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Grèce: au moins 79 migrants meurent noyés dans l’un des pires naufrages

Une vaste opération de sauvetage entamée mercredi matin a permis de secourir 104 personnes au total, ont-ils ajouté, malgré de mauvaises conditions de mer et un vent violent

Des membres du personnel médical transportent un survivant sur une civière à l'extérieur d'un entrepôt dans le port de la ville de Kalamata, le 14 juin 2023, après le naufrage d'un bateau transportant des dizaines de migrants dans les eaux internationales de la mer Ionienne. (Crédit : Angelos Tzortzinis / AFP)
Des membres du personnel médical transportent un survivant sur une civière à l'extérieur d'un entrepôt dans le port de la ville de Kalamata, le 14 juin 2023, après le naufrage d'un bateau transportant des dizaines de migrants dans les eaux internationales de la mer Ionienne. (Crédit : Angelos Tzortzinis / AFP)

Au moins 79 personnes se sont noyées mercredi dans le naufrage au sud-ouest de la Grèce d’une embarcation transportant des « centaines » de migrants, ont indiqué les garde-côte grecs, et le bilan pourrait s’alourdir encore.

Le bateau de pêche à bord duquel se trouvaient les victimes a chaviré dans les eaux internationales au large de la péninsule du Péloponnèse, ont-ils annoncé.

Une vaste opération de sauvetage entamée mercredi matin a permis de secourir 104 personnes au total, ont-ils ajouté, malgré de mauvaises conditions de mer et un vent violent.

Les recherches se poursuivaient en début de soirée, les autorités grecques ayant affirmé que des personnes embarquées sur le bateau de pêche leur avaient assuré avoir été au moins 750 à son bord, dont une centaine d’enfants.

« Le navire faisait 25 à trente mètres de long. Le pont était bondé, et nous pensons que l’intérieur l’était aussi », a déclaré à la chaîne de télévision ERT le porte-parole des garde-côte, Nikolaos Alexiou.

Un porte-parole du gouvernement, Ilias Siakantari, a ajouté : « Nous ne savons pas combien de personnes étaient à l’intérieur, mais nous savons qu’il est habituel pour les passeurs de les enfermer, afin de maintenir le contrôle à bord ».

Des survivants arrivent au port de Kalamata, après le naufrage d’un bateau transportant des dizaines de migrants dans les eaux internationales de la mer Ionienne, le 14 juin 2023. (Crédit : STRINGER / Eurokinissi / AFP)

Dans un tweet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué : « Nous craignons d’autres pertes en vies humaines. Des décomptes initiaux font état de 400 passagers ».

Le porte-parole des garde-côte a ajouté qu’un avion C-130 de l’armée grecque allait continuer de patrouiller les eaux dans lesquelles le bateau a coulé toute la nuit.

M. Siakantari a précisé que le moteur du navire était tombé en panne dans la nuit de mardi à mercredi et que le bateau avait coulé en une quinzaine de minutes, dans des eaux très profondes.

Les chaînes de télévision grecques ont montré les images de rescapés, couvertures grises sur les épaules et masques hygiéniques sur le visage, descendre d’un yacht portant l’inscription Georgetown, la capitale des îles Caïmans, allé leur porter secours en mer. D’autres étaient évacués sur des civières.

Selon M. Alexiou, la plupart des survivants étaient originaires de Syrie, du Pakistan ou d’Egypte.

La présidente de la République, Katerina Sakellaropoulou, s’est rendue sur place.

La Grèce a connu de nombreux naufrages d’embarcations de migrants, souvent vétustes et surchargées, mais il s’agit jusqu’ici du bilan humain le plus lourd depuis un précédent le 3 juin 2016 au cours duquel au moins 320 personnes avaient péri ou disparu.

Photo d’illustration : Un canot transportant des réfugiés débarque sur une plage de l’île de Lesbos au nord de la Grèce (Crédit : Boaz Arad/IsraAID)

Pas de gilets de sauvetage

Les gardes-côtes ont précisé qu’au moment du drame, à 47 milles marins de Pylos, en mer Ionienne, aucun passagers n’était équipé d’un gilet de sauvetage.

Le navire avait été repéré mardi après-midi par un avion de Frontex, l’Agence européenne de surveillance des frontières, mais les migrants à son bord « ont refusé toute aide », avaient affirmé dans un précédent communiqué les autorités portuaires grecques.

Outre les patrouilleurs de la police portuaire, une frégate de la marine de guerre grecque, un avion et un hélicoptère de l’armée de l’air ainsi que six bateaux qui naviguaient dans la zone participaient à cette opération de sauvetage.

Selon des informations des autorités, le navire naufragé avait appareillé de Libye à destination de l’Italie.

Aux frontières extérieures de l’Union européenne en Méditerranée, la Grèce est un passage habituel pour beaucoup de ceux qui cherchent à migrer vers l’Union européenne à partir de la Turquie voisine.

Illustration : Des migrants et des réfugiés arrivent en dériveur sur l’île grecque de Lesbos, après avoir traversé la mer Egée depuis la Turquie, le 14 octobre 2015. (AFP Photo / Dimitar Dilkoff)

Voilier en difficulté

De nombreux naufrages, souvent meurtriers, ont lieu en mer Egée tandis que la Grèce est régulièrement accusée par des ONG et des médias de refouler des migrants.

Depuis le début de l’année, 44 personnes sont mortes noyées en Méditerranée orientale, d’après l’OIM. L’an dernier, le nombre des personnes ayant ainsi péri s’est élevé à au moins 372.

En campagne électorale en vue des législatives du 25 juin, l’ancien Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, a décidé d’annuler un rassemblement électoral prévu pour la fin de journée à Patras, le grand port de cette région du Péloponnèse, a annoncé son parti Nouvelle Démocratie (ND).

Ce responsable politique, qui a mené pendant ses quatre années à la tête du gouvernement une politique très dure en matière migratoire, s’est par ailleurs entretenu au téléphone avec le Premier ministre par intérim, Ioannis Sarmas.

Ce dernier, en fonction jusqu’aux élections législatives, est « en communication avec les autorités compétentes » et « est constamment informé » de l’évolution de la situation, selon ses services.

Il a décrété 3 jours de deuil dans le pays.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite « profondément attristée » et a assuré dans un tweet que les Etats membres de l’UE devaient « continuer à travailler ensemble, avec (…) les pays tiers, pour éviter de telles tragédies ».

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