Indignée, Baharav-Miara quitte la réunion du cabinet sur les écoutes téléphoniques
Le chef de la police a décidé de ne pas se présenter à la réunion, en raison du refus d'Itamar Ben Gvir d'autoriser le chef des services de renseignement de la police, à y assister

Dimanche, la procureure générale, Gali Baharav-Miara, a quitté la réunion du cabinet après avoir appris qu’aucun représentant de la police ne serait présent lors d’une discussion prévue sur l’utilisation des technologies d’écoute téléphonique.
Baharav-Miara avait décidé d’assister à la réunion, convoquée à l’initiative du ministre de la Justice, Yariv Levin, et avait insisté pour que le chef de la division des enquêtes et du renseignement de la police, Boaz Blatt, soit présent en tant que responsable compétent pour discuter de la question.
Cependant, selon la presse israélienne, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a refusé d’autoriser Blatt à assister à l’audience. Cela a conduit Baharav-Miara à quitter l’audience avant même qu’elle ne commence, suivie du procureur de l’État, Amit Aisman.
Selon Ynet, le chef de la police israélienne Daniel Levy était également en route pour la réunion du cabinet, mais a décidé de ne pas se présenter lorsqu’il a appris que Blatt s’était vu refuser l’entrée.
Par la suite, les ministres du gouvernement auraient été informés que la question des écoutes téléphoniques ne figurait plus à l’ordre du jour de la prochaine réunion du cabinet, sans qu’aucune explication ne soit fournie pour justifier ce changement.
Selon Ynet, des sources accusent le gouvernement de tenter d’organiser « un débat politique vide de sens » sur la question, en refusant de permettre aux responsables des forces de l’ordre concernés d’y participer.
« On ne peut pas tenir une audience professionnelle sur les écoutes téléphoniques sans permettre au chef de la police ou aux hauts responsables de la police chargés de cette question d’y participer », ont déclaré ces sources.
Baharav-Miara affirme que l’enquête sur les écoutes téléphoniques vise à enfreindre la loi
Le gouvernement et la procureure générale sont en désaccord depuis le mois d’août 2023 au sujet de la décision de créer une commission d’enquête gouvernementale sur l’utilisation de logiciels espions et d’écoutes téléphoniques par les forces de l’ordre à l’encontre de citoyens israéliens et de responsables gouvernementaux.
Il s’agit de l’un des nombreux différends entre divers ministres et Baharav-Miara, que le gouvernement cherche à démettre de ses fonctions.
Selon Baharav-Miara, la commission chercherait à examiner certains aspects des enquêtes menées sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui ont conduit à son inculpation et à son procès en cours, ce qu’elle juge illégal.
Le gouvernement a fermement rejeté l’affirmation selon laquelle l’enquête interférerait avec une procédure judiciaire en cours et a accusé la procureure générale de saboter l’enquête.
Ce fiasco fait suite à la démission des membres de la commission d’enquête
Au début du mois, le responsable de l’enquête et deux autres membres ont démissionné de leurs fonctions, affirmant que les responsables de l’application de la loi « avaient refusé de fournir les informations demandées, empêché l’interrogatoire de témoins importants et même évité les discussions visant à parvenir à un accord ».
Les enquêteurs démissionnaires, à savoir le juge à la retraite Moshe Drori, Inbal Rubenstein et Shalom Ben Hanan, ont écrit qu’ils ne seraient pas en mesure de « fournir au public un compte-rendu fiable et complet » de l’affaire.
« Nous regrettons que, en raison des circonstances créées [par l’obstruction], nous ayons été empêchés de contribuer à la défense du droit à la vie privée des citoyens israéliens, comme cela nous avait été demandé », ont-ils écrit dans leur lettre adressée au ministre de la Justice, Levin.







