Israël entamera dimanche son troisième confinement, d’une durée de deux semaines
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Israël entamera dimanche son troisième confinement, d’une durée de deux semaines

Netanyahu et le ministère de la Santé ont approuvé de nouvelles restrictions sur les déplacements, commerces et rassemblements ; le système scolaire fonctionnera partiellement

Des gens font leur marché à Ramlé, dans le centre du pays, le 16 octobre 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Des gens font leur marché à Ramlé, dans le centre du pays, le 16 octobre 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministère de la Santé ont annoncé jeudi soir qu’un troisième confinement national entrerait en vigueur dimanche pour endiguer la recrudescence du nombre de cas de COVID-19.

Le nouveau confinement prendra effet dimanche à 17 heures, pour au moins deux semaines. Les restrictions seront prolongées d’au moins deux semaines si le taux de morbidité ne baisse pas considérablement.

Ce confinement a été annoncé par le biais d’un communiqué conjoint de la part de Netanyahu et du ministère de la Santé. Il y est stipulé que le gouvernement a convenu de mettre en place des restrictions « sur le principe » mais que la liste exhaustive des restrictions devait obtenir l’approbation finale des ministres.

Les Israéliens n’auront plus le droit de se rendre chez des amis et ne pourront fréquenter que leur famille proche, les déplacements seront limités à un kilomètres autour du domicile, sauf exceptions, comme notamment pour aller se faire vacciner ; les commerces non-essentiels, les lieux de divertissement seront fermés ; les transports publics seront réduits à 50 % de leur capacité, tout comme les lieux de travail qui reçoivent de la clientèle.

Les restaurants seront autorisés à proposer la livraison, mais pas de plats à emporter. Les rassemblements seront limités à 20 personnes en extérieur et à 10 personnes en intérieur, et les activités sportives individuelles, comme la course à pied, seront autorisées.

Les conditions seront similaires au confinement de septembre.

Contrairement aux précédents confinements, le système éducatif continuera à fonctionner, avec certaines restrictions. Les écoles maternelles, les classes du CP au CM1 et de Première et Terminale auront cours de 8 à 13 heures. Les parents pourront déposer leurs enfants à 7 heures et les récupérer à 14 heures. Les programmes d’éducation spécialisée sont maintenus.

Des lycéens israéliens arrivent dans un lycée d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 29 novembre 2020. (Crédit : Flash90)

Les couples de parents séparés ou divorcés qui se partagent la garde des enfants pourront effectuer les transferts sans restrictions.

Le nouveau confinement mettra également fin aux programmes « îles vertes » qui permettaient aux Israéliens de se rendre librement dans les zones touristiques d’Eilat et de la mer Morte.

Le confinement pourra être prolongé de deux semaines supplémentaires, soit un mois au total, si le nombre de cas de coronavirus quotidien dépasse le millier, et si le nombre de reproduction de base reste supérieur à un. Le nombre de reproduction de base est le nombre moyen de personnes que chaque porteur de virus infecte.

La déclaration de Netanyahu et du ministère de la Santé est intervenue après des heures de délibérations téléphoniques avec d’autres représentants du gouvernement. Netanyahu et le ministre de la défense Benny Gantz se sont mis d’accord sur les termes des restrictions, ainsi que le ministre de la Santé Yuli Edelstein, le ministre de I’Intérieur Aryeh Deri, le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat et le ministre des Sciences et Technologies Yizhar Shai, selon les médias israéliens.

L’annonce du confinement survient alors que le nombre de nouvelles infections a grimpé à plus de 3 000 cas par jour au cours des derniers jours, et que les craintes d’une nouvelle variante plus contagieuse du virus se multiplient.

S’adressant mercredi matin au radiodiffuseur public Kan, le responsable de la lutte contre le coronavirus, Nachman Ash, a déclaré que « la situation exigeait un confinement immédiat ».

Le responsable israélien de la lutte contre le coronavirus, Nachman Ash, visite la municipalité de Jérusalem, le 22 novembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Citant la hausse du nombre d’infections, Ash a déclaré qu’il « y a un bond inquiétant de la morbidité. La situation est inquiétante ».

Ash a averti qu’Israël pourrait enregistrer 3 000 décès supplémentaires dus au virus, ce qui porterait le nombre de décès à plus de 6 000, si un confinement n’est pas rapidement mis en place.

« Il faut comprendre qu’il n’y a pas d’autre choix que de se mettre en état de confinement. Si des mesures avaient été prises conformément à nos recommandations il y a deux semaines, cela aurait pu être évité. Comme nous l’avions prévu, la morbidité a augmenté de manière significative, y compris celle des personnes gravement malades », a-t-il déclaré.

Dans un coup porté au ministère de la santé, la directrice du département épidémiologique a démissionné mercredi, lançant une attaque cinglante contre le traitement des enquêtes épidémiologiques par l’armée.

Liora Valinsky, directrice des soins infirmiers de santé publique au ministère, a écrit dans sa lettre de démission que l’armée, qui a été chargée par le gouvernement de mener ces enquêtes, dirigeait un système inefficace et non professionnel qui envoie inutilement des milliers de personnes en quarantaine.

Mercredi également, Edelstein a déclaré que la nouvelle souche britannique du coronavirus, que l’on pense être beaucoup plus contagieuse, a été détectée chez quatre individus en Israël.

Trois de ces cas sont des personnes qui viennent de rentrer du Royaume-Uni et qui logent dans des hôtels de confinement. Cependant, la quatrième personne n’était pas à l’étranger et a été infectée par un individu apparemment non identifié en Israël, ce qui indique que la nouvelle souche pourrait déjà se propager dans le pays. On ignore encore si cette personne a été en contact avec quelqu’un qui est revenu du Royaume-Uni.

Une nouvelle règle est entrée en vigueur mercredi, imposant à tous les Israéliens arrivant de l’étranger une mise en quarantaine dans des hôtels gérés par l’Etat et spécifiquement désignés. Auparavant, les Israéliens devant être mis en quarantaine après leur retour de pays à fort taux d’infection pouvaient s’isoler chez eux.

Les deux précédents confinements en Israël, en avril et en septembre, ont réussi à faire baisser le nombre d’infections, mais la morbidité a de nouveau grimpé en flèche lorsque les restrictions ont été levées.

Des vaccins contre la COVID-19 arrivent au centre médical Ziv dans la ville de Safed, dans le nord d’Israël, le 21 décembre 2020. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Bien qu’Israël ait commencé ces derniers jours à vacciner en masse la population, les experts de la santé ont averti qu’il faudra deux à trois mois pour que les inoculations commencent à atténuer la pandémie parmi la population.

Edelstein a déclaré mercredi que 65 000 Israéliens avaient été vaccinés dans la journée, ce qui porte le nombre total de vaccinations à 140 000.

En plus des problèmes liés au virus, le pays s’est retrouvé dans une nouvelle impasse politique mardi avec la dissolution de la Knesset et la tenue de nouvelles élections en mars.

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