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Israël a frappé le programme nucléaire au cœur même de l’Iran – Yossi Cohen

L'ex-chef du Mossad a évoqué "d'innombrables opérations" en Iran et dans le monde et s'est exprimé sur l'accord nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances mondiales

L'ex-chef du Mossad s'exprime lors d'un événement en Suisse marquant le 125e anniversaire du Premier Congrès sioniste, le 29 août 2022. (Crédit : Yossi Zeliger)
L'ex-chef du Mossad s'exprime lors d'un événement en Suisse marquant le 125e anniversaire du Premier Congrès sioniste, le 29 août 2022. (Crédit : Yossi Zeliger)

L’ancien dirigeant du Mossad, Yossi Cohen, a déclaré lundi qu’Israël avait mené « d’innombrables opérations » contre le programme nucléaire iranien quand il était à la tête de l’agence d’espionnage. Il s’en est également pris à l’accord sur le nucléaire entre la République islamique et les puissances mondiales, dont la signature pourrait être imminente.

« Sans entrer dans de trop nombreux détails, je peux vous dire que le Mossad a remporté beaucoup de réussites dans sa lutte contre le programme nucléaire de l’Iran », a dit Cohen, qui s’exprimait en anglais, lors d’un événement organisé en Suisse à l’occasion du 125e anniversaire du Premier congrès sioniste. « Nous avons mené des opérations dans le monde et sur le sol iranien lui-même. Au cœur même du pays des ayatollahs. »

Il a évoqué l’opération qui avait permis de ramener en Israël des archives nucléaires iraniennes – une opération qui, a-t-il dit, a révélé l’ampleur des mensonges proférés par Téhéran sur la dimension militaire de son programme atomique.

Évoquant les pourparlers en cours sur l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les grandes puissances mondiales, Cohen a averti que l’État juif « continuera à faire tout ce qui sera nécessaire de faire » pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, et ce même si un pacte est signé.

« Nous ne permettrons jamais à un régime qui appelle à notre destruction de pouvoir poser le doigt sur le bouton nucléaire », a-t-il déclaré.

Le drapeau iranien flotte sur l’usine nucléaire Bushehr, en Iran, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

« L’Iran cherche à encercler Israël, depuis Gaza au sud jusqu’au Liban et à la Syrie, dans le nord. L’Iran finance, forme et arme des groupes terroristes comme le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique, leur permettant de tirer des milliers de roquettes en direction des civils israéliens », a continué Cohen.

« Jamais ce régime fanatique ne doit pouvoir obtenir la capacité d’accélérer la fabrication de son arme de destruction massive qui serait utilisée contre l’État juif », a-t-il noté.

L’Iran et les États-Unis ont échangé des réponses écrites, ces dernières semaines, sur les points les plus sensibles de la feuille de route qui permettrait de redonner vie à l’accord sur le nucléaire moribond, qui prévoit la levée des sanctions imposées à la république islamique en échange de la limitation du programme nucléaire de Téhéran dont les activités avancent rapidement. Le Premier ministre Yair Lapid a vivement critiqué l’accord qui semble émerger aujourd’hui, disant que les négociateurs laissent Téhéran manipuler les pourparlers en cours.

L’accord sur le nucléaire de 2015, connu officiellement sous le nom de JCPOA – Plan global d’action conjoint – avait offert un allègement des sanctions appliquées à l’Iran contre la réduction de son programme nucléaire pour garantir que le pays ne serait jamais en mesure de développer une arme atomique, un dessein que l’Iran a toujours nié.

Enrique Mora, un haut diplomate de l’Union européenne, à gauche, serre la main du principal négociateur nucléaire iranien Ali Bagheri Kani à Téhéran, en Iran, le 27 mars 2022. (Crédit: Ministère iranien des Affaires étrangères via l’AP)

L’ancien président américain Donald Trump avait retiré unilatéralement les États-Unis de l’accord en 2018, ouvrant la porte à plusieurs années de tensions croissantes.

Les négociations coordonnées par l’Union européenne sur la remise en vigueur du JCPOA avaient commencé au mois d’avril 2021 avant de tomber dans l’impasse au mois de mars et de reprendre au mois d’août. L’administration Biden n’a cessé d’affirmer de manière répétée que la diplomatie reste le meilleur moyen de résoudre la crise.

Cela fait longtemps qu’Israël s’oppose à la perspective d’un accord, affirmant que Téhéran cherche à fabriquer une arme nucléaire. L’État juif a diffusé des renseignements qui, selon lui, révèlent la nature réelle du programme d’armement iranien. De son côté, la république islamique nie toute mauvaise intention et répète que son programme est mené à des fins pacifiques, même si le pays a récemment fait des travaux d’enrichissement de l’uranium à des niveaux qui, selon les responsables internationaux, n’ont aucune utilité en matière d’usage civil.

L’AFP a contribué à cet article.

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