Haïfa : Le policier qui a tué un Arabe handicapé soutenu par ses pairs
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Haïfa : Le policier qui a tué un Arabe handicapé soutenu par ses pairs

Le ministre de la Sécurité intérieure a présenté ses condoléances mais ajoute que l'agent a agi "comme il le fallait" ; la mère du défunt aurait tenté d'appeler les secours

Les forces de sécurité inspectent les lieux où un homme a été tué par balle par un agent de police à Haïfa, le 29 mars 2021. (Crédit : Roni Ofer/Flash90)
Les forces de sécurité inspectent les lieux où un homme a été tué par balle par un agent de police à Haïfa, le 29 mars 2021. (Crédit : Roni Ofer/Flash90)

Les responsables de la police auraient apporté leur soutien à un agent qui aurait tué un Arabe atteint d’une maladie psychiatrique à Haïfa, lundi. Ils ont affirmé que les images de sa caméra portative prouvaient qu’il avait « craint pour sa vie ».

Les supérieurs de l’agent et ses camarades estiment qu’il sera blanchi au cours de l’enquête interne ouverte après la balle mortelle qui a tué Munir Anabtawi, qui l’aurait attaqué avec un couteau, a fait savoir mardi la Douzième chaîne.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Amir Ohana, qui supervise la police israélienne, a indiqué mardi s’être entretenu avec le policier. Il a affirmé lui apporter son soutien et que, de surcroît, il comprenait « pleinement » que l’agent avait agi « comme il le fallait ».

« Je partage le chagrin de la famille suite à ce décès », a ajouté Ohana.

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juillet 2020. (FLASH90)

Selon le frère d’Anabtawi, sa mère avait voulu tenter d’appeler une ambulance pour aider son fils au cours de ce qui avait paru être un épisode psychotique, mais elle a accidentellement contacté la police – avec les résultats tragiques qui ont suivi.

Amir Anabtawi a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne que la police était « une organisation criminelle » qui avait « assassiné » son frère.

Selon les forces de l’ordre, Munir Anabtawi, très agité, courait avec un couteau à la main et il aurait attaqué un agent, qui a ouvert le feu en ayant le sentiment que sa vie était en danger.

« Ce sont des lâches. Ils ne sont pas assez professionnels pour prendre en charge ce type de situation », a commenté Amir Anabtawi.

« Pourquoi cinq balles ? Une, d’accord, je comprends. Il aurait été à terre. Mais une, et encore une autre, et encore une autre, et encore une autre… Il a été neutralisé, c’est sûr », a-t-il continué.

Le policier a été libéré après avoir été interrogé par le département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice, mais il n’est pas encore retourné au travail, a précisé la Douzième chaîne.

Le commissaire de police Kobi Shabtai . (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pour sa part, l’Association de psychiatrie israélienne a envoyé mardi un communiqué adressé au commissaire de la police israélienne, Kobi Shabtai, disant qu’il devait « immédiatement procéder à des formations particulières et mettre en place des équipes d’intervention pour prendre en charge les cas impliquant les populations atteintes de troubles psychiatriques ».

« Il eût été possible d’empêcher une mort non-nécessaire qui n’a été causée que par le manque de connaissances et/ou de formation appropriée », a continué le communiqué.

Sur des images tournées par les caméras de sécurité, Anabtawi brandit ce qui ressemble à un couteau et il pourchasse l’agent de police. Les deux hommes s’opposent directement en descendant la rue puis l’agent sort son arme, et il semble ouvrir le feu sur Anabtawi.

Ayman Odeh, chef du parti de la Liste arabe unie, à majorité arabe, a estimé que « le meurtre de Munir Anabtawi, 33 ans seulement, est la simple continuation du traitement agressif que réserve la police à l’égard des citoyens arabes ».

« La police considère comme des ennemis les citoyens arabes, pas comme des citoyens comme les autres », a-t-il ajouté.

Selon l’organisation à but non-lucratif Abraham Initiatives, 28 Arabes sont décédés de mort violente en Israël depuis le début de l’année 2021. Six ont été tués par la police et 22 suite à des affrontements criminels.

Un incident similaire avait déjà eu lieu l’année dernière lorsque la police avait ouvert le feu sur un homme de 30 ans, atteint d’une maladie psychiatrique. La police avait alors dit que Shirel Habura avait essayé de tuer un policier.

Les forces de l’ordre avaient aussi tué Iyad Halak, un Arabe atteint d’autisme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, l’année dernière. Elle avait ultérieurement reconnu l’avoir pris, à tort, pour un terroriste.

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