Greenblatt fustige Abbas pour n’avoir pas évoqué le caractère juif de Jérusalem
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Greenblatt fustige Abbas pour n’avoir pas évoqué le caractère juif de Jérusalem

L'envoyé spécial des États-Unis pour la paix, déclare que nier "les milliers d'années de liens du judaïsme" avec la ville n'est pas propice à une paix durable

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

L'envoyé spécial des États-Unis, Jason Greenblatt, assiste à une conférence de presse concernant l'accord sur l'eau entre Israël et l'Autorité palestinienne, le 13 juillet 2017 (Yonatan Sindel/Flash90)
L'envoyé spécial des États-Unis, Jason Greenblatt, assiste à une conférence de presse concernant l'accord sur l'eau entre Israël et l'Autorité palestinienne, le 13 juillet 2017 (Yonatan Sindel/Flash90)

L’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, a condamné jeudi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour n’avoir pas mentionné le lien du judaïsme avec Jérusalem dans un discours prononcé cette semaine.

Dans une allocution prononcée mardi à Ramallah, dans le cadre du festival « Jeunes Musulmans 2018, capitale de la jeunesse musulmane de Jérusalem », Abbas a souligné à plusieurs reprises que Jérusalem était une ville sainte pour les musulmans et les chrétiens, sans mentionner la longue histoire juive de la ville.

« Pres. Abbas déclare à propos de Jérusalem : ‘Elle est arabe, musulmane et chrétienne’. Et ne mentionne aucun lien juif. Rien de pacifique ou de constructif ne peut sortir de déclarations comme celle-ci », a dit Greenblatt dans une série de tweets.

« On ne parviendra pas à une paix durable en niant les liens qui unissent le judaïsme à Jérusalem depuis des milliers d’années. Jérusalem est sainte pour les musulmans, les chrétiens et les juifs », a ajouté l’envoyé des États-Unis, rappelant que le président Donald Trump a reconnu en décembre que la ville était la capitale d’Israël.

En annonçant sa décision, Trump a également déclaré qu’il déplacerait l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Cette décision a irrité les dirigeants palestiniens, qui ont déclaré que Washington ne pouvait plus jouer le rôle décisif dans le processus de paix qu’il a tenu pendant plus de deux décennies.

Les Palestiniens veulent que Jérusalem-Est soit la capitale de leur futur état.

Dans les nombreux discours qu’Abbas a prononcés sur Jérusalem depuis la décision controversée de Trump, il a généralement insisté sur le lien musulman et chrétien avec la ville sainte, tout en promettant que si Jérusalem passait sous contrôle palestinien, elle serait ouverte à la liberté de culte pour toutes les religions, y compris pour les Juifs.

Mardi, cependant, il a omis sa promesse maintes fois répétée de permettre aux Juifs de prier dans une Jérusalem contrôlée par les Palestiniens.

« Cette terre est une terre musulmane et chrétienne, à tous les égards. Jérusalem est la capitale palestinienne éternelle des jeunes musulmans ; c’est aussi la capitale des jeunes chrétiens », a déclaré le président de l’AP.

Mahmoud Abbas de l’Autorité palestinienne, au centre, lors de la « Conférence de Jérusalem, capitale de la jeunesse islamique » dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 6 février 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

La population palestinienne est en grande partie musulmane, mais compte également une importante minorité chrétienne.

Greenblatt a subi les attaques des responsables de l’AP, qui l’ont traité de « sioniste américain » pour sa défense de la politique américaine de Jérusalem, ainsi que sa propre condamnation de l’AP pour avoir boycotté les efforts des États-Unis en vue de relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens.

« Greenblatt ne se soucie pas de l’opinion des Palestiniens », a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères de l’AP. « Ses remarques prouvent qu’il ne croit pas que les Palestiniens fassent partie du processus politique. »

Se référant au plan de paix de l’administration Trump, dont les détails n’ont pas encore été annoncés, le ministère de l’AP a affirmé qu’il court-circuite les Palestiniens.

« Si Greenblatt veut ouvrir des passerelles entre Israël et certains pays arabes, tout en excluant les Palestiniens, nous affirmons que personne dans la région n’oserait accepter un plan américain qui abandonne la dimension palestinienne ou Jérusalem », a-t-il dit.

« Pour cette raison, nous pensons que le plan de Greenblatt et de son équipe sioniste est voué à l’échec. »

Khaled Abu Toameh a contribué à cet article.

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