Hamas et Jihad islamique menacent d’élargir leurs attaques dans le sud d’Israël
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Hamas et Jihad islamique menacent d’élargir leurs attaques dans le sud d’Israël

Ces menaces surviennent alors que des combats intensifs autour de Gaza entrent dans leur second jour, avec des frappes sur Ashdod et Sdérot et des ripostes de Tsahal

Un autobus incendié après avoir été touché par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, à la frontière entre Israël et Gaza, près du kibboutz de Kfar Aza, le 12 novembre 2018. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)
Un autobus incendié après avoir été touché par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, à la frontière entre Israël et Gaza, près du kibboutz de Kfar Aza, le 12 novembre 2018. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Le groupe terroriste du Hamas a fait savoir mardi que si Israël devait continuer ses frappes aériennes contre la bande de Gaza, il étendrait la portée de ses attaques à la roquette pour atteindre Ashdod et Beer Sheva, des villes majeures du sud, qui hébergent à elle deux environ un demi-million d’Israéliens.

Les attaques à la roquette sur Beer Sheva, une ville située à environ 40 kilomètres de la bande, sont rares et sont considérées comme un signal d’escalade majeur. Ashdod est à une vingtaine de kilomètres de l’enclave côtière.

Les menaces proférées par l’aile armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, surviennent alors que des combats intenses entre Israël et Gaza entrent aujourd’hui dans leur deuxième jour, avec des tirs de roquettes qui ont été rapportés dans la ville côtière d’Ashkelon et dans des municipalités plus proches de la bande de Gaza, notamment à Sdérot.

« La ville occupée d’Ashkelon est entrée dans la portée de nos tirs en réponse aux bombardements de bâtiments civils à Gaza », a écrit le porte-parole des brigades al-Qassam, Abu Obeida, sur Twitter. « Ashdod et Beer Sheva deviendraient nos prochaines cibles si l’ennemi devait continuer à bombarder des immeubles civils ».

Le cabinet de sécurité de haut-niveau israélien doit se réunir dans la matinée de mardi pour débattre de la situation à Gaza.

A Ashkelon, qui a été visé par plusieurs tirs de barrage lundi soir et aux premières heures de mardi, une personne a été tuée lorsqu’un immeuble a été touché par un missile aux environs de minuit. Huit personnes ont été blessées lors de cette frappe dont deux femmes dont les jours sont encore en danger, selon les services d’urgence.

Deux hommes marchant devant un véhicule touché par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, dans la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 12 novembre 2018. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Le groupe terroriste, qui contrôle de facto la bande de Gaza, a ajouté que les tirs de barrage vers Ashkelon étaient une réponse aux frappes israéliennes commises sur des bâtiments civils au sein de l’enclave côtière. La municipalité israélienne se trouve à 12 kilomètres seulement de Gaza.

L’armée israélienne a fait savoir mardi qu’elle avait pris pour cible 150 sites dans toute la bande depuis lundi, appartenant notamment au Hamas et au Jihad islamique. Parmi les lieux visés, des dépôts d’armement, un navire utilisé par le groupe terroriste et un bâtiment qui héberge l’administration des services de sécurité intérieurs du Hamas, ainsi que trois tunnels.

Un porte-parole du Jihad islamique palestinien, autre groupe terroriste de Gaza à l’origine de certains tirs vers Israël, a menacé d’attaquer des zones se situant au-delà de Beer Sheva et plus profondément situées en Israël.

« Ce qui est survenu hier soir et jusqu’à ce moment fait partie de la réponse traditionnelle attendue par Israël », a noté le groupe. « Dans les prochaines heures, l’ennemi va recevoir ce à quoi il ne s’attend pas. Des agressions continues de ce genre mèneront la résistance à élargir sa réponse de manière à ce que les habitants des implantations au-delà des villes de Beer Sheva et d’Ashdod soient obligés de rester à proximité de leurs abris ».

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Ronen Manelis, a répondu à la menace dans un tweet posté mardi matin, se moquant des dirigeants du Hamas et du Jihad islamique qui se cachent dans des bunkers alors que les résidents de Gaza doivent assumer les conséquences de leurs actions.

« Je lis toute une liste de tweets et j’entends des annonces qui proviennent de bunkers dans la bande », a-t-il écrit. « Je suggère que ces gens commencent à réfléchir à un tweet qui explique aux habitants de Gaza à quelle catastrophe ils sont en train de les amener. Les résidents d’Israël sont résolus, l’armée est déterminée, et des tweets écrits par des lâches ne nous impressionnent pas ».

Incendie et fumée après des attaques aériennes israéliennes visant Rafah dans le sud de la bande de Gaza, près de la frontière avec l’Égypte, le 12 novembre 2018. (Crédit : Saïd KHATIB / AFP)

L’armée israélienne a fait savoir qu’avec les nouveaux tirs de mardi, ce sont plus de 400 roquettes et obus de mortier qui ont été lancés vers le territoire israélien depuis lundi, dont 70 roquettes envoyées vers des villes israéliennes depuis minuit, dans ce qui est considéré comme le plus important tir de barrage jamais réalisé vers le sud d’Israël.

L’armée israélienne a indiqué que des douzaines de missiles avaient été abattus par le système de défense du Dôme de fer, et « qu’environ une centaine » ont été interceptés depuis lundi après-midi.

Alors que la majorité des roquettes qui n’ont as été interceptées par le Dôme de fer sont retombées dans des champs ouverts, plusieurs ont toutefois touché des habitations et autres bâtiments.

Les attaques à la roquette ont commencé peu après 4h30 du matin, lorsque les terroristes ont lancé un missile téléguidé anti-tank vers un bus israélien, à côté de la frontière, blessant grièvement un soldat qui se trouvait à l’intérieur. Des douzaines de militaires se trouvaient dans le bus – stationné près du mémorial de la Flèche noire, à proximité du kibboutz Kfar Azza – peu de temps auparavant mais ils en étaient sortis avant la frappe.

A Gaza, des informations ont fait savoir que des frappes israéliennes avaient eu lieu pendant toute la nuit à l’issue d’une journée marquée également par des douzaines d’attaques dans toute l’enclave côtière et notamment dans des zones peuplées.

Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, a expliqué que quatre personnes avaient été tuées, et notamment trois identifiées comme appartenant à des groupes terroristes.

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