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Harcèlement: un ex-député quitte la commission de recherche du procureur général

Des ministres se sont opposés à la présence de Meir Sheetrit, soulignant les allégations d'actes sexuels répréhensibles formulées par son ancienne gouvernante

Meir Sheetrit, du parti Hatnua, janvier 2014 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Meir Sheetrit, du parti Hatnua, janvier 2014 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’ancien ministre Meir Sheetrit a annoncé lundi qu’il se retirait de la commission chargée de trouver un nouveau procureur général, après des protestations de la part de plusieurs ministres dues à des allégations de harcèlement sexuel portées à son encontre.

Dans une lettre annonçant sa démission, Sheetrit a dénoncé les « attaques sauvages » dont il a fait l’objet, déclarant que les accusations étaient « mensongères et fausses ».

« Je crains que dans l’atmosphère créée sans aucune justification, le processus de nomination [d’un procureur général] ne soit mis à mal », a écrit Sheetrit.

« Je veux que la personne la plus apte soit choisie pour ce poste. J’ai été stupéfait par l’attaque flagrante dont j’ai fait l’objet en s’appuyant sur une fausse histoire qui n’a rien de vrai », a-t-il écrit.

« Je méprise tous ceux qui feignent la piété et qui, sans examiner le fond de l’affaire, se sont aveuglément déchaînés sur un sujet qui a été rabâché et ressassé il y a environ huit ans », a déclaré Sheetrit.

Le ministre de la Justice, Gideon Saar, qui a proposé la candidature de Sheetrit, devra maintenant trouver un autre candidat qui soutiendra son projet controversé de scinder le poste de procureur général en deux, une personne servant de conseiller juridique du gouvernement et une autre de procureur général.

Le ministre de la Justice Gideon Saar s’exprime lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 6 juillet 2021. (Crédit : Amit Shabi/POOL)

« Je respecte la décision de l’ancien ministre Meir Sheetrit. Je suis désolé pour la souffrance morale qu’il a subie en répondant à ma demande [de rejoindre le comité], » a déclaré Saar.

Les accusations contre Sheetrit, ancien ministre du gouvernement, ont fait surface en 2014 lorsqu’il a été révélé qu’il avait payé une ancienne gouvernante pour garder le silence sur des accusations de harcèlement sexuel présumé. Sheetrit n’a jamais été mis en examen, la femme ayant refusé de coopérer à l’enquête.

Saar avait justifié sa décision de choisir Sheetrit, affirmant qu’il avait nié les accusations et notant que des poursuites n’avaient jamais été engagées.

Malgré le soutien de Saar, un certain nombre de ses collègues se sont opposés à la candidature de Sheetrit, cinq ministres des partis de gauche travailliste et Meretz ayant voté contre lui.

« Les membres de la commission de recherche pour le poste si important de procureur général doivent être irréprochables. Ce n’est pas le cas ici », a déclaré la ministre des Transports, Merav Michaeli, qui dirige le parti travailliste.

La ministre de la Protection de l’environnement Tamar Zandberg, du parti Meretz, a fait part de ses inquiétudes quant à l’intégrité de Sheetrit.

La ministre de l’Environnement Tamar Zandberg (à gauche) et la ministre des Transports Merav Michaeli. (Crédit : Flash90)

« Il est question ici de harcèlement sexuel et de pots-de-vin. Pourquoi avoir choisi Sheetrit parmi toutes les options existantes ? » a demandé Zandberg.

La ministre de l’Économie Orna Barbivai, du parti centriste Yesh Atid, s’est abstenue lors du vote.

En réponse aux objections, le procureur général adjoint Gil Limon a déclaré qu’il n’y avait aucun obstacle juridique à la nomination de Sheetrit.

Lors de la réunion du cabinet au cours de laquelle la candidature a été discutée, Saar avait expliqué qu’il souhaitait qu’un ancien ministre de la Justice – poste occupé par M. Sheetrit entre 2001 et 2003 – fasse partie du panel plutôt qu’un ancien procureur général, car « un ministre reflète le point de vue du gouvernement en tant que « client » du procureur général ».

Le ministre de la Justice faisait référence au double rôle du procureur général, à la fois conseiller juridique du gouvernement et procureur général de l’État. Saar et d’autres critiques conservateurs ont fait valoir que cela crée un conflit d’intérêts, car le procureur général est chargé de superviser les poursuites contre les membres du gouvernement dont il est également chargé de défendre les actions.

Le nouveau ministre de la Justice Gideon Saar avec le procureur-général Avichai Mandelblit, à gauche, et le ministre de la Justice sortant Benny Gantz, à droite, lors de la cérémonie de passage de témoin au ministère de la Justice, à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre de la Justice préconise un plan qui scinderait le rôle en deux, une personne servant de conseiller juridique du gouvernement et une autre de procureur général.

Le mois dernier, le procureur général Avichai Mandelblit a semblé dénoncer la proposition de Saar comme une menace pour la démocratie.

Le mandat de six ans de Mandelblit en tant que procureur général doit prendre fin en février. L’ancien juge de la Cour suprême, Asher Grunis, a été nommé la semaine dernière à la tête du comité de recherche chargé de trouver le remplaçant de Mandelblit. Les autres membres du comité sont Zvi Hauser, député de Tikva Hadasha, un représentant de l’Association du Barreau israélien et un universitaire.

Les précédentes tentatives de scinder le rôle ont été largement considérées comme des démarches motivées par des intérêts politiques ou personnels, puisqu’elles émanaient généralement de gouvernements dont les Premiers ministres de l’époque faisaient l’objet d’une inculpation pénale – notamment Ehud Olmert en 2007-2008, et Benjamin Netanyahu il y a quelques années.

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