Rechercher

Israël dirige la simulation d’une cyberattaque majeure contre les marchés mondiaux

L'exercice de 10 jours mené par le ministère des Finances vise à renforcer la coopération internationale contre la menace que représentent les pirates informatiques

Photo d'illustration : Une fenêtre s'ouvrant sur un ordinateur piraté. (Crédit : solarseven; iStock by Getty Images)
Photo d'illustration : Une fenêtre s'ouvrant sur un ordinateur piraté. (Crédit : solarseven; iStock by Getty Images)

Israël a mené une simulation impliquant 10 pays, pendant 10 jours, d’une cyberattaque majeure contre le système financier mondial par des acteurs « sophistiqués », dans le but de minimiser les dommages aux banques et aux marchés financiers, a déclaré le ministère des Finances jeudi.

Le ministère des Finances a dirigé le scénario avec l’aide du ministère des Affaires étrangères, et a déclaré que ce « jeu de guerre » était le premier du genre.

L’exercice a permis de simuler plusieurs scénarios, notamment la diffusion de données sensibles sur le dark web et de fausses informations, entraînant un chaos financier mondial.

Parmi les participants figuraient des représentants des États-Unis, du Royaume-Uni, des Émirats arabes unis, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Autriche, de la Suisse, des Pays-Bas, de la Thaïlande, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

L’économiste en chef du ministère des Finances, Shira Greenberg, dirigeait l’équipe israélienne. L’exercice est « une nouvelle preuve du leadership mondial d’Israël » dans le domaine de la cyberdéfense financière, a-t-elle déclaré.

« L’exercice unique et novateur qui s’est déroulé aujourd’hui a montré l’importance d’une action mondiale coordonnée des gouvernements et des banques centrales face aux cybermenaces financières », a déclaré Greenberg.

La simulation « comportait plusieurs types d’attaques qui ont eu un impact sur les marchés mondiaux des changes et des obligations, la liquidité, l’intégrité des données et les transactions entre importateurs et exportateurs », a indiqué Reuters.

Les responsables israéliens ont déclaré que la coopération internationale était le seul moyen de contrer la menace de cyberattaques majeures.

« Les attaquants ont 10 pas d’avance sur le défenseur », a déclaré Micha Weis, responsable de la cybernétique financière au ministère des Finances.

En octobre, la Direction nationale du cyberespace a lancé un avertissement général aux entreprises israéliennes afin qu’elles prennent conscience des cyberattaques potentielles, le pays étant confronté à une recrudescence des tentatives de piratage.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett lors de la conférence Cyber ​​Week à Tel Aviv, le 21 juillet 2021. (Crédit : Chen Galili, Université de Tel Aviv)

Cet avertissement est intervenu après qu’un hôpital israélien a été victime d’une importante cyberattaque par rançongiciel qui a paralysé ses systèmes et dont le rétablissement pourrait prendre plusieurs mois.

Mercredi, l’Institut national d’assurance d’Israël a déclaré que son site web avait été piraté, ce qui l’a mis hors ligne pendant plusieurs heures.

En juillet, la société de cybersécurité Check Point a indiqué que les institutions israéliennes étaient la cible d’environ deux fois plus de cyberattaques que la moyenne des autres pays du monde, en particulier le secteur de la santé, qui subit en moyenne 1 443 attaques par semaine.

Les secteurs les plus ciblés dans le monde, y compris en Israël, sont l’éducation et la recherche, suivis par les organisations gouvernementales et de sécurité, puis par les institutions de santé, indique Check Point.

Le rapport a révélé qu’en moyenne, une organisation ou entreprise israélienne sur 60 est visée chaque semaine par des attaques de ransomware, soit une augmentation de 30 % par rapport au taux de 2020.

Le personnel hospitalier de l’hôpital Hillel Yaffe consigne les détails des patients avec un stylo et du papier, suite à une cyberattaque par rançongiciel, le 13 octobre 2021. (Crédit : Hôpital Hillel Yaffe)

Le mois dernier, le groupe de pirates Black Shadow a publié ce qu’il a dit être la base de données complète des informations personnelles des utilisateurs du site web Atraf, un service de rencontres LGBTQ israélien et un index de la vie nocturne.

Le groupe a également téléchargé des informations médicales personnelles de patients de l’institut médical israélien Machon Mor, notamment les dossiers médicaux de quelque 290 000 patients.

Ces deux attaques constituent l’une des plus importantes atteintes à la vie privée jamais commises en Israël.

Black Shadow est un groupe de pirates informatiques liés à l’Iran qui utilisent les cyberattaques à des fins criminelles, selon les médias israéliens.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...