Israël à l’ONU : l’Iran a plus de 80 000 combattants en Syrie
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Israël à l’ONU : l’Iran a plus de 80 000 combattants en Syrie

Danny Danon a prévenu qu'Israël répondrait militairement pour empêcher Téhéran de fabriquer des bombes nucléaires

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une base militaire à l'extérieur de Damas, qui selon Israël, est utilisée par l'Iran pour entraîner et former des miliciens chiites (Crédit : Délégation israélienne auprès des Nations unies)
Une base militaire à l'extérieur de Damas, qui selon Israël, est utilisée par l'Iran pour entraîner et former des miliciens chiites (Crédit : Délégation israélienne auprès des Nations unies)

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies a présenté jeudi une photographie aérienne de ce qui serait une base iranienne à l’extérieur de Damas, qui selon lui, est utilisé par Téhéran pour entraîner des dizaines de milliers de combattants pour les milices qu’il soutient en Syrie.

« Il y a plus de 80 000 extrémistes dans l’ensemble du Moyen-Orient qui sont membres des milices chiites en Syrie sous le contrôle iranien », a déclaré Danny Danon au Conseil de sécurité de l’ONU.

L’image satellite montrait ce qui semblait être une installation militaire dans les montagnes au nord-ouest de la capitale syrienne.

La base sert d’ « installation centrale d’incorporation et de recrutement de l’Iran en Syrie », a déclaré Danon. L’ambassadeur n’a pas fourni d’éléments de preuve pour étayer ses dires.

« C’est dans cette base, à un peu plus de huit kilomètres de Damas, où ces dangereux extrémistes sont entraînés et à qui l’on assigne des missions de terreur dans toute la Syrie et la région », a-t-il poursuivi.

Israël n’avait jamais prétendu auparavant que ce site était une base iranienne.

Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

Dans son discours devant le Conseil de sécurité, Danon a également abordé l’échéance du 12 mai, date à laquelle le président américain Donald Trump doit décider si les Etats-Unis resteront partie prenante de l’accord nucléaire iranien, connu officiellement sous le nom de Plan global d’action conjoint.

Trump a exigé que des changements importants soient apportés à l’accord pour les États-Unis continuent à le respecter. L’Iran s’est opposé à tous les changements, et a indiqué qu’il ne sera pas lié par l’accord si les Etats-Unis ne le sont pas.

« Le président Trump est concentré sur ces changements importants parce qu’il sait que cela rendra le monde plus sûr. Tous les signataires de cet accord doivent maintenant faire un choix : soutenez-vous ces changements nécessaires ? Ou choisirez-vous de favoriser le régime iranien qui soutient la terreur et tente de prendre le contrôle du Moyen-Orient ? », s’est interrogé Danon.

L’ambassadeur a indiqué qu’Israël était prêt à prendre des mesures militaires si nécessaire pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

« Israël a une politique très claire et cela a été le cas depuis l’administration du Premier ministre Menachem Begin. Nous ne permettrons pas aux régimes qui cherchent notre destruction d’acquérir des armes nucléaires. Un point c’est tout », a-t-il asséné.

En vertu de cette politique, Israël a bombardé un réacteur nucléaire irakien en 1981 et un réacteur nucléaire syrien en 2007.

Un jeune Palestinien lors d’affrontements après une manifestation près de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Youness dans le sud de la bande de Gaza, le 1er avril 2018 (AFP / Said Khatib)

Danon a également commenté les récentes manifestations et affrontements le long de la frontière de Gaza, au cours desquels 40 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la Santé du Hamas.

« Israël a l’obligation de protéger nos citoyens et nous le ferons tout en minimisant les pertes civiles de l’autre côté, mais soyons clairs : Israël ne s’excusera jamais pour avoir défendu notre pays », a déclaré l’ambassadeur.

« C’est le Hamas qui est pleinement responsable de toutes les blessures et de toutes les morts palestiniennes qui ont résulté de ces incidents », a-t-il ajouté.

Au cours des derniers mois, les autorités israéliennes ont identifié un certain nombre de bases aériennes à travers la Syrie qui, selon elles, sont utilisées par les forces iraniennes. Cela semble être un effort coordonné pour dissuader l’Iran de mener une frappe de représailles contre Israël suite à une attaque contre une installation pour drone iranien dans le centre de la Syrie au début du mois, apparemment par Israël.

Une carte de la Syrie, fournie aux médias israéliens, le 17 avril 2018, montre les emplacements approximatifs de cinq bases qu’Israël pense être contrôlées par l’Iran. Ce sont l’aéroport international de Damas; la base aérienne de Sayqal; la base aérienne T-4; un aérodrome près d’Alep; et une base à Deir Ezzor. Leurs emplacements exacts sur la carte ne sont pas entièrement précis. La base de Sayqal, par exemple, est située à l’est de Damas, pas au sud de celle-ci comme elle apparaît sur la carte

La semaine dernière, par exemple, les médias israéliens ont reçu des forces de défense israéliennes une carte montrant cinq bases contrôlées par les Iraniens en Syrie, qui constitueraient apparemment des cibles potentielles pour une réponse israélienne au cas où l’Iran mènerait une attaque quelconque.

Des photographies satellites de certaines de ces bases ont également été fournies.

Les responsables iraniens ont fait des remarques de plus en plus belliqueuses après la frappe du 9 avril sur la base aérienne T-4, près de Palmyre dans le centre de la Syrie, qui a tué au moins sept membres du Corps des gardiens de la révolution iranienne, dont le colonel Mehdi Dehghan.

L’Iran, la Syrie, la Russie et certains responsables américains ont tous explicitement affirmé qu’Israël était responsable de la frappe. Les responsables israéliens refusent de commenter cette question.

Israël considère l’Iran, qui a juré de détruire l’Etat juif, comme son ennemi central dans la région. Les responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises qu’Israël ne permettra pas à l’Iran de se retrancher derrière la Syrie, la qualifiant de « ligne rouge » précisant qu’ils combattront militairement si nécessaire.

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