Herzog interrogé pour corruption présumée
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Herzog interrogé pour corruption présumée

Le chef de l'opposition est suspecté de financement illégal, de n’avoir pas déclaré une donation et d’avoir établi une fausse déclaration

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le président du parti Union sioniste, le député Isaac Herzog qui dirige une réunion de faction à la Knesset, le 4 janvier 2016 (Crédit : FLASH90)
Le président du parti Union sioniste, le député Isaac Herzog qui dirige une réunion de faction à la Knesset, le 4 janvier 2016 (Crédit : FLASH90)

Le chef de l’opposition Isaac Herzog est interrogé sur des accusations de contributions financières illégales pendant sa campagne réussie de 2013 pour la direction du Parti travailliste.

Herzog, qui est interrogé par la police avec la permission du procureur général, est également suspecté de n’avoir pas déclaré une donation et d’avoir établi une fausse déclaration.

Un interrogatoire est souvent un précurseur à l’ouverture d’une enquête criminelle.

Herzog a déclaré qu’il était soulagé d’avoir la possibilité de présenter sa version des faits à la police.

« Dès le moment où l’existence d’une enquête a été divulguée … J’ai demandé la permission de répondre pour pouvoir mettre tout ceci derrière moi. J’ai une foi entière dans les représentants de la loi et je les remercie de leur traitement respectueux et juste », a-t-il dit dans un communiqué.

Shelly Yachimovich, autre membre du parti, a appelé l’Union sioniste à discuter des mesures à prendre, alors que la leader du parti Meretz, Zahava Gal-on, a appelé Herzog à démissionner.

« Je suis convaincue qu’Herzog a à l’esprit l’intérêt du parti et de l’opposition, et je vais travailler avec lui et avec les membres de notre parti pour que nous puissions nous prononcer sur les mesures à prendre », a déclaré Yachimovich. « Il ne fait aucun doute que l’interrogatoire du président du parti et chef de l’opposition aggrave la situation. J’ai confiance dans la police et dans les autorités judiciaires ».

Gal-on, quant à elle, a maintenu qu’Herzog ne devrait pas demeurer dans ses fonctions.

« Herzog ne peut pas continuer dans son rôle de président de l’opposition », a déclaré Gal-on, selon la Deuxième chaîne. « Peut-être devrait-il démissionner ».

Herzog a déclaré la semaine dernière qu’il allait coopérer avec l’enquête policière afin de mettre ces soupçons de côté « le plus tôt possible. »

A la fin du mois dernier, Herzog est devenu le deuxième membre de haut rang de la Knesset à être soupçonné de corruption. Ces accusations sont survenues peu après que le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri – qui a passé plusieurs années en prison pour détournement de fonds – a révélé qu’il était à nouveau au centre d’une importante enquête pour corruption.

La police a demandé au procureur général Avichai Mandelblit l’autorisation d’enquêter sur Herzog, a rapporté la semaine dernière la Deuxième chaîne, qui a également révélé que l’ancien directeur de campagne d’Herzog, Shimon Batat, a déjà été interrogé dans le cadre de violations présumées des règles de financement de campagne.

Jusqu’à présent, Mandelblit a ordonné une enquête préliminaire qui se concentre sur les  primaires du parti travailliste de 2013, lors desquelles Herzog avait battu le chef du parti en titre, Yachimovich.

Le Parti travailliste est le plus grand des deux partis – le second est Hatnua – qui constituent le parti de l’Union sioniste à la Knesset.

Les soupçons concernent le financement lié à une association à but non lucratif utilisée par les partisans de Herzog pour gérer une campagne négative contre Yachimovich, a rapporté la Deuxième chaîne, ajoutant que des témoignages avaient déjà été recueillis auprès de plusieurs personnes, parmi lesquels figurent des noms connus du monde de la politique.

Entre autres choses, l’affaire concerne des dons provenant du directeur général d’une agence de soins infirmiers, qui aurait investi des dizaines de milliers de shekels au-delà de la limite permise pour financer la campagne négative contre Yachimovich.

À ce jour, la seule personne reconnue coupable et condamnée à une peine d’emprisonnement pour des délits de financement internes de partis est l’ancien député Omri Sharon, fils du défunt premier ministre Ariel Sharon.

L’ex-députée Naomi Blumenthal (Likud) a été reconnue coupable d’avoir corrompu 15 militants du parti ainsi que des membres du comité central du parti au cours des primaires du Likud de décembre 2003, en les invitant à un hôtel situé a Ramat Gan.

Dans un rapport de juin 2014, l’ancien contrôleur d’Etat Yosef Shapira a déterminé qu’Herzog avait dépassé la limite autorisée des dépenses pour les primaires du parti travailliste contre Yachimovich, mais qu’il n’avait pas enfreint la loi. Acceptant l’explication d’Herzog selon laquelle une « erreur innocente de comptabilité » avait été faite, Shapira a décidé de ne pas prendre de sanction financière contre lui.

Plus tôt ce mois-ci, le ministre des Finances Moshe Kahlon a déclaré que les discussions afin de faire entrer l’Union sioniste dans la coalition gouvernementale sont au point mort depuis les révélations concernant les soupçons contre Herzog.

En 1999, Herzog a exercé son droit de garder le silence quand il était secrétaire du cabinet, dans le cadre de soupçons d’irrégularités de financement de la campagne du Premier ministre d’alors, Ehud Barak.

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