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Bnei Brak enterre les victimes de l’attentat meurtrier

Les funérailles d'Avishai Yehezkel et de Yaakov Shalom ont réuni des centaines de personnes ; la petite amie du policier Amir Khoury dit que tous les deux voulaient se marier

Des bénévoles de la Zaka nettoient le sang dans une rue où un homme armé a ouvert le feu, tuant cinq personnes au total, à Bnei Brak, le 29 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
Des bénévoles de la Zaka nettoient le sang dans une rue où un homme armé a ouvert le feu, tuant cinq personnes au total, à Bnei Brak, le 29 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

C’est une foule massive qui est descendue dans les rues de Bnei Brak, mercredi, à l’occasion des funérailles des deux hommes tués, mardi soir, au cours d’un attentat terroriste.

Ce sont cinq personnes qui ont perdu la vie, mardi, lorsque le terroriste Diaa Hamarsheh, 26 ans, a été à l’origine d’une cavale meurtrière à travers cette banlieue ultra-orthodoxe de Tel Aviv.

Amir Khoury, 32 ans, Yaakov Shalom, 36 ans, et Avishai Yehezkel, 29 ans, ont tous les trois été mortellement blessés pendant l’épopée sanglante du tueur.

Selon la police, les deux victimes qui n’ont pas encore été identifiées étaient des ressortissants ukrainiens. Les deux hommes, âgés de 23 et 32 ans, ont été tués alors qu’ils étaient assis aux abords d’une épicerie, rue Bialik. S’il est encore difficile de dire depuis combien de temps ils se trouvaient dans le pays, le site d’information Walla a fait savoir qu’ils travaillaient dans le secteur de la construction au sein de l’État juif depuis un certain nombre d’années.

Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi dans la matinée à Bnei Brak pour les funérailles d’Avishai Yehezkel, un étudiant en yeshiva qui avait emmené son petit garçon de deux ans se promener dans une poussette, dans la soirée, et qui a été abattu alors qu’il tentait de protéger son enfant en faisant bouclier avec son corps.

Il laisse derrière lui son épouse, enceinte de huit mois, et son fils.

Selon les médias, Yehezkel avait pris la décision d’emmener le bambin en promenade pour tenter de l’endormir.

Le frère de la victime, Ovadia Yehezkel, avait prononcé son éloge funèbre lors de la cérémonie, disant qu’Avishai l’avait appelé pour le prévenir qu’il y avait un homme armé aux alentours, rappelant que le défunt avait utilisé son corps pour empêcher son fils d’être blessé et que l’enfant est resté seul, dans la rue, après la mort de son père.

La poussette abandonnée après qu’Avishai Yehezkel, 29 ans, a été tué dans une attaque terroriste à Bnei Brak alors qu’il promenait son fils, le 29 mars 2022 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« La nuit dernière, le monde a été bouleversé. Tu m’a appelé et tu m’as dit : ‘J’entends des coups de feu, sois prudent, reste chez toi’. C’est tout. Ce sont les derniers mots que tu m’as dits. Tu t’es davantage inquiété pour nous que tu ne t’es inquiété pour toi », avait-il déclaré.

« Tu ne t’es préoccupé que de ton fils, tu n’as pas abandonné, tu as reçu ces balles comme un aigle. Tu as dit : ‘Il vaut mieux que je sois blessé plutôt que l’enfant », avait ajouté Ovadia, faisant référence à l’allégorie biblique de l’oiseau qui protège son oisillon.

Peu après, une foule a rendu hommage à Yaakov Shalom, 36 ans, l’une des cinq victimes de l’attentat terroriste commis à Bnei Brak.

Shalom, père de quatre enfants, a été abattu à bout portant alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture.

Parmi les centaines de personnes présentes à la cérémonie, le leader du Shas, Aryeh Deri.

Shalom était le fils de Meir Shalom, un éminent leader de la communauté yéménite de la ville qui avait succombé au COVID-19, l’année dernière.

La cérémonie d’inhumation de Yaakov Shalom, tué dans un attentat terroriste à Bnei Brak, le 30 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le fils de Shalom, Uriel, a déclaré lors de l’inhumation que son père était « un homme sage, aimant et attentionné ».

« Il y a un an et demi, nous étions ici et nous pleurions ton père, feu le rabbin Meir, et nous ne pouvions pas seulement imaginer que nous reviendrions aussi rapidement », a dit Moshe Bashari, beau-frère du défunt, dans son éloge funèbre, selon le site d’information Srugim. « Son respect pour ses parents étaient exceptionnel ; quand sa mère avait besoin de quelque chose, il venait toujours, même au milieu de la nuit et il s’exécutait avec joie ».

Le leader du Shas, Aryeh Deri, et le député d’extrême-droite Itamar Ben-Gvi ont assisté à l’enterrement de Yehezkel, même s’il est difficile de dire si ce dernier était un proche de la famille.

Selon Walla, la municipalité de Bnei Brak, consciente des tensions croissantes, aurait fait savoir qu’elle avait demandé aux politiciens de toute la sphère politique de s’abstenir de venir aux cérémonies de funérailles qui seraient dirigées par les responsables religieux et par des représentants de la mairie.

L’inhumation de Khoury, le policier arabe israélien tué lors d’un échange de coups de feu avec le terroriste, doit avoir lieu jeudi à Nof Hagalil.

Selon la Douzième chaîne, une délégation haredi de Bnei Brak devrait assister à ces funérailles en signe de respect et de gratitude.

Trois des victimes de l’attentat meurtrier de Bnei Brak, commis le 29 mars 2022, avec de gauche à droite : Amir Khoury, Yaakov Shalom et Avishai Yehezkel (Autorisation)

Khoury, un Arabe israélien de Nof Hagalil, une ville située dans le nord du pays, était policier motocycliste rattaché au commissariat de Bnei Brak.

Khoury s’était rendu sur les lieux de la fusillade en compagnie de deux autres motards qui ont finalement tué le terroriste, mettant un terme à sa folie meurtrière.

Khoury avait été blessé lors des échanges de coups de feu avec le tireur. Sa mort avait été prononcée après son évacuation en urgence, dans un état critique, à l’hôpital Beilinson.

Selon le site d’information Ynet, le père de Khoury, lui-même ancien policier, avait envoyé à son fils un message texto dès qu’il avait entendu les premières informations portant sur l’attaque de Bnei Brak.

« Que se passe-t-il à Bnei Brak ? Dis-moi si tout va bien pour toi », avait-il écrit. Après deux heures sans réponse de son fils, le père avait écrit : « Amir, dis-moi quelque chose ».

Khoury, un Arabe israélien chrétien, laisse derrière lui ses parents et deux sœurs.

Shani, sa petite amie, a déclaré à la chaîne Kan que Khoury était un héros et que tous les deux avaient espéré pouvoir se marier.

Des bénévoles de la Zaka nettoient le sang dans une rue où un homme armé a ouvert le feu, tuant cinq personnes au total, à Bnei Brak, le 29 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

« C’était un guerrier, il est depuis toujours l’amour de ma vie. Il disait qu’il ferait attention à ce qu’il ne lui arrive rien, il disait que rien ne pouvait lui arriver. Il n’avait peur de rien. Il était le premier à arriver quand il se passait quelque chose. C’est un héros », a-t-elle déclaré.

« Cela faisait sept ans que nous étions ensemble et nous voulions nous marier – il rêvait d’avoir une maison. Il était la meilleure personne au monde, la plus humble aussi. Il ne parlait jamais de lui », a-t-elle continué.

« La nuit dernière, on avait parlé. Il m’avait averti que bientôt, ce serait la journée de la Terre. Je lui ai répondu que le temps passerait rapidement et que je l’attendrais chez lui à la fin de son service », a-t-elle poursuivi, faisant référence à la date-anniversaire de l’expropriation, par le gouvernement israélien, de terres qui appartenaient à des Arabes en Galilée le 30 mars 1976 et des manifestations qui avaient suivi, au cours desquelles six Arabes israéliens avaient été tués.

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