« Impossible » de contrôler la foule de Palestiniens qui travaillent dans Barkan
Rechercher

« Impossible » de contrôler la foule de Palestiniens qui travaillent dans Barkan

Alors que les autorités tentent de savoir comment l'arme à feu a pu être introduite dans la zone industrielle, un chef de la sécurité souligne qu'il y a trop d'employés à contrôler

Les forces de sécurité israélienne sur les lieux d'un attentat à l'arme à feu dans la zone industrielle de Barkan, en Cisjordanie, le 7 octobre 2018 (Crédit : Flash90)
Les forces de sécurité israélienne sur les lieux d'un attentat à l'arme à feu dans la zone industrielle de Barkan, en Cisjordanie, le 7 octobre 2018 (Crédit : Flash90)

Israël ne peut pas effectuer un contrôle de sécurité complet sur les employés palestiniens qui pénètrent dans le parc industriel de Barkan, a déclaré un responsable de la sécurité lundi, au lendemain d’un attentat terroriste qui a fait trois victimes israéliennes, soit deux morts et un blessé. L’attaquant était parvenu à introduire un fusil qu’il avait fait entrer clandestinement dans ce complexe du nord de la Cisjordanie.

Le gardien de sécurité chargé d’inspecter les milliers d’employés palestiniens, dans la matinée de cet attentat brutal, a expliqué que les travailleurs étaient trop nombreux pour être contrôlés en seulement une heure, au début de chaque journée.

« Le détecteur de métaux émet en permanence un signal sonore et on ne peut rien y faire », a dit le gardien à la chaîne publique Kan.

« On réussit à peine à vérifier que tous les permis de travail ne sont pas des faux. Il nous est impossible de faire un contrôle de sécurité substantiel sur chaque employé ».

Le terroriste, Ashraf Walid Suleiman Naalowa, 23 ans, était en possession d’un permis de travail valide. Il a fait entrer l’arme utilisée lors de la fusillade cachée dans son sac à dos, qui n’a pas été inspecté.

Dimanche matin, Ashraf Walid Suleiman Naalowa, 23 ans, est entré dans les bureaux de l’Alon Group, dans la zone industrielle Barkan, à proximité de la ville-implantation d’Ariel, armé d’un fusil artisanal de type Carlo, selon les militaires israéliens.

A l’intérieur, le tireur a ligoté Kim Levengrond Yehezkel, 28 ans, avant de la fusiller à bout portant. Il a ensuite blessé une seconde femme à l’estomac qui se trouve actuellement dans un état modéré. Puis il a ouvert le feu et tué Ziv Hajbi, 35 ans.

Les soldats israéliens participent à des opérations dans le village de Cisjordanie de Shuweika, à la recherche d’un terroriste de la ville qui a tué deux Israéliens et blessé un troisième, le 7 octobre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Le suspect, originaire du village de Shuweika, situé à proximité de Tulkarem, a fui les lieux de l’attentat, déclenchant une chasse à l’homme importante dans la zone et le déploiement de soldats supplémentaires en Cisjordanie pour éviter la répétition de telles attaques, comme cela survient souvent dans le cas de ce type d’attentats.

L’armée a lancé une enquête sur cet échec sécuritaire, vérifiant si la firme de sécurité privée employée par l’Etat pour sécuriser la zone industrielle s’est bien conformée aux directives des militaires. Elle déterminera également si ces règles sont suffisantes.

De plus, l’enquête vérifiera si le terroriste avait l’intention de prendre Levengrond Yehezkel, dont il avait ligoté les mains, en otage.

Levengrond Yehezkel était secrétaire du directeur-général tandis que Hajbi travaillait au service de comptabilité. Naalowa était employé à l’Alon Group à un poste d’électricien.

Kim Levengrond Yehezkel, 29 ans (à gauche) et Ziv Hajbi, 35 ans, tués dans un attentat terroriste dans la zone industrielle Barkan en Cisjordanie, le 7 octobre 2018 (Capture d’écran : Facebook)

Levengrond Yehezkel a été enterrée dans sa ville natale de Rosh Haayin, dans le centre d’Israël, à 22 heures, dimanche. Elle laisse derrière elle son époux et un bébé.

L’inhumation de Hajbi, père de trois enfants, aura lieu lundi à 14 heures dans la communauté de Nir Yisrael, dans le sud du pays.

Les entreprises du parc industriel de Barkan, situé à proximité de la ville-implantation d’Ariel, emploient environ 8 000 personnes, dont la moitié approximativement sont des Israéliens et l’autre des Palestiniens.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...