Israël dément l’affirmation de l’AP qui dit que l’état juif serait responsable de la mort de 3 bébés de Gaza
Rechercher

Israël dément l’affirmation de l’AP qui dit que l’état juif serait responsable de la mort de 3 bébés de Gaza

Après que le Hamas a blâmé Abbas, Ramallah déclare qu'Israël a refusé des autorisations d'entrée aux familles des bébés. Israël soutient n'avoir reçu aucune demande

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Un bébé prématuré à l'hôpital de Khan Younis, dans la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Un bébé prématuré à l'hôpital de Khan Younis, dans la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Israël a nié mercredi avoir une quelconque responsabilité dans la mort de trois bébés décédés dans la bande de Gaza, affirmant n’avoir reçu aucune candidature demandant leur entrée au sein de l’état juif pour qu’ils puissent bénéficier d’une prise en charge médicale.

Au début de la semaine, trois enfants tous âgés de moins d’un an et souffrant de pathologies cardiaques, sont décédés dans des hôpitaux de Gaza.

Les dirigeants du Hamas, qui contrôlent l’enclave côtière, ont incriminé mardi l’Autorité palestinienne, disant que Ramallah avait refusé de donner des orientations médicales de façon à ce que les enfants soient soignés en Cisjordanie. L’AP a alors accusé Israël.

Le docteur Bassam al-Badri, directeur du département de l’AP responsable des autorisations de sortie de la bande délivrées pour raisons médicales aux habitants de Gaza, a clamé qu’Israël avait refusé d’octroyer des permis de sortie aux tuteurs des enfants.

Mais le coordinateur des Activités gouvernementales sur les Territoires (COGAT), la branche du ministère de la Défense chargée de gérer les affaires civiles palestiniennes, a fait savoir qu’aucune requête similaire n’avait été soumise.

« Aucune requête n’a été reçue de la part de l’Autorité palestinienne pour coordonner les traitements médicaux en Israël pour les trois bébés », a écrit le COGAT dans une déclaration au Times of Israël.

La déclaration souligne que dans les cas « où l’Autorité palestinienne envoie des demandes – et en particulier celles qualifiées d’urgentes – l’Administration de coordination et de liaison de Gaza coordonne le passage des malades immédiatement à chaque heure de la journée dans le but de sauver des vies ».

Entre lundi et mardi, Musab Bilal Araeer, Baraa Ghaben et Ibrahim Tbeil, tous âgés de moins d’un an, sont morts dans les hôpitaux de Gaza.

Des photos de Ghaben sont apparues sur les médias sociaux palestiniens.

Pour quitter Gaza et se rendre en Israël afin d’y suivre un traitement médical, ou pour recevoir des soins en Cisjordanie ou à l’étranger, les habitants de Gaza doivent au préalable obtenir une confirmation de l’AP stipulant qu’elle s’engagera à payer les frais inhérents au traitement.

L’AP paie pratiquement toutes les prises en charge médicales des résidents de Gaza lorsqu’ils quittent la bande.

L’AP met actuellement en place une série de mesures strictes qui ont pour objectif d’obliger le Hamas à céder le contrôle de l’enclave côtière, notamment en réduisant la quantité d’électricité fournie, les salaires gouvernementaux et les aides médicales apportées à la bande.

« Le comportement de Mahmoud Abbas, qui a cessé les orientations médicales nécessaires pour les malades de Gaza, et qui a mené au martyre d’un certain nombre d’enfants, constitue un crime contre l’humanité », a commenté Sami Abu Zurhi, porte-parole du Hamas, dans une déclaration sur Twitter.

« Il y a un certain nombre de tout jeunes bébés qui risquent de connaître le même destin funeste dans les heures à venir à l’hôpital de Shifa, ainsi qu’à l’hôpital pédiatrique d’al-Nasr et à l’hôpital pédiatrique al-Rantissi », a déclaré Yusuf Abu Rish, vice-ministre de la Santé de Gaza.

Un nouveau-né dans une couveuse en néonatalogie à l'hôpital Al-Shifa de Gaza Ville, le 23 avril 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Un nouveau-né dans une couveuse en néonatalogie à l’hôpital Al-Shifa de Gaza Ville, le 23 avril 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Le ministère de la Santé de Gaza et des groupes internationaux des droits médicaux ont affirmé que l’AP avait réduit de manière significative l’aide envoyée à la bande ainsi que les transferts des patients.

Plus de 1 600 malades à Gaza sont actuellement en attente d’une orientation médicale de l’AP en date du 25 juin, selon l’organisation médecins pour les droits de l’Homme – Israël (PHRI).

La porte-parole de PHRI Dana Moss a fait savoir qu’en 2016, le nombre moyen de requêtes mensuelles approuvées par l’AP s’élevait à 2041. Aux mois de mai et de juin 2017, a-t-elle indiqué, l’AP n’offrait plus que 10 orientations de transfert par jour, avec une moyenne de 120 demandes.

Les malades de Gaza, a-t-elle estimé, « sont pris en otages en raison d’une querelle politique interne ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...