Israël dévoile sa bataille contre les tunnels d’attaque du Hamas à Gaza
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Israël dévoile sa bataille contre les tunnels d’attaque du Hamas à Gaza

Après avoir détruit le tunnel le plus long à avoir été creusé sous la frontière, l'armée a présenté son "laboratoire" neutralisant systématiquement la menace souterraine

  • L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, visite un tunnel terroriste construit par le Hamas à entre Israël et la bande de Gaza, le 8 juin 2017 (Matty Stern / US Embassy Tel Aviv)
    L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, visite un tunnel terroriste construit par le Hamas à entre Israël et la bande de Gaza, le 8 juin 2017 (Matty Stern / US Embassy Tel Aviv)
  • Des hommes armés de la branche armée du Jihad islamique, les Brigades Al-Quds, dans un tunnel utilisé pour transférer des roquettes et des mortiers en vue du prochain conflit avec Israël, alors qu'ils participent à un entraînement militaire dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2015 (AFP / Mahmud Hams)
    Des hommes armés de la branche armée du Jihad islamique, les Brigades Al-Quds, dans un tunnel utilisé pour transférer des roquettes et des mortiers en vue du prochain conflit avec Israël, alors qu'ils participent à un entraînement militaire dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2015 (AFP / Mahmud Hams)
  • Des soldats du « laboratoire » de Tsahal dont le but est de localiser les tunnels d'attaque terroriste entre Gaza et Israël, dans une vidéo diffusée le 15 avril 2018 (Capture d'écran : vidéo de l’armée israélienne)
    Des soldats du « laboratoire » de Tsahal dont le but est de localiser les tunnels d'attaque terroriste entre Gaza et Israël, dans une vidéo diffusée le 15 avril 2018 (Capture d'écran : vidéo de l’armée israélienne)
  • L’intérieur d’un tunnel du Hamas, creusé sous la frontière avec Israël, que l’armée a révélé avoir détruit, le 15 avril 2018 (Porte-parole de Tsahal)
    L’intérieur d’un tunnel du Hamas, creusé sous la frontière avec Israël, que l’armée a révélé avoir détruit, le 15 avril 2018 (Porte-parole de Tsahal)
  • Des soldats du « laboratoire » de Tsahal dont le but est de localiser les tunnels d'attaque terroriste entre Gaza et Israël, dans une vidéo diffusée le 15 avril 2018 (Capture d'écran : vidéo de l’armée israélienne)
    Des soldats du « laboratoire » de Tsahal dont le but est de localiser les tunnels d'attaque terroriste entre Gaza et Israël, dans une vidéo diffusée le 15 avril 2018 (Capture d'écran : vidéo de l’armée israélienne)
  • Un officier de l'armée israélienne examine un tunnel du Jihad islamique palestinien détruit, qui menait de Gaza à Israël, à proximité du kibboutz israélien de Kissufim, en janvier 2018 (Jack Guez / AFP / POOL)
    Un officier de l'armée israélienne examine un tunnel du Jihad islamique palestinien détruit, qui menait de Gaza à Israël, à proximité du kibboutz israélien de Kissufim, en janvier 2018 (Jack Guez / AFP / POOL)

Quelques heures après avoir annoncé la destruction du tunnel d’attaque du Hamas le plus long et le plus profond découvert entre Gaza et Israël, l’armée israélienne a diffusé dimanche une vidéo mettant en avant le nouveau « laboratoire » spécial établi dans le but de localiser des tunnels creusés par le Hamas.

Le laboratoire, qui a permis de découvrir cinq tunnels ces derniers mois, a été créé il y a deux ans et est dirigé par le capitaine B, spécialiste en génie électrique et en chimie et membre de la division de Gaza de l’armée israélienne, a indiqué l’armée.

Le tunnel détruit ce week-end était le plus long et le plus profond à avoir été construit par le Hamas, et était « prêt à l’emploi », selon des responsables militaires.

Etant donné qu’il faisait partie d’un système de tunnels plus large, il pourrait potentiellement avoir été utilisé par un très grand nombre de terroristes du Hamas, envoyés pour tenter de perpétrer des attaques terroristes en territoire israélien, a rapporté la chaine Hadashot dimanche après-midi.

Les nouvelles technologies et méthodes de travail mises en œuvre par le nouveau « laboratoire » près de la frontière de Gaza ne constituent pas en une nouvelle technique visant à contrer les tentatives des groupes terroristes de pénétrer en Israël, mais son approche implacable et « systématique » contraint le Hamas à « se voir petit à petit retirer » son arme que sont les tunnels d’attaque, ajoutait le reportage télévisé.

Des sources militaires ont indiqué dimanche que le Hamas avait peut-être l’intention de se servir des manifestations de masse qu’il encourage chaque vendredi à la frontière de Gaza pour utiliser ses tunnels de façon plus discrète.

Le reportage de la télévision a indiqué que le Hamas avait changé de tactique et appelait maintenant à des manifestations de masse, car le système d’interception de roquettes Dôme de Fer avait progressivement neutralisé les capacités du groupe terroriste – et que le nouveau laboratoire de Tsahal neutralisait progressivement ses capacités à construire des tunnels.

D’ici la fin de l’année prochaine, l’armée aura déployé des capteurs tout au long de la frontière et devrait avoir terminé ses barrières terrestres et souterraines de la frontière, dans le cadre d’un projet de défense des frontières de Gaza coûtant environ 3,5 milliards de dollars, selon Hadashot.

Le travail du laboratoire s’est progressivement amélioré. « Il n’offre aucune sorte de radiographie » de ce que le Hamas est en train de faire, selon le reportage télévisé. Mais l’expertise de Tsahal s’améliore constamment, à peu près de la même manière que le système de défense Dôme de Fer d’aujourd’hui s’est amélioré et représente une protection bien plus efficace que lors de son introduction.

L’intérieur d’un tunnel du Hamas, creusé sous la frontière avec Israël, que l’armée a révélé avoir détruit, le 15 avril 2018 (Porte-parole de Tsahal)

Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense et ancien chef d’état-major de l’armée, a déclaré dimanche qu’Israël était désormais le « leader mondial » dans ce domaine. Il a noté que les Etats-Unis avaient investi 120 millions de dollars dans cette technologie israélienne afin de l’utiliser à la frontière américano-mexicaine.

Moshe Yaalon (Miriam Alster / Flash90)

L’équipe de recherche du laboratoire, dirigée par le capitaine B, comprend « les meilleurs cerveaux des domaines de la technologie et des recherches », a déclaré l’armée dimanche, incluant « notamment des membres de la brigade technologique des forces terrestres, des physiciens, des ingénieurs et des géologues ».

L’armée a décrit le laboratoire comme son « bras technologique » pour la détection des tunnels et a déclaré qu’elle travaillait de concert avec les éléments opérationnels et de renseignement afin de localiser les tunnels à la frontière de Gaza.

Le laboratoire travaille également à améliorer les technologies existantes et à développer de nouvelles techniques de découverte et de cartographie basées sur le défi spécifique que représente la localisation des tunnels terroristes, a indiqué l’armée. L’équipe travaille en étroite collaboration avec le personnel du renseignement et les forces d’ingénierie, ainsi qu’avec d’autres unités sur le terrain.

Le tunnel, situé par l’équipe et détruit ce week-end, représentait le passage souterrain « le plus long et le plus profond » découvert en Israël jusqu’ici, selon le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

Il a traversé la frontière dans une zone où des manifestants palestiniens se sont récemment affrontés avec les forces de sécurité, a indiqué l’armée.

Un porte-parole militaire a déclaré que le tunnel avait été creusé par le groupe terroriste du Hamas et qu’il était connecté à un « réseau de plusieurs kilomètres » menant à d’autres passages sous la bande de Gaza.

Le tunnel traversait le territoire israélien sur « des dizaines de mètres » dans la zone du nord de la bande de Gaza, à proximité de la communauté israélienne de Nahal Oz, a précisé l’armée. Il a été construit après 2014, date du conflit de 50 jours entre Israël et le Hamas, a rapporté l’armée.

Le tunnel a été détecté à l’aide de nouvelles technologies et de méthodes que l’armée israélienne a déployées contre la menace que représentent les tunnels terroristes et a été détruit ce week-end, a déclaré le lieutenant-colonel Jonathan Conricus dimanche matin.

« Il s’agissait clairement d’un tunnel terroriste connecté à d’autres tunnels de la bande de Gaza », a-t-il dit. « Il traversait en Israël et a violé la souveraineté israélienne. »

Les forces de sécurité surveillaient ce réseau de tunnels, qui était en construction depuis des années, a indiqué le porte-parole. La décision a été prise de détruire le tunnel une fois qu’il a traversé le territoire israélien », a-t-il ajouté.

Les ouvriers qui creusaient le tunnel palestinien remontaient à la surface afin de construire une sortie au sein du territoire israélien lorsque l’armée a décidé d’agir.

La destruction du tunnel survient alors que des tensions ont éclaté le long de la barrière de sécurité au cours des dernières semaines – les Palestiniens ayant organisé au cours des trois derniers week-ends consécutifs de grandes marches à proximité de la frontière qui ont, dans certains cas, éclaté en émeutes. Israël a affirmé que cette violence était orchestrée par le Hamas, qu’il accuse de tenter de mener des attaques à la frontière sous couvert de grandes manifestations.

Des manifestants palestiniens brûlent des pneus lors d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes à la frontière entre Gaza et Israël, à l’est de la ville de Gaza, le 6 avril 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD JAMBON)

Vendredi, au moins 10 000 Gazaouis ont participé à des manifestations à grande échelle. L’armée israélienne a affirmé que des manifestants avaient lancé un engin explosif et des bombes incendiaires sur les troupes israéliennes déployées à la frontière, et avaient à plusieurs endroits tenté d’endommager la clôture entre Israël et Gaza afin de traverser en territoire israélien. Une semaine plus tôt, environ 20 000 Palestiniens avaient pris part aux manifestations – les manifestations de la semaine précédente avaient attiré environ 30 000 personnes.

Plus de 30 Palestiniens ont été tués dans les affrontements de ces trois semaines, selon les autorités sanitaires du Hamas. Le groupe terroriste palestinien du Hamas a reconnu que plusieurs des victimes faisaient partie de ses membres et Israël a identifié d’autres victimes comme membres de groupes terroristes.

Les manifestations sont organisées dans le cadre de ce que le Hamas a défini comme une « marche du retour » de plusieurs semaines, dont le but ultime est la suppression de la frontière et la libération de la Palestine, ont affirmé les dirigeants du Hamas.

Depuis la fin de la guerre de Gaza de 2014, connue sous le nom d’Opération Bordure Protectrice, alors que le système souterrain avait été utilisé pour attaquer les troupes israéliennes basées près de Gaza, le réseau de tunnels de l’organisation terroriste représente le centre d’attention des forces de sécurité israéliennes.

Stuart Winer a contribué à cet article.

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