Israël espère une libération de Naama Issachar par Poutine d’ici janvier
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Israël espère une libération de Naama Issachar par Poutine d’ici janvier

Le président russe viendra en Israël en janvier 2020 ; un responsable des Affaires étrangères affirme que le dossier fait planer un "nuage noir" sur les relations entre les 2 pays

Naama Issachar, condamnée à sept ans et demi de prison en Russie pour trafic de drogue présumé, sur une photo non-datée (Autorisation)
Naama Issachar, condamnée à sept ans et demi de prison en Russie pour trafic de drogue présumé, sur une photo non-datée (Autorisation)

Israël espère qu’une citoyenne qui a été emprisonnée en Russie pour trafic de drogues sera libérée au moment de la visite prévue du président russe Vladimir Poutine à Jérusalem, au début de l’année prochaine, aurait fait savoir un haut-responsable du ministère des Affaires étrangères, vendredi.

Naama Issachar, 26 ans, a été condamnée à sept ans et demi de prison la semaine dernière. Elle est détenue depuis six mois en raison des 9,6 grammes de cannabis qui ont été retrouvés dans son sac lors d’une escale à Moscou, alors qu’elle rentrait en Israël après un voyage en Inde.

Jérusalem a déclaré que la peine était totalement disproportionnée et a demandé sa libération.

« Nous espérons que l’affaire de Naama Issachar connaîtra une issue positive grâce à la visite qu’effectuera le président russe au mois de janvier et que nous verrons Naama de retour dans son pays », a déclaré cet officiel au site d’information Ynet.

Poutine a indiqué qu’il comptait venir en Israël au mois de janvier pour participer à une cérémonie de commémoration marquant les 75 ans de la libération du camp de la mort d’Auschwitz ainsi qu’à l’inauguration d’un monument érigé en hommage aux soldats soviétiques tombés au combat lors du siège de Leningrad.

« Aujourd’hui, l’affaire de Naama Issachar est une sorte de nuage noir sur les relations entre les deux pays », a continué le responsable. « Nos liens avec la Russie – sans heurter la famille d’Issachar – sont très importants et il y a des choses très importantes qui figurent sur notre ordre du jour, comme la situation en Syrie. »

Le président russe Vladimir Poutine s’exprime au cours de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Sochi, en Russie, le 12 septembre 2019. (Crédit : Shamil Zhumatov/Pool Photo via AP)

L’officiel a également défendu la gestion du dossier par le ministère des Affaires étrangères – « nous avons fait tout ce qui est possible » – et il a nié avoir été contacté par la Russie au sujet d’un échange possible de prisonniers impliquant un hacker russe détenu en Israël.

« À aucun moment nous n’avons reçu – que ce soit à l’ambassade de Moscou ou au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem – une référence de la part des Russes sur la possibilité d’un échange entre Naama et Aleksey Burkov. Si cela survient, cela sera évoqué via des canaux différents », a-t-il affirmé.

Burkov, spécialiste des technologies de l’information arrêté en Israël en 2015 à la demande d’Interpol, est recherché aux Etats-Unis pour détournement de fonds dans le cadre d’une escroquerie massive à la carte bancaire au cours de laquelle il aurait volé des millions de dollars à des citoyens américains.

Aleksey Burkov durant une audience du tribunal en Israël. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Israël aurait rejeté les demandes de libération de Burkov en échange de celle d’Issachar, qui a également la citoyenneté américaine.

Son extradition aux Etats-Unis a été approuvée par la Cour suprême israélienne au mois d’août mais la Russie a déposé, elle aussi, une demande d’extradition, et les responsables de Moscou ont réclamé son retour dans le pays de manière répétée.

La famille d’Issachar devrait rencontrer vendredi le ministre de la Justice Amir Ohana pour évoquer le dossier.

Dans un entretien accordé jeudi, Ohana a indiqué ne pas savoir quand il signerait l’acte d’approbation finale de l’extradition de Burkov, expliquant que cela serait probablement très bientôt. Il a également averti qu’échanger Burkov pour Issachar aurait des conséquences graves.

« Je suggère de ne pas créer un précédent très dangereux ici, celui qu’à chaque fois qu’un pays veut l’extradition de l’un de ses ressortissants, il capture un Israélien et en fasse un bouc émissaire », a dit Ohana à Kan.

Le ministre de la Justice Amir Ohana lors d’une conférence à Jérusalem, le 27 juin 2019. (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a envoyé une requête officielle à Poutine, mardi, demandant la grâce d’Issachar. Moscou a indiqué que le leader russe la prendrait en compte.

La famille d’Issachar a exprimé l’espoir que les liens de proximité entre Netanyahu et Poutine, qui se sont rencontrés à de nombreuses occasions ces dernières années, aideront à garantir la libération d’Issachar « dans les prochains jours, après qu’elle a été inculpée pour un crime qu’elle n’a pas commis ».

Mardi également, le service israélien des prisons a fait savoir que Burkov avait été placé sous une observation plus stricte dans la prison où il est détenu.

Le service des prisons a fait savoir qu’il n’y avait pas d’indication sur le fait que d’autres prisonniers tenteraient de nuire à Burkov ou qu’il prévoyait de se faire du mal à lui-même, soulignant que l’initiative était une mesure de précaution au vu de récents rapports sur le prisonnier, selon le quotidien Haaretz.

Il y a eu, ces derniers jours, des informations parues dans les médias israéliens qui ont laissé entendre que les officiels israéliens penseraient qu’il y a un lien entre Burkov et les renseignements russes.

La Treizième chaîne a également rapporté dimanche que cette hypothèse serait la plus partagée parmi les responsables au sein de l’Etat juif – même si elle n’a pas cité de source concernant cette affirmation.

Burkov, dans un entretien accordé à la Treizième chaîne, a nié une telle implication.

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