« Il n’y a pas de coronavirus ! », dit un malade en se réveillant à l’hôpital
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« Il n’y a pas de coronavirus ! », dit un malade en se réveillant à l’hôpital

Alin Zaraabel prie pour la vie de son mari de 51 ans, dans un état grave depuis un mois, à la merci d'un virus dont ils doutaient tous deux de la réalité

David Vodiansky, (à droite), avec sa femme Alin Zaraabel. (Avec l'aimable autorisation d'Alin Zaraabel)
David Vodiansky, (à droite), avec sa femme Alin Zaraabel. (Avec l'aimable autorisation d'Alin Zaraabel)

En une seule matinée cette semaine, quatre patients sont morts dans le service coronavirus où David Vodiansky est hospitalisé depuis plus d’un mois. Sa femme explique que tout ce qu’elle peut faire, c’est prier.

Samedi, l’homme fêtera ses 52 ans, mais Alin Zaraabel s’est résignée à ne pas pouvoir les lui souhaiter, pas plus que ses deux enfants adolescents. Il est actuellement sous sédatif et sous assistance respiratoire.

L’interview qu’Alin Zaraabel a accordée, en larmes, au Times of Israël a eu lieu mardi au Centre médical de Galilée à Nahariya. Elle admet qu’elle et son mari étaient tous deux de grands sceptiques du coronavirus jusqu’au matin du 31 août, lorsqu’il a été transporté en urgence de leur maison de Maalot-Tarshiha à l’hôpital. Ils ne savent pas comment il a été contaminé.

« Je ne croyais tout simplement pas au coronavirus », a-t-elle déclaré. « Je pensais que c’était uniquement de la politique. J’étais sûre que c’était des bêtises, je grimaçais quand les gens en parlaient. »

Les effets du COVID-19, dont on sait qu’ils subsistent chez certains patients pendant de longues périodes, ne se sont pas dissipés chez son mari. Et bien que son état ne s’aggrave pas actuellement, il ne montre pas non plus d’amélioration notable.

« Les choses changent de jour en jour, parfois elles s’améliorent et parfois elles empirent », témoigne Alin Zaraabel, notant que les symptômes de son époux s’étendent au-delà des problèmes respiratoires. « Certains jours, ses reins fonctionnent bien, d’autres jours moins bien. »

Illustration : Un médecin avec un patient qui se plaint de problèmes respiratoires pendant la pandémie. (Drazen Zigic bu iSTock via Getty Images)

L’état de David Vodiansky est classé comme grave. Lorsqu’il est arrivé, placé sous sédatif, il ne savait pas où il était et, quand on le lui a dit, il a eu du mal à l’accepter.

« Quand ils ont réduit sa dose de sédatif et qu’il s’est réveillé, ils lui ont dit : ‘Savez-vous où vous êtes ? Vous êtes dans un service de coronavirus' », relate Alin Zaraabel. « Il a rétorqué : ‘Ce n’est pas possible, il n’y a pas de coronavirus, c’est juste de la politique.’ Ils lui ont répondu : ‘Alors, que faites-vous ici ?' »

La salle de contrôle du département coronavirus du Centre médical de Galilée. (Autorisation du Centre médical de Galilée)

David Vodiansky est un ingénieur en informatique. Il n’avait aucun problème de santé à part de l’hypertension artérielle.

« Le 30 août, nous sommes allés nous promener à Nahariya, nous avons passé une excellente journée, puis le soir, il a dit qu’il ressentait une pression dans sa poitrine », témoigne son épouse. « Puis, à 8 heures le lendemain matin, il avait du mal à respirer et nous avons appelé une ambulance. Il est depuis hospitalisé. »

« Il est aux soins intensifs spécialisés pour le coronavirus et je ne peux pas y aller – et de toute façon, il ne peut pas parler. Je parle juste aux infirmières, qui ont la gentillesse de m’expliquer, encore et encore, comment il va. Bien sûr, je suis inquiète. »

« Ça me tue de ne pas pouvoir l’aider. Je ne peux rien faire d’autre que de prier », confie-t-elle.

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