Incendies près du domicile de Netanyahu : les accusés assignés à résidence
Les quatre militants suspectés d'avoir incendié des bennes à ordures près de la résidence du Premier ministre demandent à être libérés et assignés à résidence

Quatre militants anti-gouvernement, soupçonnés d’avoir incendié des bennes à ordures près de la résidence du Premier ministre, ont comparu dimanche devant le tribunal de Jérusalem après plusieurs semaines d’incarcération. Ils ont été libérés et assignés à résidence.
La décision a été rendue par le juge Mordechai Borstein au tribunal de district de Jérusalem. Les accusés resteront toutefois derrière les barreaux jusqu’à mardi, après que le ministère public a obtenu un sursis lui permettant de préparer un recours devant la Cour suprême.
Les accusés — le lieutenant-colonel (à la retraite) Amos Doron, 60 ans, Shmuel Reuveni, 57 ans, Eyal Giller, 54 ans, et Mark Foigel, 57 ans — avaient été mis en examen le mois dernier pour incendie criminel, dommages matériels et entrave à la justice.
Les procureurs ont ainsi accusé trois des hommes d’avoir mis le feu à des bennes à ordures dans le quartier de Rehavia, à Jérusalem, lors d’une journée de manifestations massives en faveur du retour des otages. Foigal, le dernier inculpé, aurait organisé les attaques, a ajouté le parquet.
Les incendies avaient obligé les résidents à évacuer leurs habitations et ils avaient détruit une voiture garée à proximité. Les procureurs ont estimé que ces agissements avaient été coordonnés dans le but de créer un « cercle de feu » autour du domicile du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Escortés par des gardiens de prison, les quatre hommes sont entrés dans la salle d’audience, les menottes aux poignets, aux environs de 14 heures. L’audience a duré environ deux heures. Les membres des famille des accusés et la députée Naama Lazimi, élue sous l’étiquette des Démocrates et fervente partisane du mouvement de protestation anti-gouvernemental, étaient présents.
Four anti-government activists, in detention now nearly two months for setting fire to dumpsters outside Netanyahu's house, arrive in Jerusalem District Court where judge will rule on their release pic.twitter.com/ALlnwHS5Le
— charlie summers (@cbsu03) October 26, 2025
Le bureau du procureur de l’État a demandé que trois des quatre accusés soient placés en résidence surveillée sous contrôle électronique – à l’exception de Foigel, dont le maintien en détention a été réclamé par le parquet qui a fait remarquer son rôle dans la planification de l’incendie criminel, le qualifiant « de principal acteur » dans le cadre de l’incident.
Représentant l’accusation, l’avocat Assaf Swissa a indiqué que les faits ne correspondaient pas à « un cas classique d’incendie criminel visant une poubelle ou une autoroute éloignée, ni un cas classique de manifestation ou de trouble à l’ordre public » mais que les quatre hommes avaient tenté, de manière soigneusement planifiée, de menacer l’autorité de l’État.
Borstein a partagé le même point de vue, estimant que les quatre individus étaient « des extrémistes parmi les extrémistes ». Il a toutefois noté que le service de probation, après avoir examiné les dossiers des accusés, avait conclu qu’il n’y avait aucun danger à remettre en liberté à domicile, sous serveillance.
Le juge a accepté l’argument qui a été soumis par l’un des avocats des suspects, Nir Alfasa, qui a affirmé que le retour des 20 otages encore en vie en Israël avait créé une situation différente, au niveau politique, de celle qui prévalait un mois auparavant, réduisant ainsi le risque d’une récidive lors de futurs mouvements de protestation.
« La détention n’est pas une mesure punitive, même s’il s’agit de manifestants qui ont commis une erreur et qui ont commis une infraction qui a dépassé les limites d’un simple rassemblement de protestation », a commenté Alfasa après l’audience. « Il est très facile de conclure qu’ils ne constituent pas un danger pour la paix publique et qu’il est possible de les libérer et de les placer en résidence surveillée ».
Deux des suspects avaient été appréhendés le 3 septembre, le jour de l’incident, tandis que les autres avaient été arrêtés deux semaines plus tard. Ils sont restés incarcérés depuis.
Les détenus avaient ensuite été transférés de la prison de Nitzan, à Ramle, à la prison de Hadarim, dans le centre d’Israël. La prolongation de la détention des accusés avait entraîné les protestations des opposants au gouvernement.
Représentant Foigel, Gaby Lasky, avocate, a interrogé la police sur sa décision de prolonger l’incarcération des suspects « spécifiquement dans ce cas ». Elle a fait référence aux incendies fréquents de poubelles qui sont allumés par les manifestants haredim lors des manifestations contre la conscription militaire.
« Non loin d’ici, dans le quartier de Geula, des gens brûlent des poubelles nuit après nuit pour une raison idéologique : afin d’échapper au service militaire, ce qui est exactement le contraire des personnes qui sont assises ici », a déclaré Lasky en désignant les accusés.
À la fin de l’audience, les membres des famille qui étaient réunis dans la salle se sont levés un par un. Ils ont promis de surveiller les accusés et d’appeler la police s’ils devaient contrevenir aux conditions de leur assignation à résidence.







