Heiko Maas promet des « efforts considérables » pour protéger l’accord nucléaire
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Heiko Maas promet des « efforts considérables » pour protéger l’accord nucléaire

Au cours de sa visite en Jordanie, le ministre des Affaires étrangères allemand a réclamé un "pare-feu" entre l'accord sur le nucléaire et les autres activités de Téhéran

Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas, en novembre 2014. (Capture d'écran : YouTube/UdL Digital)
Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas, en novembre 2014. (Capture d'écran : YouTube/UdL Digital)

Le ministre des Affaires étrangères allemand a indiqué jeudi que son gouvernement livrera des « efforts considérables » pour protéger l’accord sur le nucléaire avec l’Iran malgré les inquiétudes de Berlin sur le programme balistique de l’Iran et son implication dans le conflit en Syrie.

Lors d’une visite en Jordanie, Heiko Maas a appelé à un « pare-feu » entre l’accord sur le nucléaire et les autres activités de l’Iran.

Sous les termes de l’accord de 2015, l’Iran a accepté de réduire son programme nucléaire, subissant des inspections, en échange d’une réduction des sanctions internationales imposées depuis des années.

Le président américain a fixé une date-limite, à la mi-mai, pour la conclusion d’un accord avec les nations européennes pour « réparer » l’accord en durcissant les restrictions contre l’Iran. La Maison Blanche dit que le président se retirera de la convention passée à l’époque de son prédécesseur, Barack Obama, si aucune convention n’est conclue prévoyant de nouvelles sanctions.

Trump veut pénaliser l’Iran pour ses missiles balistiques qui ne faisaient pas partie de la convention originale. Il veut également élargir l’accès aux inspecteurs nucléaires internationaux et prolonger la période de limitation des activités nucléaires de l’Iran qui, actuellement, devrait expirer dans plusieurs années.

Maas s’est rendu en Israël pour débattre des initiatives française, allemande et britannique visant à empêcher une sortie des Etats-Unis de l’accord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L’Iran a expliqué que le retrait américain de l’accord sur le nucléaire et des sanctions réimposées détruiraient la convention et a menacé de ripostes, notamment de la reprise immédiate des activités nucléaires actuellement interdites.

Les sanctions américaines qui ont été levées en échange d’une réduction du programme nucléaire en Iran couvrent plusieurs fronts, certaines qui peuvent être restaurés par ordonnance exécutive et d’autres exigeraient une action du congrès. Certaines pénalités visent des entités iraniennes, d’autres sanctionnent les entreprises du tiers-monde qui font du commerce avec l’Iran.

Une option prise en compte par le département du Trésor, qui applique les sanctions, serait de revenir brusquement sur les sanctions qui ne nécessitent pas d’action du congrès mais de reporter leur application de quatre à six mois, selon des personnalités proches du dossier. Ce qui donnerait aux entreprises et aux gouvernement le temps de se conformer à ces changements. Cela permettrait également de garder la porte ouverte pour les changements de dernière minute qui pourraient potentiellement répondre aux inquiétudes de Trump.

Une autre option serait de réimposer des sanctions américaines mais de définir certaines exemptions qui permettraient à l’Iran et à l’Europe de rester dans l’accord sans participation américaine. Il reviendrait alors à Téhéran de décider si les bénéfices d’une convention n’incluant plus les Etats-Unis suffiraient à la maintenir en vie.

Au début de la semaine, le chef israélien des services de renseignement du Mossad, Yossi Cohen, a déclaré qu’il était « 100 % certain » que l’Iran reste déterminé à développer une bombe nucléaire et à attaquer Israël.

Le chef du Mossad Yossi Cohen lors d’un événement en l’honneur des agents de sécurité, le 2 octobre 2017. (Crédit: Government Press Office/YouTube)

« En tant que chef du Mossad, je suis 100 % certain que l’Iran n’a jamais abandonné sa vision nucléaire militaire un seul instant. Cet accord autorise l’Iran à réaliser cette vision », a-t-il déclaré dans un entretien. « C’est pour cela que je pense que l’accord doit être complètement changé ou abandonné. Un échec serait une grave menace pour la sécurité d’Israël ».

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