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Hosni Moubarak condamné à 3 ans de prison pour corruption

Ses deux fils ont aussi été inculpés. L'ex-Raïs a aussi été jugé pour les massacres du mois d'aout

Hosni Moubarak (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hosni Moubarak (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’ancien président égyptien Hosni Moubarak a été condamné mercredi à trois ans de prison pour avoir détourné des fonds publics, trois ans et demi après qu’une révolte populaire eut mis fin à ses 30 années de pouvoir sans partage.

M. Moubarak, 86 ans, qui avait longtemps assisté à ses procès étendu sur une civière, était mercredi assis dans un fauteuil roulant, au côté de six co-accusés, dans un box grillagé.

Ses deux fils Gamal et Alaa ont été condamnés à quatre ans de prison dans la même affaire, tandis que les quatre autres accusés ont été acquittés.

L’ex-« Raïs » était jugé en première instance par un tribunal du Caire pour corruption, accusé d’avoir détourné plus de 100 millions de livres égyptiennes (10 millions d’euros) du budget des palais présidentiels.

Il est également jugé dans un autre procès pour la mort de manifestants lors de la révolte qui l’a contraint à quitter le pouvoir début 2011.

Pour ce chef d’accusation de « complicité de meurtre », il encourt la prison à vie, la peine à laquelle il avait été condamné en première instance en juin 2012, avant que la Cour de Cassation n’ordonne qu’il soit rejugé.

Les procès de M. Moubarak, très médiatisés au départ, sont aujourd’hui éclipsés par ceux de son successeur l’islamiste Mohamed Morsi, seul président jamais élu démocratiquement en Egypte mais destitué il y a 11 mois par le chef de l’armée.

Morsi et la quasi-totalité des dirigeants de sa confrérie islamiste des Frères musulmans encourent la peine de mort dans divers procès, et le gouvernement dirigé de facto par l’armée mène une répression très sanglante contre ses partisans.

Hosni Moubarak, lui aussi ancien militaire qui succéda à Anouar el-Sadate assassiné en 1981, a régné d’une main de fer trente années durant sur le pays le plus peuplé du monde arabe, avant d’être renversé par une révolte populaire de 18 jours début janvier, dans la lignée des Printemps arabes.

Peuple propriétaire des biens publics

Contrairement à ses co-accusés vêtus de l’uniforme blanc des détenus, M. Moubarak comparaissait dans un costume civil sombre puisqu’il est censé être libre depuis qu’un tribunal a jugé en aoUt dernier qu’il avait dépassé la durée maximale de la détention préventive. Depuis, ce vieillard à la santé déclinante est assigné à résidence dans un hôpital militaire du Caire.

Condamné désormais, il est très probable que l’ex-président retourne en prison si sa santé le permet, même s’il peut se pourvoir en cassation là aussi.

Selon l’accusation, M. Moubarak et ses fils avaient utilisé ces fonds publics détournés pour acheter des propriétés. Il est également poursuivi pour d’autres accusations de corruption, avec ses enfants là encore, mais aucun procès n’a encore été fixé.

« C’est le peuple qui est propriétaire des biens publics », a tonné le juge présidant le tribunal mercredi.

Juger Moubarak et ses fils figurait parmi les principales demandes des Egyptiens qui se sont révoltés fin 2010 et début 2011, dans un Etat policier gangréné par la corruption.

Le conseil militaire qui avait assuré l’intérim du pouvoir entre sa chute et l’élection de M. Morsi s’était résolu, après avoir tergiversé, à l’arrêter dans sa luxueuse résidence de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la Mer Rouge, et à le transférer dans une prison du Caire.

Ce verdict est prononcé à cinq jours de l’élection présidentielle que le maréchal à la retraite Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée qui a destitué et fait arrêter Morsi le 3 juillet 2013, est assuré de remporter.

Il est extrêmement populaire depuis que le gouvernement intérimaire qu’il dirige de facto mène une répression extrêmement sanglante contre les partisans du président islamiste déchu, les Frères musulmans au premier chef, bête noire d’une grande majorité d’Egyptiens lassés par trois années de chaos qui ont suivi la chute de Moubarak.

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