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Indonésie: prison à vie pour un enseignant coupable du viol de 13 élèves

Herry Wirawan a été reconnu coupable d'avoir violé de façon répétée 13 adolescentes, toutes mineures et élèves du pensionnat islamique qu'il a cofondé

L'enseignant indonésien Herry Wirawan (C) est escorté avant son procès au tribunal de Bandung, dans l'ouest de Java, le 15 février 2022, où il a ensuite été condamné à la prison à vie pour le viol de 13 élèves, toutes mineures. (Crédit : TIMUR MATAHARI / AFP)
L'enseignant indonésien Herry Wirawan (C) est escorté avant son procès au tribunal de Bandung, dans l'ouest de Java, le 15 février 2022, où il a ensuite été condamné à la prison à vie pour le viol de 13 élèves, toutes mineures. (Crédit : TIMUR MATAHARI / AFP)

Un tribunal indonésien a condamné à la prison à vie mardi un enseignant pour les viols de 13 élèves, dans une affaire qui met en lumière un problème d’agressions sexuelles dans des écoles confessionnelles du pays d’Asie du Sud-Est.

Herry Wirawan a été reconnu coupable d’avoir violé de façon répétée 13 adolescentes, toutes mineures et qui ont ensuite donné naissance à neuf enfants, par un tribunal de Bandung dans la province de Java occidental.

Le parquet avait requis la peine de mort et une castration chimique dans cette affaire qui avait provoqué une vague d’indignation dans le pays.

L’accusé a été « jugé coupable d’avoir forcé des enfants à avoir des relations sexuelles avec lui alors qu’il était leur enseignant » et « est condamné à la prison à vie », a déclaré le juge principal Yohannes Purnomo Suryo Adi.

Les victimes, dont la plupart venaient de familles pauvres et vivaient dans le pensionnat islamique qu’il a co-fondé, ont subi ces agressions sur une période de cinq ans, a révélé le procès.

C’est une plainte déposée l’an dernier à la police par les parents d’une élève enceinte qui avait déclenché l’enquête dans l’école et mis au jour les nombreuses agressions sur les élèves.

L’enseignant, âgé de 36 ans, a gardé la tête baissée en écoutant le verdict des trois juges.

Il avait précédemment appelé les juges à la clémence, disant vouloir élever ses enfants, selon son avocat.

L’enseignant indonésien Herry Wirawan pendant son procès au tribunal de Bandung, dans l’ouest de Java, le 15 février 2022, où il a ensuite été condamné à la prison à vie pour le viol de 13 élèves, toutes mineures. (Crédit : TIMUR MATAHARI / AFP)

Agressions récurrentes

Les juges ont précisé que les dommages aux victimes seraient payés par les autorités.

Le président de la Commission nationale pour la protection des enfants, M. Susanto, interrogé par l’AFP, a estimé que « la justice avait été rendue ».

Mais un proche d’une des victimes s’est déclaré « très déçu » par le verdict trop clément à ses yeux.

« Cette blessure ne sera jamais guérie, aussi longtemps que nous vivons (…) la douleur que nous ressentons est indescriptible », a indiqué Hidmat Dijaya, l’oncle d’une des treize jeunes victimes, à l’AFP.

« Avec une sentence aussi faible », il y a un risque que « d’autres enseignants d’écoles islamiques agressent des enfants », a-t-il dit.

L’Indonésie, plus grand pays musulman au monde, compte quelque 25.000 pensionnats islamiques, ou « pesantren », où près de cinq millions de jeunes étudient et habitent.

L’enseignement y est souvent très strict, les élèves suivent un enseignement classique pendant la journée et étudient le Coran dans la soirée.

Mais le procès de Bandung a mis en lumière un problème d’agressions sexuelles dans certains de ces établissements, avec 14 cas signalés l’an dernier sur 18 concernant des pensionnats islamiques, selon la Commission nationale pour la protection des enfants.

L’an dernier, deux enseignants d’un pensionnat du Sud de l’île de Sumatra ont été arrêtés pour des agressions sexuelles sur 26 garçons pendant l’année.

En 2020, le responsable d’un pensionnat de Java oriental a été condamné à 15 ans de prison pour des agressions sexuelles sur 15 étudiantes.

Le président indonésien Joko Widodo a appelé le mois dernier le Parlement à voter une loi sur « l’élimination des violences sexuelles » visant à prévenir les crimes sexuels et à garantir l’accès à la justice des victimes, y compris dans les cas de viol dans le mariage.

La loi est en projet depuis 2016 mais son examen a subi de nombreux retards du fait que des groupes religieux se plaignent qu’elle favoriserait la promiscuité sexuelle, tandis que des députés conservateurs demandent que les relations sexuelles hors mariage ou entre personnes du même sexe soient rendues illégales.

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