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Guterres exhorte l’Iran à entamer un « dialogue sérieux » sur les inspections de l’AIEA

Le Secrétaire général de l'ONU estime que l'indépendance de l'agence est "essentielle" après que Téhéran a exigé la fin des inspections, bloquant à nouveau les négociations

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, suite à des discussions à Moscou, en Russie, le 12 mai 2021. (Crédit : Maxim Shemetov, Pool via AP)
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, suite à des discussions à Moscou, en Russie, le 12 mai 2021. (Crédit : Maxim Shemetov, Pool via AP)

NATIONS UNIES – Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a exhorté mardi l’Iran à entamer un « dialogue sérieux » au sujet des enquêtes menées par les inspecteurs nucléaires de l’ONU, qui sont devenues ces dernières semaines un obstacle aux négociations en vue d’un nouvel accord sur le nucléaire.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) joue le rôle de chien de garde nucléaire de l’ONU. La semaine dernière, l’Iran a demandé à l’agence de clore son enquête sur plusieurs sites nucléaires non déclarés, ce qui n’a pas convaincu les puissances occidentales présentes aux négociations.

« Je pense que l’AIEA est un pilier très important et je crois qu’il est essentiel d’en préserver l’indépendance », a déclaré Guterres lors d’une conférence de presse en amont de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine prochaine.

« L’AIEA ne peut pas être l’instrument de parties contre d’autres parties », a-t-il ajouté.

« J’appelle le gouvernement de l’Iran, ou tout autre gouvernement dans la même situation, à établir un dialogue sérieux avec l’AIEA, en créant les conditions d’une coopération efficace qui est nécessaire », a-t-il dit, ajoutant qu’il ne pensait pas que les inspections nucléaires étaient « la question la plus difficile sur la table. »

L’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales, connu officiellement sous le nom de Plan d’action global conjoint, ou JCPOA, a accordé à l’Iran un allègement des sanctions en échange de la restriction de son programme nucléaire.

Le nouveau président iranien, Ebrahim Raissi, s’exprime lors de sa cérémonie d’assermentation au parlement iranien, dans la capitale Téhéran, le 5 août 2021. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

En 2018, le président américain de l’époque, Donald Trump, a retiré les États-Unis de l’accord et a commencé à réimposer des sanctions, incitant l’Iran à revenir sur ses engagements.

L’administration Biden a cherché à revenir à l’accord, et les négociations qui ont lieu à Vienne depuis avril 2021 visent à relancer l’accord en levant à nouveau les sanctions contre l’Iran en échange d’une nouvelle réduction par Téhéran de ses activités nucléaires.

Le mois dernier, les médiateurs européens ont semblé progresser dans les négociations, l’Iran ayant largement accepté une proposition de texte final. Leurs espoirs ont été anéantis lorsque l’Iran a exigé à nouveau que l’AIEA mette fin à trois enquêtes en cours sur ses activités nucléaires non déclarées.

« Cette dernière demande soulève de sérieux doutes quant aux intentions et à l’engagement de l’Iran en faveur d’une issue positive du JCPOA », ont déclaré la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

« Malheureusement, l’Iran a choisi de ne pas saisir cette occasion diplomatique cruciale », ont-ils ajouté, précisant qu' »au lieu de cela, l’Iran continue d’intensifier son programme nucléaire bien au-delà de toute justification civile plausible ».

L’Iran a qualifié cette déclaration de « non constructive » et de « regrettable ».

Un haut responsable israélien a prédit dimanche qu’il n’y aurait pas de retour sur l’accord nucléaire avant les élections de mi-mandat de novembre aux États-Unis.

Les négociations nucléaires avec l’Iran sont « dans l’impasse » et aucune percée n’est à attendre à court terme, a déclaré mercredi à l’AFP le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Le président iranien Ebrahim Raissi assistera à l’Assemblée générale des Nations unies à New York la semaine prochaine. Guterres a déclaré mercredi qu’il s’attendait à rencontrer Raissi à cette occasion et a ajouté qu’il était « évident » que les deux hommes discuteraient de la situation des droits de l’Homme en Iran et des négociations nucléaires.

Le briefing de mercredi de Guterres a principalement porté sur la guerre en Ukraine, le dérèglement climatique et les crises alimentaire et énergétique qui y sont liées. Le secrétaire général est récemment rentré du Pakistan, qui a été dévasté par des inondations, et s’est entretenu avec le président russe Vladimir Poutine plus tôt dans la journée de mercredi.

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