Haïm Korsia : « Etre français c’est partager un avenir commun »
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Haïm Korsia : « Etre français c’est partager un avenir commun »

Selon le Grand Rabbin de France, la société a besoin à la fois de plus de fraternité et de solidarité

Capture d’écran : Haïm Korsia sur le plateau du Grand Journal
Capture d’écran : Haïm Korsia sur le plateau du Grand Journal

Le Grand Rabbin de France était hier soir l’invité du Grand Journal. A cette occasion il a été interviewé par Maitena Biraben. Il revient sur les attentats tragiques du 13 novembre dernier.

En faisant référence aux attentats de janvier 2015 et un parallèle avec ceux commis il y a une semaine, Maitena Biraben questionne le rabbin, «Aujourd’hui il suffit d’être français» pour être victimes d’attaques terroristes ? « Pourquoi les juifs et les journalistes ne sont pas français ? » rétorque Haïm Korsia.

« L’erreur a été de considérer que tant que ça ne nous concernait pas, l’ensemble n’était pas solidaire. » explique Haïm Korsia, dénonçant un certain communautarisme.

Le rabbin évoque la marche du 11 janvier 2015 qui a été un tournant au niveau de la mobilisation. Il souligne toutefois que dans l’inconscient collectif « les journalistes l’avaient certainement bien cherchés, et les juifs, on a l’habitude. »

« La réalité c’est que tous les citoyens sont touchés » par le terrorisme ajoute-t-il.

Le Grand Rabbin cite le cinéaste juif Woody Allen pour étayer ses propos « il arrive parfois que les paranoïaques aient des ennemis, » soulignant que les juifs français avaient de réelles raisons de s’inquiéter.

Le président François Hollande a appelé les français à mettre un drapeau tricolore à leur fenêtre vendredi prochain.

A cette occasion le rabbin rappelle qu’il a longtemps servi dans l’armée et que pour lui il y a une réelle importance à s’approprier les symboles de la nation française.

« Il est essentiel de se réunir autour des couleurs du drapeau » explique-t-il.

Le rabbin a salué les personnes ayant mis le drapeau tricolore comme photographie de profil Facebook. « J’ai trouvé ça très beau, ce drapeau est un symbole de rassemblement ».

Crédit : Facebook/ Haïm Korsia
Crédit : Facebook/ Haïm Korsia

Au même titre que les français se réapproprient peu à peu le drapeau français, il souligne l’importance de la Marseillaise.

« Je trouve merveilleux que dans les lieux de culte on chante la Marseillaise, dans les synagogues depuis très longtemps on fait une prière pour la République, » explique-t-il.

Pour Haïm Korsia, l’hymne national français symbolise l’engagement.

Le Grand Rabbin de France souligne qu’après la grande marche du 11 janvier, qui était un rassemblement de toute la nation, il n’y a pas eu de suite suffisante.

Remise de la déclaration par le grand Rabbin Haïm Korsia au Cardinal André Vingt-trois (Crédit : Facebook/ULIF Copernic)
Remise de la déclaration par le grand Rabbin Haïm Korsia au Cardinal André Vingt-trois (Crédit : Facebook/ULIF Copernic)

Cependant, il y a des actes de rapprochement entre les communautés, comme il y a eu cette semaine pour le cinquantenaire de la déclaration Nostra Aetate.

« Il y a des choses qui se font mais manifestement pas assez parce que nous ne pouvons pas imposer la façon à rêver le monde ».

Il faut changer l’innocence de la société selon le Grand Rabbin de France. Il poursuit en expliquant qu’il faut devenir « le gardien de nos frères », faire attention en permanence.

Il faut faire attention mais il ne faut surtout pas arrêter de vivre. Il revient sur le climat en Israël. Tel Aviv et Jérusalem sont des villes qui vivent constamment sous la menace, mais qui restent des villes festives.

Selon le Rabbin, la société a besoin à la fois de plus de fraternité et de solidarité. La France doit rester « un pays de partage et de convivialité. »

Sur l’extrême droite, Haïm Korsia parle d’un risque à vouloir cliver la France. « Qu’est ce que c’est être Français ? C’est partager un avenir commun,» conclut-il.

Pour lui, tout ce qui divise n’est pas Français.

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