Israël aurait transféré des doses de vaccins à l’AP, les Palestiniens démentent
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Israël aurait transféré des doses de vaccins à l’AP, les Palestiniens démentent

Des centaines de rabbins ont signé une lettre affirmant qu'Israël a l'impératif moral de fournir des vaccins aux Palestiniens, en particulier à Gaza

Des doses du vaccin contre le coronavirus de Pfizer-Biotech dans un centre de vaccination à Magdeburg, à l'est de l'Allemagne, le 27 décembre 2020. (Crédit : Ronny Hartmann / POOL / AFP)
Des doses du vaccin contre le coronavirus de Pfizer-Biotech dans un centre de vaccination à Magdeburg, à l'est de l'Allemagne, le 27 décembre 2020. (Crédit : Ronny Hartmann / POOL / AFP)

Israël aurait secrètement transféré des dizaines de doses de vaccin contre le coronavirus à l’Autorité palestinienne (AP), selon un reportage diffusé mercredi par le radiodiffuseur public Kan.

Selon le reportage, les vaccins ont été livrés au début de la semaine après que l’AP a fait une demande pour des « cas humanitaires spéciaux ».

Une source palestinienne non nommée a déclaré à Kan que les vaccins n’avaient pas encore été utilisés, notant que le président de l’AP Mahmoud Abbas n’avait pas été vacciné.

Le ministère de la Santé de l’AP a démenti le reportage, déclarant à l’agence de presse officielle Wafa qu’une société israélienne non gouvernementale avait offert 20 doses d’un vaccin pour un essai, offre qui avait été rejetée.

Le haut responsable palestinien de la Santé, Oussama al-Najjar, a également démenti l’information, soulignant qu’il n’y avait « rien de nouveau » sur le front des vaccins.

Le reportage de Kan n’a pas précisé quelle marque de vaccin avait été transférée. Israël administre actuellement le vaccin Pfizer-BioNTech à ses citoyens, mais le ministère de la Santé de l’AP a déclaré par le passé qu’il serait difficile de stocker ce vaccin dans les conditions requises en dessous de zéro.

Les responsables de Ramallah ont également déclaré précédemment leur intention d’acheter des millions de doses du controversé vaccin Spoutnik V produit en Russie, qui, de l’avis général, n’a pas fait l’objet de tests de sécurité approfondis.

L’AP en Cisjordanie, qui compte quelque 2,8 millions de Palestiniens, est chargée de fournir des services de santé aux Palestiniens dans le cadre des accords d’Oslo et n’a pas demandé publiquement l’aide d’Israël pour l’achat de vaccins.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, où vivent environ deux millions de Palestiniens, est très peu susceptible de se coordonner publiquement avec Israël dans le cadre d’un quelconque effort de vaccination.

Un soignant palestinien effectue un dépistage pour le coronavirus dans un centre de santé à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 janvier 2020. (Crédit ; Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’AP a déclaré que les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza seront vaccinés dans le cadre du programme COVAX soutenu par les Nations unies. Le ministère de la Santé de l’AP a déclaré lundi qu’il s’attendait à recevoir ses premières doses de vaccin le mois prochain par le biais de COVAX.

Mercredi, Amnesty International a demandé à Israël de fournir des doses de vaccin contre le coronavirus aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. En outre, des centaines de rabbins de diverses confessions, organisés par les Rabbins pour les droits de l’homme, ont signé une lettre affirmant qu’Israël a l’impératif moral de fournir des vaccins aux Palestiniens, en particulier à Gaza.

Israël a commencé à vacciner ses citoyens le 19 décembre, en commençant par le personnel soignant et les plus de 60 ans, et a jusqu’à présent vacciné plus de 1,5 million de personnes.

Le ministère de la Santé de l’AP a confirmé jeudi qu’il y avait 7 315 cas de coronavirus actifs en Cisjordanie et 8 906 dans la bande de Gaza.

Un ambulancier du ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne désinfecte des travailleurs palestiniens pour aider à contenir l’épidémie de coronavirus, alors qu’ils sortent d’un poste de contrôle après leur retour du travail en Israël, près du village cisjordanien de Nilin, à l’ouest de Ramallah, le 7 avril 2020. (Crédit : Nasser Nasser / AP)

Depuis le début de la pandémie, 1 536 décès dus au COVID-19 ont été signalés à la fois à Gaza et en Cisjordanie.

Israël a annexé la Cisjordanie et la bande de Gaza lors de la guerre des six jours de 1967. Des dizaines de milliers de travailleurs palestiniens entrent quotidiennement en Israël depuis la Cisjordanie pour y travailler, la plupart d’entre eux travaillant dans la construction et l’agriculture.

Israël s’est complètement retiré de Gaza en 2005 mais, avec l’Égypte, maintient des restrictions sévères sur la bande de Gaza pour empêcher le Hamas – qui a mené trois guerres avec l’État juif depuis 2008 et appelle à la destruction d’Israël – d’importer des armes et des matériaux pour construire des fortifications.

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