté.

Mardi matin, le siège de cette association et les domiciles de ses principaux dirigeants à Grande-Synthe ont fait l’objet de perquisitions administratives, mobilisant 200 policiers.

L’opération a été lancée à la suite du « soutien marqué » à « plusieurs organisations terroristes » des dirigeants de l’association, dont les avoirs ont été gelés.

Onze personnes ont été interpellées à l’issue de l’opération. Trois ont été placées en garde à vue, dont deux ont été relâchées mardi soir.

L’opération a été lancée à la suite du « soutien marqué » à « plusieurs organisations terroristes » des dirigeants de l’association, dont les avoirs ont été gelés, selon un arrêté publié le 2 octobre au Journal officiel.

Les ministères de l’Intérieur ainsi que de l’Économie et des Finances ont également pris une mesure similaire, dans un arrêté séparé, à l’encontre de la Direction de la Sécurité intérieure du ministère du Renseignement iranien et de deux ressortissants iraniens, dont l’un est soupçonné d’être impliqué dans le projet d’attentat à Villepinte en juin contre un rassemblement d’un groupe d’opposition iranienne en France, les Moudjahidine du peuple (MEK).

Des gens tiennent des photos de proches tués par le régime iranien lors de l’événement « Iran Libre – l’Alternative » à Villepinte, au nord de Paris, le 30 juin 2018 (Crédit : « AFP Photo/Zakaria Abdelkafi)

« Une tentative d’attentat a été déjouée à Villepinte le 30 juin dernier. Cet acte d’une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse », déclarent conjointement dans un communiqué Beauvau, le quai d’Orsay et Bercy.

Le 2 juillet, le parquet fédéral belge avait annoncé avoir mis en échec un projet d’attentat à la bombe qui aurait dû frapper, l’avant-veille à Villepinte en région parisienne, le grand rassemblement annuel des Moudjahidine du peuple iranien (MEK). Dans cette affaire à forte résonance diplomatique, l’enquête est menée par la Belgique en coopération avec les autorités judiciaires françaises et allemandes.

Soutien au Hezbollah

A Grande-Synthe, le centre Zahra héberge plusieurs « associations » parmi lesquelles le Parti antisioniste, la Fédération chiite de France ou France Marianne Télé, soupçonnées de légitimer le jihad et de faire l’apologie de mouvements terroristes comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, soutenus par l’Iran, organisations dont les branches armées sont classées comme « terroristes » par les Etats-Unis et l’Union européenne, selon une source proche du dossier.

On pénètre dans ce centre, une grande bâtisse de briques rouges située dans une impasse d’un quartier résidentiel tout proche de l’autoroute, en foulant un paillasson recouvert du drapeau d’Israël. Les lieux abritent notamment une salle de conférence et une salle de prière, a constaté un journaliste de l’AFP.

Il est fréquenté par « environ 150 personnes », selon le responsable religieux du centre, Jamel Tahiri, 43 ans. Selon lui, les personnes qui détenaient des armes les possédaient « pour la sécurité du centre » : « ça n’a rien à voir avec du terrorisme ».

M. Tahiri est, avec Yahia Gouasmi et Abdelkrim Khalid dont les domiciles ont également été perquisitionnés, à l’origine de cette « association » montée en 2009 et qui se dit ouvertement « anti-sioniste ».

Très active sur les réseaux sociaux, le « Centre Zahra France » indique sur son site internet vouloir « faire connaître le message de l’Islam à travers le regard du Prophète et de sa famille », notamment à travers la publication d’œuvres, de colloques, voyages et films etc.

Jamel Tahiri a dit qu’il donnait dans le centre « des cours de religion et d’éducation », ajoutant que l’association « [soutenait] le Hezbollah. On est chiite, on est contre Daesh ».

Selon la mairie, ce centre ne participe « ni de près ni de loin » à l’aide aux migrants, un millier sur la commune, ni aux réunions régulières entre associations et élus.

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