Rechercher

Iran: l’entrée d’un stade de foot de nouveau interdite à des femmes

Les femmes iraniennes ont été autorisées à assister en janvier à un match de football de l'équipe nationale pour la première fois en près de trois ans

Des Iraniennes applaudissent lors d'un match de football entre leur équipe nationale et le Cambodge dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde 2022 au stade Azadi (Liberté) de Téhéran, en Iran, le 10 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/ Vahid Salemi)
Des Iraniennes applaudissent lors d'un match de football entre leur équipe nationale et le Cambodge dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde 2022 au stade Azadi (Liberté) de Téhéran, en Iran, le 10 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/ Vahid Salemi)

L’Iran a de nouveau refusé à des femmes l’entrée d’un stade de football pour assister au match entre les équipes nationales de leur pays et du Liban, ont rapporté des médias iraniens mercredi.

Le match, remporté par la sélection iranienne 2-0, s’est déroulé mardi soir au stade Imam Reza de la ville de Mashhad, dans le nord-est du pays.

« Environ 2 000 femmes iraniennes, qui avaient acheté des billets pour le match Iran-Liban, étaient présentes dans le périmètre du stade Imam Reza, mais n’ont pas pu entrer dans le stade », a indiqué l’agence de presse ISNA.

« Pour ce match, 12 500 billets avaient été vendus, dont 2 000 pour des femmes », a ajouté l’agence de presse.

« Je m’excuse que beaucoup de gens n’aient pas pu entrer dans le stade et regarder le match de football entre les équipes nationales d’Iran et du Liban », a déclaré Mohsen Davari, gouverneur de Mashhad, à la télévision publique iranienne IRIB.

« Malheureusement, il n’a pas été possible à un grand nombre de personnes à l’extérieur d’entrer dans le stade », a-t-il ajouté.

Face au tollé qu’a suscité cet incident, le président iranien Ebrahim Raissi a ordonné au ministre de l’Intérieur Ahmad Vahidi de suivre cette affaire.

Le nouveau président iranien Ebrahim Raissi salue les journalistes à la fin d’une conférence de presse à Téhéran, le 21 juin 2021. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Le capitaine de la « Team Melli », Alireza Jahanbakhsh, a déclaré mardi, selon l’IRIB: « Je ne pense pas que quelque chose se serait passé si les femmes étaient venues au stade, et cela peut au contraire favoriser notre culture ».

Pour sa part, le procureur général iranien Mohammad Jafar Montazeri a jugé mercredi à la radio que « si les conditions permettaient la vente de billet aux femmes, il fallait leur trouver un endroit adéquat ».

Les femmes iraniennes ont été autorisées à assister en janvier à un match de football de l’équipe nationale pour la première fois en près de trois ans lors des éliminatoires de la Coupe du monde entre l’Iran et l’Irak.

Depuis 40 ans, la république islamique interdit généralement aux spectatrices d’assister à des matchs de football.

Les religieux, qui jouent un rôle majeur dans la prise de décision, soutiennent que les femmes doivent être protégées de l’atmosphère masculine et de la vue des hommes en tenue de sport, et dont le corps est donc partiellement visible.

L’instance dirigeante du football mondial, la FIFA, a ordonné à l’Iran en septembre 2019 d’autoriser l’accès des femmes aux stades sans restriction.

La directive de la FIFA de 2019, qui menace de suspension l’Iran, était intervenue après la mort d’une supportrice qui s’était immolée par le feu de peur d’être emprisonnée pour avoir tenté d’assister à un match. En 2018, elle avait été arrêtée alors qu’elle tentait d’entrer dans un stade habillée en garçon.

Sa mort avait déclenché un tollé et beaucoup avaient appelé à ce que l’Iran soit interdit de compétition.

La FIFA faisait pression depuis des années pour que l’Iran ouvre ses stades aux femmes, mais Téhéran n’avait, jusqu’en 2019, autorisé qu’un nombre limité de femmes à assister à des matchs.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...