Hormis Tel Aviv et Jérusalem : D’autres villes veulent accueillir les olim
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Hormis Tel Aviv et Jérusalem : D’autres villes veulent accueillir les olim

A la conférence de Nefesh B'Nefesh, des représentants de 40 villes hors du centre d'Israël ont présenté des logements moins chers et le sens de la communauté

De nouveaux immigrants à une conférence de Jérusalem sur les communautés disponibles d'Israël au mois de novembre 2017 (Crédit :  Yonit Schiller via JTA)
De nouveaux immigrants à une conférence de Jérusalem sur les communautés disponibles d'Israël au mois de novembre 2017 (Crédit : Yonit Schiller via JTA)

JTA — De nombreux Juifs qui s’installent en Israël n’ont d’yeux que pour Tel Aviv ou Jérusalem.

Que ce soit la richesse en start-ups de Tel Aviv, sa culture et ses plages ensoleillées ou l’histoire et la vie religieuse de Jérusalem, les nouveaux arrivants veulent être là où il se passe quelque chose. Mais aucune de ces deux villes n’est bon marché. Tel Aviv est l’une des municipalités les plus chères du monde et Jérusalem, de plus en plus peuplée, et tout en étant la ville la plus pauvre du pays, n’est pas loin derrière. Les prix du logement à Tel Aviv ont augmenté plus vite au cours de la dernière décennie que n’importe quelle autre ville dans le monde.

Ainsi, la semaine dernière, presque 400 nouveaux arrivants, originaires en majorité des communautés juives religieuses d’Amérique du nord, se sont rassemblés lors d’une conférence à Jérusalem pour explorer les villes israéliennes, même plus reculées. Les représentants de 40 localités ont fait des laïus et offert des arrangements. Le message général lors de ce « salon des communautés » organisé par le promoteur de l’immigration juive Nefesh B’Nefesh était simple : ‘La vie est moins chère et meilleure ailleurs’.

« Nous avons fait cela afin d’exposer aux olim [nouveaux immigrants] qu’il y a de nombreuses opportunités en Israël », a dit Rachel Berger, expert post-alyah de Nefesh BNefesh. « Il y a bien plus, et c’est plus important que vous n’en avez conscience ».

L’année dernière, 76 % des immigrants avec lesquels son organisation a travaillé se sont installés dans le centre du pays, avec un accès facile à Tel Aviv et à Jérusalem, tandis que 24 % sont allés plus loin vers le nord et le sud.

« Hors du centre du pays, vous avez des logements moins chers. Vous avez beaucoup de verdure », a expliqué Berger, « et vous retrouvez le sens de la communauté ».

Dans le salon d’un hôtel de Jérusalem, les personnes présentes à la conférence se sont déplacées parmi les tables installées par les représentants des communautés dans tout Israël et ils ont échangé des récits sur leurs existences en tant qu’immigrants dans le pays. Un grand nombre avaient atterri à Tel Aviv et à Jérusalem et cherchait des endroits plus abordables pour commencer ou agrandir leurs familles.

Cette conférence avait lieu dans le cadre d’une initiative conjointe appelée Go Beyond, initiée par Nefesh B’Nefesh et le Fonds national juif pour promouvoir l’intégration juive dans la périphérie ainsi qu’à Jérusalem.

Une vue des quartiers résidentiels de la ville du sud d’Israël d’Arad, située dans le désert du Negev, le 28 octobre 2014 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Katie et Joe, un couple né en Amérique du nord, à l’aube de la trentaine, se sont rencontrés et se sont mariés en Israël il y a plusieurs années. Ils ont expliqué qu’ils voulaient avoir des enfants et qu’ils en ont assez de leur appartement exigu dans cette ville.

« Nous avons une communauté à Jérusalem où presque tous nos amis se trouvent, mais ce n’est simplement plus durable parce que nous vivons tous dans des appartements deux-pièces », a déclaré Joe, qui a demandé que lui et sa femme ne soient pas identifiés par leurs noms de famille. « Personne ne veut vivre comme ça pour le restant de sa vie ».

« Je ne connais personne qui puisse se permettre d’acheter à Tel Aviv ou à Jérusalem », a ajouté Katie. « Même à la location, tout le monde tente de trouver quelque chose. Mais c’est dur ».

A Tel Aviv, l’appartement trois-pièces en moyenne coûte presque un million de dollars et le coût du logement a plus que doublé au cours de la dernière décennie.

Et ceci dans un pays où le coût de la vie est déjà plus de 50 % élevé que la moyenne des 35 pays de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques) et où une maison coûte plus de 12 années de salaire en moyenne.

Mais en dehors des grands villes – c’est encore plus le cas dans le nord et le sud du pays – l’argent offre des horizons supplémentaires.

Selon Nefesh BNefesh, à Katzrin, une ville du plateau du Golan, ou à Arad, une petite ville proche de la capitale du Negev, Beer sheva, on peut trouver un logement à un cinquième du prix du mètre carré pratiqué à Jérusalem. Nefesh BNefesh et le gouvernement offrent également des incitations financières particulières à ceux qui choisissent de vivre dans ce qu’on appelle la périphérie israélienne ou les régions non-centrales.

Les représentants – parmi lesquels un grand nombre d’immigrants vétérans – ont tout de suite parlé de l’aspect abordable de leurs communautés au niveau financier, ils ont également vanté les autres avantages qu’offrent une petite ville.

Avigail Buki, née à Montréal, représentait Katzrin. Elle a expliqué qu’elle et son mari avaient payé la somme d’un peu plus de 400 000 dollars pour une habitation de 140 mètres-carrés avec un jardin, à l’arrière, qui domine le lac de Tibériade. Mais elle a ajouté que ce qui les a vraiment attachés à la communauté, c’est une atmosphère religieuse soudée, l’environnement naturel et de bonnes écoles orthodoxes pour les enfants.

« Si on avait choisi ailleurs, on aurait dû déménager parce que Katzrin était très exactement ce dont nous avions besoin », a-t-elle confié. « Les gens ne ferment pas leurs portes là-bas ».

Le mari de Buki, Yaron, a reconnu qu’il y a également des désavantages à vivre dans la périphérie. Il a noté que les déplacements dans le centre du pays – où se trouvent les meilleurs emplois – peuvent prendre des heures et qu’il y a relativement peu d’anglophones à qui parler. Et, a-t-il également averti, Katzrin est l’un des rares endroits en Israël où on peut avoir une – mauvaise – rencontre avec la faune sauvage.

« Si vous voulez être tué par un sanglier, venez à Katzrin », a-t-il plaisanté.

Une famille israélienne profite du panorama des cascades d’Ayit, à proximité de la ville israélienne de Katzrin, sur le plateau du Golan (Crédit : David Silverman/Getty Images)

Mais il a ajouté que la périphérie se développe rapidement – en partie grâce aux investissements du gouvernement – et que les compétences uniques des anglophones sont appréciées au sein des communautés où elles sont rares. Par exemple, son épouse est professeur d’anglais dans un lycée local.

Interrogé sur le fait que le plateau du Golan se trouve hors des frontières d’Israël reconnues à l’international et s’il considère cela comme un avantage ou un inconvénient, Buki a affirmé : « Tout ça, c’est Israël ».

En fait, de nombreuses communautés représentées à la conférence se situaient au-delà des frontières reconnues de l’Etat juif – sur le plateau du Golan, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Même si Jérusalem est la destination numéro deux des olim et la ville la plus peuplée d’Israël, elle reste également contestée – certains quartiers plus que d’autres. Israël comme les Palestiniens revendiquent la ville comme leur capitale et elle possède une importante population arabe à Jérusalem-Est.

« Nous nous basons sur ce que le gouvernement d’Israël a déterminé être une mission nationale », a expliqué un porte-parole de Nefesh BNefesh.

Pour leur part, Katie et Joe ont indiqué avoir eu le coup de foudre pour une habitation située sur un territoire non disputé, dans un futur quartier de la ville de Keyrat, dans le sud du pays, qui tente d’attirer des Juifs orthodoxes anglophones comme eux. Un appartement de quatre-pièces de 110 mètres carrés dans un immeuble neuf, pour un prix un peu supérieur à 300 000 dollars. Joe pourra ainsi se rendre à Tel Aviv où il travaille dans une start-up dans le secteur du marketing, par le train, en un peu plus d’une demie heure, plus rapidement que son trajet actuel depuis Jérusalem.

Katie s’est enthousiasmée à la pensée de vivre avec des gens d’un milieu similaire, mais au sein d’une ville qui reflète la diversité de l’Etat juif. C’est alors qu’un agent immobilier, à la recherche de jeunes couples religieux pour s’installer à Kochav Yaakov, une communauté religieuse de Cisjordanie, l’interrompt.

« Si cela vous intéresse de vous installer dans une bonne communauté, vous pouvez venir nous voir », a-t-il dit. « C’est véritablement divers. Tout le monde est religieux, mais de manière différente ».

Après avoir poliment écouté le discours de l’agent, Katie a confié ne pas être convaincue.

« Je suis sûre que c’est une communauté adorable. J’aimerais y passer le Shabbat », a-t-elle dit. « Mais je veux que mes enfants puissent voir diverses personnes vivant de façon différente, pas seulement comme eux. C’est vraiment très important pour moi ».

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