L’Arizona retire ses fonds publics de Ben&Jerry’s qui boycotte les implantations
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L’Arizona retire ses fonds publics de Ben&Jerry’s qui boycotte les implantations

Le trésorier de l'État refuse que l'argent des contribuables serve à des “efforts antisémites et discriminatoires contre Israël”, dont 143 millions de $ à la société mère Unilever

Pots de crème glacée à l'usine Ben and Jerry's près de Kiryat Malakhi, le 21 juillet 2021. (Flash90)
Pots de crème glacée à l'usine Ben and Jerry's près de Kiryat Malakhi, le 21 juillet 2021. (Flash90)

L’Arizona a annoncé qu’elle cesserait tout investissement de fonds publics dans Ben and Jerry’s parce que le boycott des implantations israéliennes récemment annoncé par le géant de la crème glacée enfreint les lois de l’État. C’est le premier État américain à prendre de telles mesures, mais sept autres États ont lancé des procédures d’examen qui pourraient conduire à des résultats similaires.

La mesure s’appliquera également à la société mère Unilever, a déclaré mardi la trésorière de l’État, Kimberly Yee, ce qui représente le retrait de 143 millions de dollars d’investissements de la société multinationale de biens de consommation.

« En tant que trésorier de l’Arizona, j’ai retiré tous les fonds publics de Ben & Jerry’s à cause de son boycott d’Israël », a tweeté Yee. « Israël est et continuera d’être un partenaire commercial majeur de l’Arizona. »

« Je suis solidaire d’Israël et je ne permettrai pas que l’argent des contribuables serve à des efforts antisémites et discriminatoires contre Israël », a-t-elle écrit.

Dans une déclaration de son bureau, Yee a expliqué avoir « donné à Unilever PLC, la société mère de Ben & Jerry’s, un ultimatum : annuler l’action de Ben & Jerry’s ou se départir de Ben & Jerry’s pour se conformer à la loi de l’Arizona, ou assumer les conséquences. C’est ce qu’ils ont choisi. »

Les investissements de l’Arizona dans Unilever ont donc été réduits de 143 millions de dollars au 30 juin à seulement 50 millions de dollars mardi, et seront réduits à néant le 21 septembre, selon le communiqué.

« Peu importe le montant des investissements d’Unilever PLC en Israël, avec la décision de Ben & Jerry de ne plus vendre ses produits en Cisjordanie, les entreprises enfreignent la loi en Arizona », a ajouté Yee. « L’Arizona ne fera pas affaire avec des entreprises qui tentent de saper l’économie d’Israël et qui méprisent ouvertement la loi de l’Arizona. »

Kimberly Yee, alors sénatrice républicaine d’Arizona, au Capitole de Phoenix, le 6 mai 2016. (Bob Christie / AP)

La semaine dernière, Yee a envoyé une lettre à Unilever l’avertissant qu’en violation de la loi de l’Arizona, elle participait à un boycott d’Israël en autorisant sa filiale Ben and Jerry’s à imposer un embargo à l’État juif.

En vertu de la loi de l’Arizona, l’État ne peut faire des affaires avec aucune personne ou entreprise qui boycotte Israël, ce qui inclut la limitation des opérations commerciales en Israël ou sur un territoire contrôlé par Israël, souligne la lettre.

Unilever a répondu à l’État d’Arizona que la décision de Ben et Jerry’s ne représentait pas une adhésion au mouvement pro-palestinien de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre Israël, a rapporté mardi le site AZ Central.

Au total, 34 États exigent de leurs gouvernements qu’ils cessent de faire affaire avec des entreprises qui boycottent Israël – et 21 d’entre eux, comme l’Arizona, incluent le boycott des implantations en Cisjordanie dans leurs définitions.

Jusqu’à présent, on sait que huit États ont déclenché des procédures d’examen similaires qui pourraient entraîner la cession de Ben & Jerry’s et d’Unilever. Outre l’Arizona, New York, Rhode Island, le New Jersey, la Floride, le Texas, l’Illinois et le Maryland ont lancé des procédures formelles.

La décision de la société de crème glacée, annoncée en juillet dernier, de cesser de vendre ses produits dans ce qu’elle a appelé le « Territoire palestinien occupé », vraisemblablement la Cisjordanie et Jérusalem-Est, a déclenché des réactions virulentes. Ben & Jerry’s a déclaré qu’il romprait les liens avec son fabricant et distributeur israélien et mettrait fin aux ventes au-delà de la Ligne verte à partir de la fin 2022.

Unilever a déclaré espérer continuer à faire des affaires en Israël proprement dit, et affirmé son opposition au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, et les fondateurs de Ben & Jerry’s ont répété qu’ils n’approuvaient pas le BDS mais s’opposaient à « l’occupation illégale » d’Israël. Cependant, on ignore si Ben & Jerry’s continuera d’être disponible en Israël lorsque l’interdiction entrera en vigueur à la fin de l’année prochaine, car la loi israélienne interdit la discrimination contre les citoyens israéliens dans les territoires.

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