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Hommage à Pierre Masse, défenseur de la justice et victime de la Shoah

Député, sénateur, avocat engagé, Pierre Masse a marqué l'histoire française ; le 13 décembre, date de sa naissance, un salon du ministère de la Justice a été renommé en son honneur

Pierre Masse (à droite) dans le camp de Drancy (Crédit : CC BY-SA 3.0 DE)
Pierre Masse (à droite) dans le camp de Drancy (Crédit : CC BY-SA 3.0 DE)

Lundi 13 décembre, date de la naissance de l’homme, un salon du ministère de la Justice a été renommé en l’honneur de Pierre Masse, défenseur de la justice et victime de la Shoah. Parmi les personnalités présentes : le président du CRIF Francis Kalifat, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le président du Consistoire central Elie Korchia, et le président de la Licra Mario Stasi.

Pierre Masse est né le 13 décembre 1879 à Ribérac, en Dordogne. Docteur en droit et premier secrétaire de la Conférence des avocats en 1906, il a été élu député de l’Hérault en 1914 et s’est engagé peu après dans l’armée, avant de partir au front. Ce courage lui a valu de recevoir la Croix de guerre et la Légion d’honneur. En 1917, Paul Painlevé l’a nommé dans son nouveau gouvernement et lui a confié le sous-secrétariat d’État chargé du contentieux de la justice militaire et des pensions.

Il a abandonné la vie parlementaire en 1919 pour se consacrer à sa carrière professionnelle. Civiliste et avocat d’assises reconnu, il a siégé au conseil de l’Ordre de 1928 à 1934.

Masse a par la suite fait son retour en politique, avant d’être élu sénateur de l’Hérault et d’adhérer au groupe de la gauche démocratique. Le 10 juillet 1940, à Vichy, il a tenté vainement, avec Jean Boivin-Champeaux, d’obtenir de Pierre Laval l’inscription dans la nouvelle Constitution de la garantie des libertés individuelles.

En octobre 1940, lors de la parution du décret chassant de l’armée les officiers d’origine juive, Pierre Masse a envoyé au maréchal Pétain une lettre de protestation. Peu de temps après, il a accepté d’être l’avocat de l’auteur dramatique, Henry Bernstein, grossièrement diffamé pour ses origines juives par un journaliste devenu, grâce aux Allemands, le directeur du journal Je suis partout.

En février 1941, Pierre Masse a reçu une circulaire adressée à tous les parlementaires leur demandant de préciser s’ils étaient d’ascendance juive. Dans une seconde lettre adressée au maréchal Pétain, il a exprimé avec vigueur son refus d’être traité en « Français de la deuxième catégorie ».

Arrêté en août 1941, il a été enfermé à Drancy, puis à Compiègne. Sa préoccupation principal était alors d’aider ses camarades de captivité, consolant les uns, partageant avec les autres les quelques colis qui lui parvenaient. Tentant de le sauver, certains de ses amis ont organisé un prétendu abus de blanc-seing dont se serait rendu coupable Pierre Masse. Ils espéraient ainsi gagner du temps en suscitant une enquête approfondie. L’objectif a été partiellement atteint : Pierre Masse a été ramené à la prison de la Santé et incarcéré comme détenu administratif. Mais le non-lieu prononcé par le procureur de la République l’a renvoyé à Drancy, puis à Compiègne.

Le 30 septembre 1942, il a été déporté à Auschwitz-Birkenau par le convoi n°39, d’où il n’est jamais revenu.

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