Israël fustige l’ONU pour ses résolutions « obsessionnelles et biaisées »
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Israël fustige l’ONU pour ses résolutions « obsessionnelles et biaisées »

Gabi Ashkenazi a remercié les États qui "n’ont pas participé à ce cirque" ; 4 motions condamnant Israël adoptées avec le soutien de puissances européennes

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi s'entretient avec les médias lors d'une conférence de presse devant la Villa Liebermann au lac Wannsee à Berlin, en Allemagne, le 27 août 2020. (Crédit : Michele Tantussi / Pool Photo via AP)
Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi s'entretient avec les médias lors d'une conférence de presse devant la Villa Liebermann au lac Wannsee à Berlin, en Allemagne, le 27 août 2020. (Crédit : Michele Tantussi / Pool Photo via AP)

Mercredi, Israël a sévèrement condamné le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour une série de résolutions condamnant l’État juif, qualifiant l’institution internationale « d’obsessionnelle, partiale et anti-Israël ».

« Aujourd’hui, le Conseil des droits de l’homme s’est une fois de plus avéré être un organe anti-israélien, discriminatoire et hypocrite », a tweeté mercredi soir le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, à la suite de l’adoption mardi et mercredi de quatre résolutions critiquant Israël.

« Je remercie tous les pays qui ont choisi de ne pas prêter main-forte à ce cirque et à la discrimination systématique contre Israël », a déclaré Ashkenazi.

L’une des résolutions contenait 19 paragraphes critiquant la politique d’Israël, avec un seul faisant référence aux roquettes tirées vers l’État juif, a rapporté un groupe observateur de l’ONU. Il a été adopté par 22 voix contre 6, avec 8 abstentions.

L’implantation juive de Maale Efrayim en Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain, le 30 juin 2020. (AP Photo/Oded Balilty, File)

La France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie ont tous voté en faveur de la résolution, qui s’est dite « gravement préoccupée par les informations faisant état de graves violations des droits de l’homme et de graves violations du droit international humanitaire, y compris d’éventuels crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

La résolution a également dénoncé le « traitement préférentiel » d’Israël envers les résidents des implantations de Cisjordanie par rapport aux Palestiniens.

« Le vote d’hier et d’aujourd’hui sur quatre résolutions anti-israéliennes au Conseil représente une tache morale pour l’ONU et est une preuve supplémentaire de l’hypocrisie de ces pays qui ont soutenu ces résolutions », a tweeté Lior Haiat, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« Au lieu d’agir pour faire progresser les droits de l’homme à travers le monde, le Conseil continue à s’engager de manière obsessionnelle et partiale contre Israël, étant effectivement une plate-forme politique entre les mains de pays qui ne respectent absolument pas les droits de l’homme », a ajouté le porte-parole.

L’une des trois autres résolutions adoptées mercredi concernait la politique israélienne sur le plateau du Golan – qui a été stratégiquement capturé à la Syrie pendant la guerre des Six jours en 1967 et officiellement annexé en 1981, une décision non reconnue par la majorité de la communauté internationale.

Le village druze de Majdal Shams sur le plateau du Golan, le 21 octobre 2018. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

Les deux autres motions concernaient le « droit des Palestiniens à l’autodétermination » et la politique d’Israël sur les implantations.

« Ces votes sont une preuve supplémentaire que le Conseil est biaisé et a besoin de réformes fondamentales. L’État d’Israël continuera à promouvoir ses valeurs démocratiques et à protéger ses intérêts sur la scène internationale », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

UN Watch, organisation à but non lucratif basée à Genève qui surveille le prétendu biais anti-israélien de l’organisation mondiale, a publié une déclaration dénonçant la résolution adoptée mardi.

« Le fait que cette résolution ait été littéralement écrite par les Palestiniens, avec des co-sponsors qui incluent le Pakistan au nom des pays islamiques ainsi que le régime vénézuélien de Maduro, ressort clairement du texte, avec une condamnation omniprésente des actions israéliennes, sans aucune mention du Hamas, du Jihad islamique ou de l’Autorité palestinienne », a déclaré Hillel Neuer, directeur exécutif de UN Watch.

Bahreïn, pays du Golfe qui a récemment établi des relations avec Israël, était absent du vote. Les pays qui ont voté contre la motion sont l’Autriche, le Brésil, la Bulgarie, le Cameroun, le Malawi et le Togo. En outre, UN Watch a noté que l’Inde avait changé son vote, passant d’un « oui » l’année dernière à une abstention mardi. Le Danemark, le Japon, le Mexique, la Pologne, la Corée du Sud et l’Uruguay ont également voté en faveur de la résolution.

« Si la résolution portait vraiment sur les droits humains des Palestiniens, elle n’aurait pas ignoré totalement les abus de l’Autorité palestinienne, y compris les meurtres arbitraires, la torture et la détention arbitraire », a déclaré Neuer.

Israël a fortement critiqué le Conseil des droits de l’homme au fil des ans, affirmant qu’il se concentrait de manière disproportionnée sur l’État juif tout en ignorant les abus de régimes et de gouvernements autocratiques – et même en les acceptant comme membres.

Un élément permanent à l’ordre du jour du Conseil est le point 7 (« la situation des droits de l’homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés ») qui, depuis son adoption en 2007, vise Israël par une censure, une mesure face à laquelle aucun autre pays n’est confronté à l’ONU.

Illustration : des délégués dans la salle de réunion du Conseil des droits de l’homme au siège européen des Nations unies à Genève, en Suisse, le 2 juin 2009. (AP Photo / Keystone / Salvatore Di Nolfi)

L’ancien président américain Donald Trump s’est retiré du conseil en 2018 en raison de son intérêt disproportionné concernant Israël, et parce qu’il n’avait pas réussi à répondre à une longue liste de réformes exigées par Nikki Haley, ambassadrice américaine de l’époque aux Nations unies.

Les États-Unis ont annoncé qu’ils réintégreraient le conseil sous la nouvelle administration Biden, mais ont souligné qu’il était « imparfait et qu’il fallait une réforme ».

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