Israël arrête un ministre de l’AP à Jérusalem pour activités politiques
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Israël arrête un ministre de l’AP à Jérusalem pour activités politiques

Le gouverneur de Jérusalem de l'AP est recherché pour les mêmes faits ; pour un officiel palestinien, cette arrestation vise à empêcher "les activités sociales et culturelles"

Capture d'écran d'une vidéo montrant le ministre des Affaires de Jérusalem Fadi al-Hamadi (Capture d'écran : YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo montrant le ministre des Affaires de Jérusalem Fadi al-Hamadi (Capture d'écran : YouTube)

La police israélienne a fait savoir mercredi qu’elle avait arrêté le ministre des Affaires de Jérusalem de l’Autorité palestinienne (AP), Fadi al-Hadami, accusé d’avoir mené des activités politiques à Jérusalem-Est.

Les forces de l’ordre ont indiqué que Fadi al-Hadami aurait violé une loi interdisant à l’AP de se livrer à des activités politiques dans la ville sainte.

Le gouverneur de Jérusalem de l’AP, Adnan Ghaith, a été convoqué pour un interrogatoire autour des mêmes faits.

Adnan Husseini, un haut responsable palestinien, a déclaré que l’arrestation de Hadami avait pour objectif de mettre un terme à « toutes les activités sociales et culturelles ».

Un policier israélien aux côtés du gouverneur de Jérusalem de l’Autorité palestinienne, Adnan Gaith, au cours d’une apparition devant le tribunal suite à son arrestation à Jérusalem, le 29 novembre 2019 (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Des sources ont indiqué à Wafa, le site internet officiel de l’AP, que Hadami avait été interpelé lors d’une descente à son domicile au petit matin de la journée de mercredi, mais que lorsque les forces de l’ordre étaient arrivées à sa résidence de Jérusalem-Est, il n’était pas là. Les membres de sa famille ont alors reçu une convocation au nom de Ghaith et de son fils.

Hadami avait été placé en détention par les autorités israéliennes et libéré ultérieurement au mois de juin, après avoir été interrogé sur des activités qu’il aurait organisées dans la ville en violation des lois israéliennes.

L’avocat Mohannad Jbar avait alors clamé que cette arrestation était due à certaines initiatives de Hadami, qui avait notamment accompagné le président du Chili au cours d’une visite effectuée au complexe sensible de la mosquée al-Aqsa situé sur le mont du Temple, à Jérusalem.

Ghaith a été fréquemment placé en détention par le passé, soupçonné notamment d’incitation à la haine.

Il avait été aussi appréhendé au mois d’avril après une violation présumée d’une ordonnance qui lui avait été remise par les autorités, ont fait savoir la police et son avocat.

Ghaith et un second individu, qui serait son avocat, avaient été interpelés au mois de février, soupçonnés d’avoir violé la loi limitant les activités de l’AP à Jérusalem, ainsi que pour faux et usage de faux. Les autorités, selon certaines informations, enquêtaient alors sur le gouverneur à la suite de l’arrestation par Ramallah d’un ressortissant américano-palestinien accusé d’être impliqué dans la vente d’un bien immobilier à Jérusalem-Est à un Juif.

Par le passé, des tribunaux de l’AP ont condamné des Palestiniens à la peine capitale pour avoir cédé des terres à des Juifs. Aucune exécution n’a eu lieu cependant depuis 2005.

Au mois d’octobre dernier, Ghaith avait été placé en détention et interrogé pendant deux journées avant d’être libéré, l’agence de sécurité du Shin Bet évoquant des « activités illégales de la part de l’AP à Jérusalem », et il avait été appréhendé une nouvelle fois au mois de novembre.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une réunion des états-membres de la Ligue arabe au siège du groupe, au Caire, en Egypte, capitale de l’Égypte, le 21 avril 2019. (MOHAMED EL-SHAHED / AFP)

Mahmoud Abbas avait nommé Ghaith, un résident du quartier de Silwan à Jérusalem et militant de longue date du Fatah, au poste de gouverneur de Jérusalem de l’AP au mois d’août 2018. Ghaith est ainsi chargé de superviser les activités de l’AP dans les quartiers placés sous ses compétences en bordure et hors de Jérusalem.

Israël a capturé Jérusalem-Est à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en 1967, puis l’a ultérieurement annexé. La majorité de la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion, même si l’administration du président américain Donald Trump a été la première à le faire en 2017.

Israël ne permet presque pas à l’AP d’opérer à Jérusalem.

Le gouvernement israélien considère la totalité de Jérusalem comme sa capitale indivisible tandis que les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur Etat.

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