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Iran/nucléaire : Rouhani exhorte l’AIEA à « garder son indépendance »

Israël et les Américains "font pression sur l'agence pour enquêter sur quelque chose qui s'est passé il y a 20, 18 ans, manipulent l'agence et l'induisent en erreur", selon Téhéran

Photo d'illustration : Le drapeau iranien flotte sur l'usine nucléaire iranienne de Bushehr, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Photo d'illustration : Le drapeau iranien flotte sur l'usine nucléaire iranienne de Bushehr, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le président iranien Hassan Rouhani a mis mercredi en doute l’indépendance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après l’adoption par cette instance d’une résolution admonestant l’Iran pour son refus d’autoriser l’inspection de deux sites suspects.

Adoptée vendredi, cette résolution, présentée par Paris, Londres et Berlin, est le premier texte critique vis-à-vis de l’Iran depuis 2012.

Il appelle la République islamique à autoriser des inspecteurs de l’AIEA à accéder à deux sites, afin d’établir si oui ou non l’Iran y a mené des activités nucléaires non déclarées au début des années 2000.

Pour Rouhani, « le régime sioniste (Israël, NDLR) et les Américains font pression sur l’agence pour enquêter sur quelque chose qui s’est passé il y a 20, 18 ans. Ils manipulent l’agence et l’induisent en erreur ».

Le président iranien Hassan Rohani s’adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 25 septembre 2018. (Capture d’écran : YouTube).

« L’agence doit être capable de garder son indépendance », a-t-il déclaré, promettant que l’Iran continuerait de coopérer avec l’AIEA lors des « inspections légales », selon des propos tenus lors d’une réunion du gouvernement et retransmis à la télévision.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne « se sont salis sans raison » en coopérant sur le texte avec Israël et les Etats-Unis, a-t-il accusé.

« Nous ne nous attendions pas à cela de la part des Européens », a ajouté le président, tout en saluant la décision de la Chine et de la Russie de voter contre la résolution.

À ce stade, l’adoption du texte a avant tout une portée symbolique mais peut être le prélude à un transfert du contentieux devant le Conseil de sécurité de l’ONU, habilité à prendre des sanctions.

L’inspection des sites nucléaires iraniens par l’AIEA est un élément clé de cette coopération et de l’accord international de 2015, dont les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en mai 2018.

Ces vérifications de l’AIEA se déroulent sans entrave sur les installations nucléaires où la République islamique mène actuellement des activités d’enrichissement d’uranium. Mais elles se heurtent à la résistance des Iraniens sur deux sites plus anciens.

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