Israël donne son accord au plan général d’un village palestinien dans la zone C
Le feu vert donné aux constructions palestiniennes est rare dans cette partie de la Cisjordanie où l’attention est focalisée sur les implantations juives
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Initiative rare, Israël a récemment approuvé un plan général visant la construction d’un village palestinien dans la partie de Cisjordanie où les implantations sont localisées, a rapporté mardi l’agence de presse palestinienne Maan.
Tianik, qui accueille une population d’environ 1 000 personnes, sera en mesure d’obtenir des permis de construire pour les maisons existantes ainsi que de nouvelles constructions, ce qui permettra d’éviter les démolitions israéliennes en raison de l’illégalité des bâtiments érigés.
“La reconnaissance légale du village permettra un développement futur”, a annoncé l’Administration Civile, l’organisme de gouvernance israélien en Cisjordanie
Tianik est situé à proximité de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Le plan général a été soumis par le conseil local du village et ses dignitaires, selon Maan.
Il y a huit jours, l’administration civile a émis des permis de construire pour légaliser rétrospectivement certaines parties de bâtiments dans deux écoles de Bethléem et de Hébron, a rapporté l’agence de presse palestinienne Maan.
Tous les permis s’appliquent à la Zone C, une étendue de territoire comptant pour 60 % de la Cisjordanie dont Israël a pris le contrôle sous les termes des Accords d’Oslo signés entre le pays et les Palestiniens en septembre 1995.
Au mois de septembre, le cabinet israélien chargé de la sécurité avait voté l’autorisation d’une série de plans de construction pour les Palestiniens là-bas, a rapporté le quotidien Haaretz.
Haaretz a indiqué que cette décision était la première en son genre depuis des années, et qu’elle avait été tenue secrète afin de ne pas provoquer les Juifs installés dans la région qui auraient été susceptibles de tenter d’y mettre un terme.
Ce plan a été soumis au vote par le ministre de la Défense Avigdor Liberman dans le cadre de ce qu’il a décrit comme étant l’approche « à la carotte et au bâton » qu’il a adoptée avec les Palestiniens.
Au mois d’août, Liberman avait proposé d’autoriser des constructions supplémentaires dans un parc industriel situé aux abords de Naplouse, corridor économique entre Jéricho et la Jordanie, ainsi qu’à d’autres constructions générales dans des villes palestiniennes. La condition ? Que les villes palestiniennes n’aient pas été des foyers de terroristes.
Au mois de juillet, un représentant du haut-commissaire aux droits de l’Homme au Bureau des Nations unies avait accusé Israël de créer des conditions humanitaires misérables dans la Zone C.
Prenant la parole lors d’une conférence à la Knesset organisée par les législateurs issus de la gauche israélienne, Natalie Grove avait expliqué qu’Israël rendait “pratiquement impossible” pour les Palestiniens la construction légale de maisons dans la Zone C, les obligeant à construire illégalement avec le risque de voir leurs bâtisses démolies.
L’ambassadeur de l’UE en Israël Lars Faaborg-Andersen avait déclaré lors de cette conférence que 70 % de la zone C avait été désignée comme un territoire appartenant à l’état israélien, avec seulement 30 % laissés aux Palestiniens.
Il avait dénoncé le fait qu’un seul permis de construire ait été délivré aux Palestiniens en 2014 et aucun en 2015. Sur les 2 000 dossiers déposés entre 2009 et 2013, seuls 34 permis de construire avaient été approuvés, avait-il ajouté.
De plus, depuis 2009, approximativement 170 structures financées par l’UE d’un montant de 300 000 euros (1,23 millions de NIS) avaient été démolies ou confisquées et approximativement 600 structures d’une valeur de 2,3 millions d’euros (9,5 millions de NIS) avaient été soumises à des démolitions, des arrêts de travail ou des ordonnances d’expulsion, et restent sous la menace d’être détruites.
Au cours des six premiers mois de 2016, Israël a rasé 91 maisons construites “avec le soutien de l’Union européenne”. On en a compté 70 en 2015.
Plusieurs ministres éminents issus du gouvernement d’extrême droite actuel prônent l’annexion de la zone C, même si le Premier ministre Benjamin Netanyahu reste pour sa part formellement engagé dans un processus diplomatique qui permettrait la prise de contrôle ultérieure par les Palestiniens de la plus grande partie du territoire.
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