Henri Weber, figure de mai 68 et du PS, décède du coronavirus
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Henri Weber, figure de mai 68 et du PS, décède du coronavirus

Fils d’horlogers juifs polonais, il a, durant sa carrière politique, été élu sénateur et député européen

Henri Weber, responsable du Parti socialiste français (PS), alors député au Parlement européen, s'exprime lors d'une conférence de presse dans le cadre de la campagne électorale des prochaines élections législatives européennes de mai à Paris, le 24 avril 2014. (Crédit : Eric Feferberg / AFP)
Henri Weber, responsable du Parti socialiste français (PS), alors député au Parlement européen, s'exprime lors d'une conférence de presse dans le cadre de la campagne électorale des prochaines élections législatives européennes de mai à Paris, le 24 avril 2014. (Crédit : Eric Feferberg / AFP)

L’ancien sénateur et député européen Henri Weber, une des figures tutélaires de mai 68 devenu cadre du parti socialiste, est décédé à l’âge de 75 ans dimanche des suites de la maladie du coronavirus.

Fils d’horlogers juifs polonais né le 23 juin 1944 à Leninabad en URSS (aujourd’hui Khodjent au Tadjikistan), M. Weber s’est éteint à Avignon, « des suites du Covid-19, entouré de sa femme, Fabienne Servan-Schreiber, et de leurs enfants », a déclaré sa famille dans un communiqué.

Cet universitaire, docteur et enseignant en philosophie politique, est l’un des co-fondateurs de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1969, après avoir été membre des Jeunesses communistes et avoir créé, aux côtés d’Alain Krivine, les Jeunesses communistes révolutionnaires en 1965.

Il émerge lors des manifestations de mai 1968 en devenant l’un des visages de la contestation mais aussi l’un de ses théoriciens. Le mouvement de « 68 a été une grande poussée démocratique et libérale – au sens politique et culturel du terme : on s’en prend à toutes les discriminations », confiait-il à l’AFP 50 ans plus tard. « C’est aussi une grande poussée hédoniste, contre le puritanisme et la morale rigoriste », ajoutait-il.

Henri Weber, responsable du Parti socialiste français (PS), s’exprime lors d’un débat avec les militants du PS à Montreuil, le 15 décembre 2002. (Crédit : Martin Bureau / AFP)

Il avait rejoint le PS en 1986 et a été conseiller technique au cabinet de Laurent Fabius, alors président de l’Assemblée nationale, de 1988 à 1991. Il a par la suite été adjoint au maire à Saint-Denis, conseiller municipal de Dieppe (Seine-Maritime) de 1995 à 2001, et sénateur de la Seine-Maritime de 1995 à 2004. Il a effectué deux mandats de député européen entre 2004 et 2014.

Au PS, il a été membre du bureau national et secrétaire national de 1993 à 2008.

« Henri Weber était une de ces mémoires fertiles de la gauche, il en connaissait l’histoire, jusque dans ses moindres détails », a salué Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, auprès de l’AFP. « Mais il ne rêvait pas d’un âge d’or à retrouver, il était dans la recherche permanente de nouvelles solutions. » « Ces derniers mois, il s’était engagé dans le chantier de la rénovation des formes partisanes. Il était inlassable. Passionné. Passionnant. Le Parti socialiste perd ce soir un esprit incisif qui a bien souvent éclairé notre route. Notre tristesse est immense », a-t-il poursuivi.

« C’est une des légendes de la gauche qui s’en va et sa disparition m’emplit d’une grande tristesse », a réagi auprès de l’AFP Jean-Christophe Cambadélis, lui aussi venu de l’extrême gauche avant d’entrer comme Henri Weber au Parti socialiste en 1986.

De nombreuses autres personnalités politiques et militants lui ont également rendu hommage sur les réseaux sociaux, dont l’ancien président François Hollande.

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