Implantations: Le New Jersey va retirer ses fonds d’Unilever et de Ben & Jerry’s
Rechercher

Implantations: Le New Jersey va retirer ses fonds d’Unilever et de Ben & Jerry’s

L'État, qui abrite le siège de la société mère du fabricant de crème glacée, lui donne 90 jours pour changer de cap après avoir conclu que la société a enfreint les lois anti-BDS

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des manifestants pro-israéliens manifestent à New York contre la marque Ben & Jerry's et son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)
Des manifestants pro-israéliens manifestent à New York contre la marque Ben & Jerry's et son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

WASHINGTON – Suivant les traces de l’Arizona, l’État du New Jersey a annoncé mardi qu’il pourrait désinvestir des fonds de Ben & Jerry’s, ainsi que de sa société mère, Unilever, en raison de la décision de la société de crème glacée de cesser ses ventes dans les implantations israéliennes, devenant ainsi le deuxième État américain à le faire.

Le directeur de la division des investissements du New Jersey a adressé une lettre au PDG d’Unilever, Alan Jope, au début du mois, pour l’informer que l’examen par l’État de la décision de boycott prise par Ben & Jerry’s en juillet avait abouti à la conclusion préliminaire que la société avait enfreint les lois locales exigeant le désinvestissement des entreprises qui boycottent Israël.

Bien que Ben & Jerry’s ait cherché à faire la différence entre Israël, où elle a exprimé son désir de poursuivre ses activités, et les « Territoires palestiniens occupés » qu’elle a déclaré vouloir boycotter, l’examen du New Jersey a déterminé que cette dernière position était assimilable à un boycott d’Israël selon la loi de l’État.

Ayant seulement tiré une conclusion préliminaire, les autorités du New Jersey ont donné à Unilever 90 jours pour convaincre Ben & Jerry’s de revenir sur son annonce avant que l’État ne procède au désinvestissement des actifs des fonds de pension.

Ces fonds de pension s’élèvent à 90 milliards de dollars dans le New Jersey, bien que l’on ignore actuellement quel pourcentage est investi dans Unilever, dont le siège social est situé dans l’État.

Le président-directeur général de la Fédération juive d’Amérique du Nord, Eric Fingerhut, s’est félicité de cette annonce, déclarant qu’elle « envoie un message fort selon lequel les boycotts et la discrimination à l’encontre d’Israël, l’allié fidèle de l’Amérique, sont inacceptables et ne servent qu’à saper la cause de la paix ».

Des pots de glace sur la chaîne de production chez Ben & Jerry’s Homemade Ice Cream à Waterbury, Vermont, le 23 mars 2010. (Crédit : AP Photo / Toby Talbot)

Plus tôt ce mois-ci, l’Arizona est devenu le premier État à cesser tout investissement de fonds publics dans Ben & Jerry’s parce que le boycott des implantations israéliennes récemment annoncé par le géant de la crème glacée enfreint les lois de l’État.

Les investissements de l’Arizona dans Unilever ont donc été réduits de 143 millions de dollars au 30 juin à seulement 50 millions de dollars mardi, et seront réduits à néant le 21 septembre, selon un communiqué.

Au total, 34 États exigent de leurs gouvernements qu’ils cessent de faire affaire avec des entreprises qui boycottent Israël – et 21 d’entre eux, comme l’Arizona, incluent le boycott des implantations en Cisjordanie dans leurs définitions.

Jusqu’à présent, au moins huit États ont déclenché des procédures d’examen similaires qui pourraient entraîner la cession de Ben & Jerry’s et d’Unilever. Outre l’Arizona, New York, Rhode Island, le New Jersey, la Floride, le Texas, l’Illinois et le Maryland ont lancé des procédures formelles.

La décision de la société de crème glacée, annoncée en juillet dernier, de cesser de vendre ses produits dans ce qu’elle a appelé le « Territoire palestinien occupé », vraisemblablement la Cisjordanie et Jérusalem-Est, a déclenché des réactions virulentes. Ben & Jerry’s a déclaré qu’il romprait les liens avec son fabricant et distributeur israélien et mettrait fin aux ventes au-delà de la Ligne verte à partir de la fin 2022.

Unilever a déclaré espérer continuer à faire des affaires en Israël proprement dit, et affirmé son opposition au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, et les fondateurs de Ben & Jerry’s ont répété qu’ils n’approuvaient pas le BDS mais s’opposaient à « l’occupation illégale » par Israël. Cependant, il reste incertain si Ben & Jerry’s continuera ou non à être disponible en Israël lorsque l’interdiction entrera en vigueur à la fin de l’année prochaine, alors que la loi israélienne interdit la discrimination contre les citoyens israéliens des territoires.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...