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Iran: nomination des expertes chargées d’enquêter sur les violations des droits humains

Les trois enquêtrices n'ont quasiment aucun espoir de pouvoir se rendre en Iran pour mener à bien leur mission

Des manifestants aux abords  de la résidence d'un diplomate iranien pour dénoncer le gouvernement et l'exécution récente d'un manifestant, le 10 décembre 2022. (Crédit :  Spencer Platt/Getty Images/AFP)
Des manifestants aux abords de la résidence d'un diplomate iranien pour dénoncer le gouvernement et l'exécution récente d'un manifestant, le 10 décembre 2022. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Trois femmes, une avocate du Bangladesh, une professeure de droit pakistanaise et une défenseuse des droits humains argentine, ont été nommées mardi par l’ONU pour enquêter sur la violente répression en Iran des manifestations pour les droits des Iraniennes.

Le président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Federico Villegas, a annoncé la nomination de Mme Sara Hossain, avocate auprès de la Cour suprême du Bangladesh et défenseuse des droits humains de longue date, et de Mme Shaheen Sardar Ali, une pakistanaise professeure de droit à l’université de Warwick au Royaume-Uni.

Viviana Krsticevic, pour sa part directrice du Center for Justice and International Law (CEJIL), qui est actif dans la défense des droits humains aux Amériques, vient compléter le trio.

Mme Hossain présidera, a souligné le communiqué de la présidence du CDH.

Les trois enquêtrices n’ont quasiment aucun espoir de pouvoir se rendre en Iran pour mener à bien leur mission, les autorités iraniennes s’étant opposées avec virulence à la mise en place de cette enquête internationale, votée le 24 novembre par les 47 membres du CDH.

Vingt-cinq pays, emmenés par l’Allemagne et l’Islande, avaient voté oui, six non (Arménie, Chine, Cuba, Erythrée, Pakistan et Venezuela) et 16 s’étaient sont abstenus.

Les trois femmes devront documenter la répression que livrent les autorités iraniennes ainsi que les violations des droits humains en vue d’éventuelles poursuites judiciaires contre les responsables, en Iran ou ailleurs dans le monde.

L’Iran connaît actuellement une vague de contestation sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979. Elle est née de revendications sur les droits des femmes après la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir mal porté le voile islamique, qui se sont muées en contestation du pouvoir.

Des Iraniens protestent contre la mort de Mahsa Amini, une femme de 22 ans, après avoir été arrêtée par la police des mœurs, à Téhéran, le 20 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Middle East Images, Archives)

L’Iran a annoncé 11 condamnations à la peine capitale pour implication dans des « émeutes », qu’il accuse des « ennemis étrangers », notamment les Etats-Unis et Israël, d’avoir fomentées.

Ces peines ont été prononcées après des violences parfois meurtrières, notamment contre les forces de sécurité.

D’après Amnesty, outre 11 personnes déjà condamnées, 15 sont inculpées d’infractions punies de la peine capitale. Des groupes de défense des droits humains estiment que les procédures judiciaires ont été bâclées et s’inquiètent d’aveux obtenus sous la torture.

Deux premières exécutions ont déjà eu lieu, celles de Mohsen Shekari le 8 décembre et de Majidreza Rahnavard le 12, tous deux âgés de 23 ans. Le dernier a été pendu en public.

Une photo de l’agence de presse israélienne Mizan montre l’exécution publique de Majidreza Rahnavard, à Mashdad, en Iran, le 12 décembre 2022. (Crédit : MIZAN NEWS / AFP)

Environ 14 000 personnes ont été arrêtées depuis mi-septembre, d’après l’ONU, et 469 manifestants ont été tués, estime l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo.

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