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Hommages vibrants au policier « héros » tué par le terroriste de Bnei Brak

Son père et sa petite amie, bouleversés, se sont souvenus d'Amir Khoury qui ne s'est jamais soustrait au danger et qui voulait protéger la population - le payant de sa vie

Amir Khoury, 32 ans, de Nof Hagalil, un policier tué lors d'un échange de tirs avec un terroriste à Bnei Brak le 29 mars 2022 (Crédit : Autorisation de la famille)
Amir Khoury, 32 ans, de Nof Hagalil, un policier tué lors d'un échange de tirs avec un terroriste à Bnei Brak le 29 mars 2022 (Crédit : Autorisation de la famille)

Dimanche, Amir Khoury se trouvait chez lui avec sa petite amie, Shani Yashar, quand il a entendu la nouvelle de l’attentat terroriste qui avait été commis à Hadera – un attentat qui avait entraîné la mort de deux policiers. Khoury, lui-même membre des forces de l’ordre, s’était tourné vers Shani et il lui avait affirmé que lui-même ne connaîtrait jamais le même sort.

« Si je vois un terroriste devant moi, je l’écrase. Je ne le laisserai pas blesser qui que ce soit, c’est bien pour ça que je suis policier », se souvient-elle – alors même qu’elle le suppliait de « ne pas jouer les héros ».

Trois jours plus tard, Yadar monte les escalier, chez l’homme qu’elle aimait, partageant la douleur de ses parents alors que tous les trois tentent de réaliser l’énormité de sa mort.

Il aura finalement été un héros et il l’aura payé de sa vie.

Khoury a été tué par balle, mardi soir, alors qu’il arrivait sur les lieux d’un attentat terroriste à Bnei Brak pour retrouver, dans la rue, le terroriste Diaa Hamarsheh, 27 ans, et l’empêcher de continuer sa cavale sanglante et meurtrière dans cette banlieue de Tel Aviv.

Le terroriste a finalement été abattu.

“Il était comme ça – il était toujours le premier à arriver quand quelque chose tournait mal », commente son père Jeries Khoury, lui-même ancien officier de police, mercredi. « Il n’avait pas peur ».

Khoury, 32 ans était policier motocycliste dans une unité rattachée au commissariat de Bnei Brak. Lui et son partenaire avaient été les premiers à arriver jusqu’à Hamarsheh pendant l’attaque, alors que le terroriste avait déjà tué quatre personnes à deux endroits distincts.

« C’était un héros, la manière dont lui et son collègue ont réagi a sauvé des vies », a ainsi déclaré le commandant de la police de Tel Aviv, Amihai Eshed, à la famille bouleversée dans un reportage, devant les caméras de la Douzième chaîne.

Des images tournées par une caméra-piéton, qui ont été diffusées mercredi, montrent deux hommes sur une moto roulant à grande vitesse vers la scène de l’attaque, signalée par un central de la police.

Le terroriste ouvre le feu alors que les agents ralentissent et tournent à l’angle de la rue.

Le policier qui se trouve à l’arrière de la moto dit alors à son collègue, Amir Khoury : « Khoury, attention ! ». Puis, quelques instants plus tard, une avalanche de coups de feu se fait entendre. Le policier qui porte la caméra tombe au sol, se relève et, s’abritant derrière un arbre, il tire en direction du terroriste.

Il ouvre le feu à une dizaine de reprises dans la rue alors que les sirènes se font entendre à distance. Le terroriste gît par terre.

Le policier se saisit de l’arme du terroriste, criant : « Silence, silence. Il est mort ».

« Il est à terre, il est à terre », ajoute-t-il quelques secondes plus tard alors qu’un autre policier arrive sur les lieux.

Khoury a ensuite été évacué vers un hôpital voisin où sa mort a été prononcée. La police a fait savoir qu’Amir et le policier qui se trouvait avec lui seraient distingués pour leurs actions héroïques.

Son père Jeries se souvient avoir tenté d’entrer en contact avec son fils après avoir entendu la nouvelle de l’attaque, survenue juste avant 20 heures.

« Je lui ai envoyé un message et il n’a pas répondu, » dit-il en pleurant. « La police est venue environ une heure et demie après. Et quand je les ai vus à la porte, j’ai tout de suite compris. »

Les agents de police présentent leurs condoléances à la famille d’Amir Khoury, un policier tué lors d’un échange de coups de feu avec un terroriste à Bnei Brak au lendemain de l’attentat, le 30 mars 2022. (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Khoury, un Arabe chrétien, laisse derrière lui ses parents et deux sœurs. Ses funérailles auront lieu jeudi dans sa ville natale de Nof Hagalil, connue auparavant sous le nom de Haute-Nazareth.

Jeries a expliqué qu’Amir avait prévu de rendre visite aux familles des deux agents de la police des frontières tués dans l’attentat terroriste de Hadera, dimanche.

Mais ce sont d’autres policiers qui sont venus voir la famille Khoury à Nof Hagalil et qui sont aussi venus voir Yashar – qui avait rencontré son fiancé six ans auparavant, à travers les forces de l’ordre. Le couple avait prévu de se marier dans les prochains mois.

« Je n’ai jamais été supposée venir seule ici ! Il était l’amour de ma vie », s’exclame-t-elle, sanglotant, alors qu’elle entre dans la maison.

La cérémonie d’inhumation de Yaakov Shalom, un homme tué dans un attentat terroriste à Bnei Brak, le 30 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les autres victimes de l’attentat ont été Avishai Yehezkel, 29 ans, qui est mort en protégeant son enfant des coups de feu ; Yaakov Shalom, 36 ans ; et deux ressortissants ukrainiens, Victor Sorokopot, 38 ans et Dimitri Mitrik, 23 ans.

Shalom et Yehezkel ont été inhumés à Bnei Brak dans la matinée de mercredi.

Selon la Douzième chaîne, une délégation ultra-orthodoxe de Bnei Brak devrait assister aux funérailles de Khoury pour exprimer la gratitude de la communauté à l’égard du défunt.

Un organisateur a expliqué à la chaîne que des centaines de personnes avaient fait savoir qu’elles étaient intéressées par ce déplacement en hommage au policier.

Par ailleurs, un résident de l’implantation d’Alon, en Cisjordanie, a offert de financer des bus pour permettre aux habitants de Jérusalem de venir à la cérémonie.

« Plus de 300 personnes sont déjà entrées en contact avec moi », a-t-il déclaré devant les caméras de la chaîne. « Cet homme a donné sa vie pour protéger des Juifs ultra-orthodoxes et je pense qu’il doit être remercié pour cela ».

Son enterrement aura lieu jeudi à 17 heures, à Nof Hagalil.

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