Injures antisémites contre Alain Finkielkraut : 6 mois avec sursis requis
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Injures antisémites contre Alain Finkielkraut : 6 mois avec sursis requis

Dans des explications parfois confuses, ce vendeur en téléphonie en Alsace a dit avoir, à la vue du philosophe, été aiguillonné par sa "cause de coeur", "la cause palestinienne"

Le parquet de Paris a requis mercredi six mois de prison avec sursis contre un « gilet jaune » jugé pour avoir proféré des injures antisémites contre le philosophe Alain Finkielkraut en marge d’une manifestation parisienne du mouvement en février.

Il s’agit là d’une « véritable et rapide démonstration de haine et d’antisémitisme », a lancé la procureure, dénonçant « un antisémitisme qui se cache derrière un antisionisme ».

Le philosophe avait été violemment invectivé par des manifestants en marge de l’acte 14 du mouvement, le 16 février. La scène avait suscité une vague de condamnations au sein de la classe politique.

Le prévenu, l’homme le plus reconnaissable sur les vidéos qui ont circulé, s’était notamment écrié : « Espèce de sioniste », « grosse merde », « elle est à nous, la France », ou encore « sale race » ou « t’es un haineux et tu vas mourir, tu vas aller en enfer ».

Cet homme de 36 ans, cheveux ras, barbe et fines lunettes, a assuré avoir injurié le philosophe en raison de ses positions « sionistes » mais contesté le caractère antisémite de ces propos.

Dans des explications parfois confuses, ce vendeur en téléphonie en Alsace a expliqué avoir, à la vue du philosophe, été aiguillonné par sa « cause de coeur », « la cause palestinienne ».

« Je voulais lui dire mes prises de position », s’est-il justifié – sans s’excuser. Au sein des « gilets jaunes », « il y a des gens d’extrême gauche, d’extrême droite » mais ils « sont aussi contre le lobby sioniste » dont l’académicien est, selon lui, une figure de proue, a-t-il affirmé.

Alain Finkielkraut, qui ne s’est pas constitué partie civile, est finalement venu témoigner devant la 17ème chambre du tribunal correctionnel.

Se disant « sioniste » au sens large du terme tout en expliquant militer « depuis 1981 pour la solution à deux Etats », israélien et palestinien, l’académicien a estimé que « l’anti-sionisme peut dans certains cas être une forme d’antisémitisme : on veut coudre sur la poitrine des juifs non plus l’étoile jaune mais la croix gammée ».

Le jugement, ainsi que la décision du tribunal sur plusieurs recours de la défense, sera mis en délibéré.

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